-/%- t- xA^ "'* % ' ' *^j^ XM- .. :k- < <. "Mw L-^' ^TTit^-'^ ^-V V , LE E ANIMAL DISTRIBU D'APRS SON ORGANISATION , POUR SERVIR r>E BASE A l'hISTOIPiE NATURELLE DES ANI- MAUX ET d'introduction A l'aNATOMIE COMPARE. Par m. le Cii^\ CUVIER, Conseiller d'tat ordinaire, Secrtaire perptuel de rAcadmie des Sciences de l'Institut Royal , Membre des Acadmies et Socits Royales des Sciences de Londres , de Berlin , de Plersboiirg , de Stockholm, d'Edimbourg, de Copenhague, de GLtiugue, de Turin> de Bavire , des Pays-Bas, etc. ^ etc. 4 Avec Figures , dessines d'aprs nature, TOalE I, CONTENANT L'l>rrRODUCTON, LES MAMMIFRES ET LES OLSEAX, PARIS Chez DETERVILLE , Libraire , rue lantefeuile , n", S. PE L IMPRIMERIE D E A. BEL IN. 1817. ^^v^'vv v^. v\ vx-vx 'vx^/^-w -vs -vv-vx vx v^-v-wx vx v\ V\ wvn -vN'X.x vx w vx vx. xx xx-vx. PRFACE. iyi'ETANT You par got^ ds ma premire jeu- nesse, refudede rauatoiriie coiripare, c'est--dire des lois de rorgauisatioii des animaux et des inodi- fccitoiis que cefe organisation prouve dans les di- verses espces ^ et ayant depuis prs de trente ans consacr cette science tous les momens dont mes devoirs m'ont permis de disposer, j'ai eu pour but constant de mes travaux, de la ramener des rgles gnrales , et des propositions qui en continssent Texpression la plus simple. Mes premiers essais me firent bientt apercevoir que je n'y parviendrais qu'autant xjue les animaux dont j'aurais faire con- natre la structure , seraient distribus conformment cette structure mme , en sorte que l'on pt em- brasser sous un seul nom , de classe 5 d'ordre, de genre, etc. toutes les espces qui auraient entre elles, dans leur conformation tant intrieure qu'exirieure, des rapports plus gnraux ou plus particuliers. Or c'est ce que la plupart des naturalistes de cette poque n'avaient point chercli faire , et ce que bien peu d'entre eux auraient pu faire quand ils l'eusseil: voulu , puisqu'une distribution pareille supposait dj une connaissance assez tendue des structures dont elle devait tre en quelque sorte la reprsen- ta iion. VJ PREFx\CE. li est vrai que Daubenton et Camper avaient fourni des faits; que Pallas avait indiqu des vues: mais les ides de ces savans hommes n'avaient point encore exerc sur leurs contemporains Tinfluence qu'elles mritaient dWoir. Le seul catalogue gnral des animaux que Ton possdt alors et que Ton ait encore aujourd'liui, le S3^sime de Linnus^ venait d'tre dfigur par un diteur malheureux qui ne s'tait pas mme donn le soin d'approfondir les principes de cet ingnieux mthodiste^ et qui partout o il avait rencontr quelque dsordre , avait sembl faire des efforts pour le rendre plus inextricable. Il est vrai encore qu'il existait sur des classes particulires, des travaux trs-tendus, qui avaient fait connatre un grand nombre d'espces nou- velles; mais leurs auteurs n'avaient gure considr que les rapports extrieurs de ces espces, et per- sonne ne s'tait occup de coordonner les classes et les ordres d'aprs Fensemble de la structure; les caractres de plusieurs classes restaient faux ou incomplets, mme dans des ouvrages anaomiques justement clbres; une partie des ordres taient arbitraires; dans presque aucune de ces divisions, les genres n'taient rapprochs conformment la nature. Je dus donc , et cette obligation me prit un temps considrable , je dus faire marcher de front fanato- mia et la zoologie , les dissections et le classement ; chercher dans mes premires remarques sur l'or- ganisation, des distributions meilleures; m'en servir pour arriver des remarques nouvelles ; employer PREFACE. Vl| encore ces remarques perfectionner les distribu- tions; faire sortir enfin de cette fcondation mu- iuelle des deux sciences Fune par Tautre , un sys- tme zoologiqae propre servir d'introducteur et de guide dans le champ de Tanatomie , et un corps^ de doctrine anatomique propre servir de dvelop- pement et d'explication au systme zoologique. Les premiers rsultats de ce double travail pa- rurent en 1795 5 dans un mmoire spcial sur une nouvelle division des animaux sang blanc. Une bauche de leur application aux genres et leur division en sous-genres , fit l'objet de mon Tableau lmentaire des Animaux, imprim en 1798 , et j'amliorai ce travail avec le concours de M. Du- mril ^ dans les tables annexes au premier volume de mes Leons d'Anatomie compare^ en 1800. Peut-tre me serais-je content de perfectionner ces tables , etaurais-je pass immdiatement la pu- blication de ma grande anatomie, si dans le cours de mes recherches, je n'avais t bien souvent frapp d'un autre vice de la plupart des systmes gn- raux ou partiels de zoologie ; je veux dire de la confusion o le dfaut de critique y a laiss un grand nombre d'espces, et mme plusieurs genres. Non-seulement les classes et les ordres n'taient pas assez conformes la nature infime des ani- maux, pour servir commodment de base mi trait d'anatomie compare, mais les genres, quoi- que d'ordinaire mieux constitus, n'offraient eux- mmes, dans leur nomenclature, que des ressources insuipantes, parce que Jcs espces n'avaient pas vil] pi\eface\ t ranges sous cliacun d'eux ^ conformment leurs caractres. Ainsi, en plaant le lamantin sous le genre des morses, la sirne sous celui des anguilles, Gmelin avait rendu toute proposition gnrale re- lative l'organisation de ces genres impossible; tout comme en rapprochant dans la mme classe , dans le mme ordre, et ct Tmi de l'autre, la seiche et le polype bras, il avait rendu impos- sible de dire rien de gnral sur la classe et sur l'ordre qui embrassaient des tres si disparates. Je cite l des exemples pris parmi les plus frap- pans ; mais il en existait une infinit de moins sensi- bles au premiercoup d'il , qui n'avaient pas des inconvniens moins rels. Il ne suffisait donc pas d'avoir imagin de nou- velles distributions de classes et d'ordres , d'y avoir plac convenablement les genres ; il fallait en- core examiner toutes les espces , afin de savoir si effectivement elles appartenaient aux genres o on les avait mises. Or quand j'en vins l, je trouvai non-seulement des espces groupes ou disperses contre toute raison, mais je remarquai que plusieurs n'taient pas mme ttiblies d'une manire positive, ni par les caractres qu'on leur assignait, ni parles figures et les descriptions que l'on en allguait. Tantt l'une d'elles, au moyen des synonymes, en reprsente sous un seul nom plusieurs , et sou- vent tellement diffrentes , qu'elles ne doivent pas entrer dans le mme genre; tantt une seule est double , triple , et reparat successivement dans rnFACE. x plusieurs sous- genres 3 dans plusieurs genres, 4^^^" quefois dans des ordres dilTrens. Que dire 5 par exemple , du Irichecus manatus de Gmelin j qui, sous un seul nom spcifique, com- prend trois espces et deux genres, deux genres difTerens presque en tout? Sous quel nom parler de la velle qui y figure deux fois parmi les m- duses et une parmi les holothuries ? Comment y rassembler h s biphores, qui y sont appeles les unes du nom de dagysa , le plus grand nombre de celui de sapa, et dont plusieurs sont ranges parmi les holothuria? Ainsi il ne suffisait pas , pour atteindre complte- ment le but, de revoiries espces; il aurait f^ilhi revoir jusqu' leurs synonymes ; c''est--dire qu'il aurait fallu refaire le systme des animaux. Une telie entreprise, aprs le prodigieux dve- loppement que la science a pris depuis quelques annes, et t inexcutable dans son entier pour tout homme isole, mme en lui supposant la plus longue vie, et nulle autre occupation; je n'aurais pas mme t en tat de prparer la simple esquisse que je donne aujourd'hui, si j'avais t livr mes seuls moyens; mais les ressources de ma position me parurent pouvoir suppler ce qui me man- quait de temps et de talent. Vivant au milieu de tant d'habiles naturalistes; puisant dans leurs ou- vrages mesure qu'ils paraissaient; usant avec au- tant de libert qu'eux des collections rassembles par leurs soins; en ayant moi-mme form une trs- coiisidcrablc spcialement approprie mou objet ^ % PRFACE. une grande partie de mon travail ne devait consister que dans Femploi de tant de riches matriaux. II n'tait pas possible qu'il me restt beaucoup faire, par exemple, sur des coquilles tudies par M. de Lamarck , ni sur des quadrupdes dcrits par M. GeofTroi. Les nombreux rapports nouveaux saisis par M. de Lacpde, taient autant de traits pour mon tableau des poissons. M. Levaillant , parmi tant de beaux oiseaux rassembls de toute part ^ apercevait des dtails d'organisation que j'adaptais aussitt mon plan. Mes propres recherclies employes et fcondes par d'autres naturalistes ^ produisaient pour moi des fruits c/u'elles n'eussent pas donns tous entre mes seules mains, Ainsi M. de Blainville, M. Oppel 5 en examinant les prparations anato- miques que je desfinais fonder mes divisions des reptiles^ en tiraient d'^ivance, et peut-tre mieux que je n'aurais pu le faire, des rsultats que je ne fesais encore qu'entrevoir , etc., etc. Ces rflexions m'encouragrent , et je me dter- minai faire prcder mou Trait d'Anatomie compare , d'une espce de systme abrg des animaux , o je prsenterais leurs divisions et sub- divisions de tous les degrs, tablies paralllement sur leur structure intrieure et extrieure; o je don- nerais l'indication des espces bien authentiques qui appartiennent avec certitude chacune des subdi- visions 5 et o, pour mettre plus d'intrt, j'entre- l'ais dans quelques dtails sur celles de ces espces que leur abondance dans noire pays, les services que nous eu lirons, les dommages qu'elles nous PREFACE. X) ^ Causent, les singularits de leurs murs et de leur , conomie^ leurs formes extraordinaires , leur beaut ou leur grandeur, rendent plus remarquables. J'ai espr par l devenir utile aux jeunes natu- ralistes qui, pour la plupart, se doutent peu de la confusion et des erreurs de critique dont fourmillent les ouvrages les plus accrdits, et qui, surtout dans ]es pays trangers^ ne s'occupent point assez de l'tude des vrais rapports de conform^ition des tres ; j'ai cru rendre encore un service plus di- rect aux anatomistes qui ont besoin de connatre d'avance, sur quelles classes, sur quels ordres ils doivent porter leurs recherches, lorsqu'ils se propo- sent d'clairer par l'anatomie compare quehjue problme d'anatomie humaine ou de ph^^siologie ^ mais que leurs occupations ordinaires ne pr- parent point assez bien remplir cette condition essentielle leur succs. Cependant, je n'ai pas prtendu tendre gale- ment cette double vue / toutes les classes du rgne; les animaux vertbrs ont d m'occuper de prf- rence comme plus intressans sous tous les rap- ports. Parmi les non vertbrs , j'ai d tudier plus particulirement les mollusques nus et les grands zoophytes ; mais les innombrables variations des formes extrieures des coquilles et des coraux, les animaux microscopiques, et les autres familles qui ne jouent pas dans la nature un rle trs apparent , ou dont l'organisation offre peu de prise au scalpel, ne demandaient pas d'tre traites avec le mme dtail. Je pouvais d'ailleurs , pour la partie des Xlj rKFAC. coquilles et des coraux, m'en rapporter l'ou- vrage que M. de Lamarck publie en ce moment , et 011 Ton trouvera tout ce que le plus ardent dsir de savoir peut exiger. Quant aux- insectes , si intressans par leurs formes extrieures , par leur organisation , par leurs habitudes , par leur influence sur toute la nature vivante , j'ai eu le bonheur de trou- ver un secours qui , en rendant mon ouvrage infiniment plus parfait qu'il n'aurait pu sortir de ma plume , en a beaucoup acclr la publica- tion. Mon confrre et mon ami M. de Latreiile , l'homme de TEurope qui a le plus profondment tudi ces animaux, a bien voulu prsenter en un seul volume , et peu prs dans l'ordre que j'ai suivi pour les autres parties, le rsum de ses im- menses recherches , et le tableau abrg de ces innombrables genres que les entomologistes ne ces- sent d'tablir. Au reste, si dans cfuelques endroits j'ai donn moins d'tendue l'exposition et des sous-genres et des espces, cette ingalit n'a pas eu lieu pour ce qui concerne les divisions suprieures et les indications des rapports, que j'ai fondes partout sur des bases galement solides en fesant partout des recherches galement assidues. J'ai examin une une toutes les espces que j'ai pu me procurer en nature; j'ai rapproch celles qui ne diffraient l'une de fautre que par la taille, la couleur ou le nombre de quelques parties peu imporiantes , et j'en ai fait ce que j'ai nomm un C'js-gcnre. PRFACE. XV] Toutes les fois que je l'ai pu , j'ai dissqu au moins une espce de chaque sous-genre ; et si l'on excepte ceux auxquels le scalpel ne peut pas tre appliqu , il existe dans mon livre trs-peu de groupes de ce degr dont je ne puisse produire au moins quelque portion considrable des organes. Aprs avoir dtermin les noms des espces que j'ai observes, et qui avaient t auparavant bien re- prsentes ou bien dcrites, j'ai plac dans les mmes sous-genres celles que je n'ai point vues , mais dont j'ai trouv dans les auteurs des figures assez exactes, ou des descriptions assez prcises pour ne laisser aucun doute sur leurs rapports na- turels; mais j'ai pass sous silence ce grand nombre d'indications vagues sur lesquelles on s'est trop press selon moi d'tablir des espces , et dont l'adoption est ce qui a le plus contribu mettre dans le cata- logue des tres , cette confusion qui lui te une si grande partie de son utilit. J'aurais pu ajouter presque partout des espces nouvelles en quantit notable; mais comme je ne pouvais renvoyer des figures , il aurait fallu eu tendre les descriptions au del de ce que l'espace me permettait; j'ai donc mieux aim priver mon ouvrage de cet ornement, et je n'ai indiqu que celles qui , par une conformation singulire , don- nent lieu des sous- genres nouveaux. Une fois mes sous-genres tablis sur des rapports certains et composs d'espces bien constates , il ne s'agissait plus que d'en construire ce grand cha- faudage de genres , de tribus, de familles, d'ordres , r f IS 51V PREFACE. , t de classes et d'embranchemeus qui constitue fen semble du rgne animal. Ici j'ai march en partie en montant des divisioi infrieures aux suprieures par voie de rapproclie- mens et de comparaisons; en partie aussi en des- cendant des suprieures aux infrieures par le principe de la subordination des caractres; compa- rant soigneusement les rsultats des deux mthodes, les vrifiant Tune par l'autre, et ayant soin d'tablir toujours la correspondance des formes extrieures et intrieures qui, les unes comme les autres, fout partie intgrante de l'essence de chaque animal. Telle a t ma marche toutes les fois qu'il a t ncessaire et possible d'introduire de nouveaux ar- rangemens; mais je n'ai pas besoin de dire que dans plusieurs parties du rgne, les rsultats auxquels elle m'aurait conduits, avaient dj t obtenus un degr si satisfesant qu'il ne m'est rest d'autre peine que celle de suivre les traces de mes prd- cesseurs. Nanmoins, dans ces cas mmes o je , n'avais rien faire de plus qu'eux, j'ai vrifi et constat par des observations nouvelles ce qu'ils avaient reconnu avant moi , et je ne l'ai adopt qu'aprs l'avoir soumis des preuves svres. liC public a pu prendre une ide de ce genre d'examen dans les mmoires sur l'anatomie des mollusques qui ont paru dans les Annales du Mu- sum, et dont je donne en ce moment une coiec^ tion spare et augmente. J'ose l'assurer que j'ai fait un travail tout aussi tendu sur les animaux PREFACE. XV vertbrs, les annlides, les zoophytes et sur beau- coup d'insectes et de crustacs. Je n'ai pas cru n- cessaire de le publier avec le mme dtail ; mais toutes mes prparations sont exposes au cabinet d'Anatomie compare dn Jardin du Roi, et servi- ront ultrieurement mon Trait d'Anatomie. Un autre travail bien considrable , mais dont les pices ne peuvent tre rendues aussi authentiques , c'est Texamen critique des espces. J'ai vrifi toutes les figures allgues par les auteurs, et l'ap- port chacune autant que je l'ai pu sa vritable espce, avant de faire choix de celles, que j'ai indiques; c'est aussi uniquement d'aprs cette v- rification , et jamais d'aprs le classement des m- thodistes prcdens , que j'ai rapport mes sous-genres les espces qui y appartenaient Voil pourquoi l'on doit voir sans fonnement que tel genre de Gmelin, est aujourd'hui rparti mme dans des classes et des embranchemens diffrens ; que de nombreuses espces nominales sont rduites une seule ; et que des noms vulgaires sont appli- qus tout autrement qu'auparavant. Il n'est pas un de ces changemens que je ne sois en tat de justifier, et dont le lecteur ne puisse trouver lui-mme la preuve, s'il veut recourir aux sources que je lui indique. Afin d'allger sa peine, j'ai eu soin de choisir pour chaque classe un auteur principal , d'ordinaire le plus riche en bonnes figures originales , et je ne cite des ouvrages secondaires qu'autaiit que celui-l XVJ PREFACE. ne me fonniitrien^ ou qa'il est bon d'tablir quelque comparaison pour mieux constater des synonymes. Ma matire aurait pu remplir bien des volumes ; mais je me suis fait un devoir de la resserrer, en imaginant des moyens abrgs de rdaction. C'est par des gnralits gradues que j'y suis parvenu. En ne rptant jamais pour une espce ce que l'on peut dire pour fut un sous-genre ^ ni pour un genre ce que Ton peut dii-e pour tout un ordre, et ainsi de suite , on arrive la plus grande conomie de paroles. C'est quoi j'ai tendu par-dessus tout, d'autant que c'tait l au fond le but principal de mon ouvrage. On remarquera cependant que ]& n'ai pas employ beaucoup de termes techniques , et que j'ai cherch rendre mes ides sans tout cet appareil barbare de mots factices qui rebute dans es ouvrages de tant de naturalistes modernes; il ne me semble pas que ce soin m'ait rien fait perdre en prcision ni eu clart. Il m'a fallu malheureusement introduire beau- coup de noms nouveaux , quoique j'aie mis une grande attention conserver ceux de mes devan- ciers; mais les nombreux sous-genres que j'ai ta- blis 5 exigeaient ces dnominations ; car dans des choses si varies , la mmoire ne se contente pas d'indications numriques. Je les ai choisies , soit de manire indiquer quelque caractre, soit dans les dnominations usuelles que j'ai latinises, soit enfin, l'exemple de Linnus, parmi les noms de la mythologie , qui sont en gnral agrables l'oreillcj t que l'on est loin d'avoir puiss. PREFACE. V XViJ Je conseille nanmoins ^ quand on nommera les espces 5 de n'employer que le substantif du grand genre, etle nom trivial. Les noms de sous-genres ne sont destins qu' soulager la mmoire , quand on voudra indiquer ces subdivisions en particulier. Autrement, comme les sous-genres, dj trs- niultiplis , se multiplieront beaucoup plus par la suite, force d'avoir de substantifs retenir con- tinuellement, on sera expos perdre les avantages de cette nomenclature binaire si heureusement imagine par Linnus. C'est pour la mieux consacrer que j'ai dmembr le moins qu'il m'a t possible, les grands genres de cet illustre rformateur de la science. Toutes les fois que les sous-genres dans lesquels je les divise n'ont pas d aller des familles diffrentes, je les ai laisss ensemble sous leur ancien nom gnrique. C'tait non-seulement un gard que je devais la mmoire de Linnaeus , mais- c'tait aussi une atten- tion ncessaire pour conserver la tradition et l'in- telligence mutuelle des naturalistes des diffrens pays. Pour faciliter encore davantage l'tude de ce livre, car il est fait pour tre tudi pins que pour tre lu , j'y ai fait employer les divers caractres de l'imprimerie, de manire correspondre aux divers degrs de gnralit des ides. Tout ce qui peut se dire des divisions suprieures, jusqu'aux tribus ou sous-familles inclusivement, est en saint- augustin ; tout ce qui regarde les genres en cicro ; les sous- genres et autres subdivisions en petit- TOME I. ij ' XVllj PREFACE* romain; les espces dont j'ai cru devoir parler eu particulier 5 sont aussi en petit-romain , mais lignes plus cour tes^ ou rentres d'un quadrat; enfin les notes places au bas des pages, contenant l'indication des espces moins impor taji tes ^ et les discussions sur la synonymie ou sur quelques erreurs que je reprends dans les ouvrages de mes prdcesseurs, sont en petit texte. Partout les noms des divisions suprieures sont en grandes majuscules ; ceux des familles , des genres et des sous-genres, en petites majuscules, corres- pondantes aux trois caractres employs dans le texte; ceux des espces en italiques; le nom latin est la suite du nom franais, mais entre deux parenthses, et Ton a observ des rgles peu prs semblables dans les tables mthodiques qui pr- cdent chaque vokime, et qui sont destines gui- der d'abord les commenans. Ainsi l'il distiiiguera d'avance l'importance de chaque chose et l'ordre de chaque ide, et l'imprimeur aura second l'au- teur de tous les artifices que son art peut prter la mnmonique. Cette habitude que Ton prend ncessairement en tudiant l'histoire naturelle , de classer dans son esprit un trs -grand nombre d'ides, est l'un des avantages de cette science dont on a le moins parl, et qui deviendra peut-tre le principal, lorsqu'elle aura t gnralement introduite dans l'ducation commane ; on s'exerce par -l dans cette paiiie de la logique qui se nomme la m- thode , peu prs comme on s'exerce par l'tude de la gomtrie dans celle qui se nomme le syllo- PREFACK. XIX gsme, par la raison que Thistoire naturelle est la science qui exige les mthodes les plus prcises, comme la gomtrie celle qui demande les raison- nemens les plus rigoureux. Or cet art de la m- thode , une fois qu'on le possde bien ^ s'applique avec un avantage iafni aux tudes les plus tran- gres h rhistoire naturelle. Toute discussion qui suppose nn classement des faits ^ toute recherche qui exige une distribution de matires ^ se fait d'aprs les mmes lois; et tel jeune homme qui n'avait cru faire de ceie science qu'un objet d'a- musement, est surpris lui-mme , l'essai, de la facilit qu'elle lui a procure pour dbrouiller tous les genres d'affaires. Elle n'est pas moins utile dans la solitude. Assez tendue pour suffire l'esprit le plus vaste , assez varie, assez intressante pour distraire l'ame la plus agite, elle console les malheureux, elle calme les haines. Une fois lev la contemplation de cette harmonie de la Nature irr.sistiblement rgle par la Providence, que l'on trouve faibles et petits ces ressorts qu'elle a bien voulu laisser dpendre du libre arbitre des hommes ! Que l'on s'ionne de voir tant de beaux gnies se consumer si inuti- lement, pour leur bonheur et pour celui des aufres, la recherche de vaines combinaisons dont quel- ques annes suffisent pour faire disparatre jusqu'aux traces. Je l'avoue hautement : ces ides n'ont jamais t trangres mes travaux , et si j'ai cherch de tous mes moyens propager cette paisible tude, c'est XX . PREFACE. que dans mon opinion elle est plus capable qu'au* cune autre , d'alimenter ce besoin d'occupation qui a tant contribu aux troubles de notre sicle ; mais il est tems de revenir mon objet. Il me reste rendre compte des principaux cbangemens que j'ai faits aux mthodes dernire- ment reues, et tmoigner ce que je dois aux naturalistes dont les ouvrages m'en ont fourni ou suggr une partie. Pour prvenir une critique qui se prsentera na- iurellemenl: beaucoup de personnes , je dois remarquer d'abord, que je n'ai eu ni la prten- tion , ni le dsir de classer les tres de manire en former une seule ligne , ou marquer leur supriorit rciproque. Je regarde mciuc toute V tentative de ce genre comme inexcutable ; ainsi je n'entends pas que les mammifres ou les oi- seaux, placs les derniers, soient les plus impar- faits de leur classe ; j'entends encore moins que le dernier des mammifres soit plus parfait que le premier des oiseaux, le dernier des mollus- ques plus parfait que le premier des annlides ou des zoopliy tes; mme en restreignant ce mot vague de plus parfait , au sens de plus com- pltement organis. Je n'ai considr mes divisions et subdivisions que comme l'expression gradue de la ressemblance des tres qui entrent dans chacune; et quoique il y en ait o l'on obsei've une sorte de dgradation et de passage d'une espce l'autre, qui ne peut tre nie , il s'en faut de beaucoup que cette disposition soit gnrale. L'chelle pr- PREFACE. XXJ fendue des tres n'est qu'une application errone la totalit de la cration de ces observations par- tielles ^ qui n'ont de justesse qu'autant qu'on lesr restreint dans les limites o elles ont t faites ^ et cette application , selon moi ^ a nui, un degr que l'on aurait peine imaginer , aux progrs de This- foire naturelle dans ces derniers tems. C'est en conformit de cette manire de voir, que j'ai tabli ma division gnrale en quatre em- brancliemens , qui a dj t expose dans un m- moire particulier ; je crois toujours qu'elle exprime les rapports rels des animaux plus exactement que l'ancienne division en vertbrs et non vertbrs ^ par la raison que les anima^ux vertbrs se ressem- l^lent beaucoup plus entre eux que les non vert- brs , et qu'il tait ncessaii-e de rendre cette diff- rence dans l'tendue des rapports. M. Virey, dans un article du nouveau Diction- naire d'Histoire naturelle, avait dj saisi une partie des bases de cette division, et principalement celle qui repose sur le systme nerveux. Le rapprochement particulier des vertbrs ovi- pares entre eux , a pris sa source dans les curieuses observations de M. Geoffroy sur la composition des ttes osseuses, et dans celles que j'y ai ajoutes re- lativement au reste du squelette et la myologie. Dans la classe des mammifres, j'ai ramen les solipdes aux pachydermes; j'ai divis ceux-ci en familles d'aprs de nouvelles vues; j'ai rejet les ruminans la fin des quadrupdes ; j'ai phic le la- X5j PREFACE. nianliii prs des ctacs; j'ai distribu un peu aufre- tiient Tordre des carnassiers; j'ai spar les ouistitis de tout le genre des singes ; j'ai indiqu une sorte de paralllisme des animaux bourse avec les autres mammifres digits, le tout d'aprs mes propres tudes anatomiques. Les travaux rcens et approfon- dis de mon ami et collgue M. Geoffroy de Saint- Hilaire^ ont servi de base tout ce que je donne sur les quadrumanes et sur les chauves-souris. Les recberclies de mon frre ^ M. Frdric Cuvier , sur les dents des carnassiers et des rongeurs ^ m'ont t d'une grande utilit pour les sous-genres de ces deux ordres. Les genres de feu M. Illiger ne sont gure que le rsultat de ces inmes recherches et de celles de quelques naturalistes trangers; cepen- dant j'ai adopt ses noms toutes les fois que ses genres se sont rencontrs avec mes sous -genres. M. de Lacpde avait aussi saisi et indiqu plu- sieurs excellentes divisions de ce degr ^ que je me suis galement empress d'adopter; mais les carac- tres de tous les degrs et toutes les indications d'espces ont t faites d'aprs nature, soit dans le cabinet d'Anatoraie, soit dans les galeries du Musum. Il en a t de mme des oiseaux; j'ai examin avec la pins grande attention plus de quatre mille individus au Musum; je les ai rangs d'aprs mes vues dans la galerie publique, depuis plus de cinq ans, et j'en ai tir tout ce que je dis de cette classe dans cctic partie de mon ouvrage. Ainsi, les rapports que mes subdivisions pourraient avoir avec quel- PREFACE, XXllj qiies iabeaiix rcents ^ soit de ma part purement accidentels. J'espre que les naturalistes approuveront les nombreux sous-genres que j'ai cru devoir tablir parmi les oiseaux de proie , les passereaux et les oiseaux de rivages; ils me paraissent avoir apport la plus grande clart dans des genres au- paravant fort embrouills. J'ai marqu aussi exac- tement que je l'ai pu , la concordance de ces sub- divisions avec les genres de MM. de Lacpde , Meyer, Wolf, Temmink^ Savigny, et j'ai rap- port chacune toutes les espces dont j'ai pu avoir une connaissance bien positive. Ce travail fatigant sera agrable ceux qui s'occuperont Fcivenir d'une vritable histoire des oiseaux. Les beaux ouvrages d'ornithologie pubUs depuis quel- ques annes, et principalement ceux de M. le Vail- lant , qui sont remplis de tant d'observations int- ressantes, et ceux de M. Vieillot, m'ont t fort utiles pour dsigner avec- prcision les espces cju'ils reprsentent. La division gnrale de cette classe est reste telle que je l'avais publie en 1798, dans mon Ta- bleau lmentaire (t). J'ai cru aussi devoir conserver pour les reptiles (1) Je n'en fais l'observation, que parce qu'un naturaliste estimable (M. Vieillot) s'est allribu par oubli, clans un ouvrage de cette anne 1816 , la rvinion des pic avec les passeres. Je l'avais faite ds 1798. Je dois consigner ici le regret de n'avoir pu profiter de son travail , qui n'a paru que long-temps aprs que mon premier volume tait dj achev d'imprimer. XXV PREFACE. ia division gnrale de mon ami M. Brongnartj mais j'ai fait de grands travaux anatomiqnes pour arriver aux subdivisions ultrieures. M. Oppel, comme je Tai dit ^ a profil en partie de ces travaux prparatoires; et toutes les fois qu'en dfinitif mes genres se sont accords avec les siens, j'en ai averti. L'ouvrage de Daudin, tout mdiocre qu'il est, m'a t utile pour des indications de dtail ; mais les di- visions particulires que j'ai donnes dans les genres des monitors et des geckos , sont le produit de mes propres observations , faites sur un grand nombre de reptiles nouvellement apports au Musum par Pron et par M. Geoffroy. Mes travaux sur les poissons me paraissent ce que }'ai fait de plus considrable toucbant les animaux vertbrs. Notre Musum ayant reu un grand nombre de poissons, depuis que le clbre ouvrage de M. de Lacpde a t publi, j'ai pu ajouter plu- sieurs subdivisions celles de ce savant naturaliste , combiner autrement plusieurs espces, et multiplier les observations anatomiques. J'ai eu aussi es moyens de mieux constater les espces de Com- merson et de quelques autres voyageurs; et, cet gard, je dois beaucoup une revue qu'a faite M. Dumiil des dessins de Commerson, et des pois- sons secs qu'il avait apports , mais qui n'ont t recouvrs que depuis peu : ressources auquelles j'ai joint celles que m'offraient les poissons rapports par Pron de l'Ocan et de l'Archipel des bides; ceux que j'ai recueillis dans la Mditerrane, et les collections faites la cote de Coromandel par PREFACE. XXV feu Sonneraf 5 l'Isle de France par M. Mathieu , dan le Nil et dans la Mer rouge par M. GeofFroi , etc. J'ai pu ainsi vrifier la plupart des espces de Blocli, de Russe! et d'autres, et faire prparer les sque- lettes et les viscres de presque tous les sous-genres, en sorte que cette partie offrira, j'espre, beaucoup de nouveauts aux Ichthyologistes. Quant ma division de cette classe, je conviens qu'elle est peu commode pour l'usage , mais je la crois au moins plus naturelle qu'aucune des pr- cdentes; en la publiant, il y a quelque temps, je ne l'ai donne que pour ce qu'elle vaut; et si quelqu'un dcouvre un principe de division plus net et aussi conforme l'organisation, je m'em- presserai de l'adopter. Il est connu que tous les travaux qui ont eu lieu sur la division gnrale des animaux sans vertbres ^ ne sont que des moditcatious de ce que j'ai propos en 1795, dans le plus ancien de mes mmoires, et l'on sait en particulier combien de soins et de temps j'ai consacr l'anatomie des mollusques en gnral, et principalement la connaissance des mollusques nus. La dtermination de cette classe , ainsi que ses divisions et subdivisions , reposent sur mes observations; le magnifique ouvrage de M. Poli, m'avait seul devanc par des descriptions et des anatomies utiles mon but, mais des multivaves et des bivalves seulement. J'ai vriii.tous les faits que cet habile anatomiste m'a fournis^ et je crois avoir marqu avec plus de justesse les fonctions de quelques organes. J'ai chei'ch aussi dtei'miner XXVJ PnEFACE. les animaux auxquels appartiennent les principales formes (-es coquilles, et rpartir celles-ci d'aprs cette considration ; mais quant anx divisions ult- rieures des coquilles dont les animaux se ressem- blent, je ne m'en suis gures occup , que pour me mettre en tat d'exposer brivement celles qu'ont admises MM. de Lamark et de Montfort; et mme le petit nombre de genres ou de sous -genres qui me sont propres, drivent principalement de l'ob- servation des animaux. Je me suis born citer par voie d'exemple, un certain nombre des espces de Martini , de C.hemnitz, de Lister, de Soldani, et cela uniquement parce que le volume o M. de Lamark doit traiter de cette partie n'ayant pas en- core para, j'tais oblig de fixer sur des objets prcis l'attention de mes lecteurs. Mais je n'ai pas prtendu mettre dans le choix et la dtermination de ces espces, la mme critique que pour celles des animaux vertbrs et des mollusques nus. Les belles observations de MM. Savign}^ Lesueur el Desmare ts sur les ascidies composes , rappro- chent cette dernire famille de mollusques, de cer- tains ordres de zoophyte^; c'est un rapport curieux et une preuve de plus que les animaux ne peuvent tre rangs sur une mme ligne. Je crois avoir retir les annlides, dont l'tablis- sement m'appartient de fait, quoique je n'aie pas imagin leur nom, du mlange oii ils taient con- fondus auparavant, parmi les mollusques, les ies- tacs et les zoophytes, et les avoir rapprochs dans l'ordre naturel ; leurs genres mmes n'ont acquis PnEFACE. XXVlj tpelcpe clart que par les dtermiiafons que j'ea ai donnes dans le Dictionnaire des Sciences na- turelles et ailleurs. Je ne parlerai point des trois classes contenues dans le troisime volume; M. Latreille, seul auteur de cette partie, si l'on excepte quelques dtails d'anatomie que j'ai intercals dans son texte, d'aprs mes observations et celles de M. Ramdolir, expo- sera dans un avertissement ce que son travail a de particulier. Quant aux zoophj^tes qui terminent le rgne animal, je me suis aid pour les ciioodermes du travail rcent de M. de Lamarck ; et pour les vers intestinaux, de l'ouvrage de M. Rudolplii , intitul Entozoa; mais j'ai fait moi-mme l'anatomie de tous les genres, dont quelques-uns n'ont encore t d- termins que par moi. Au reste il existe sur l'ana- tomie des chiiiodermes un travail excellent de M. Tiedemann , que l'Institut a couronn il y a quelques annes et qui paratra bientt ; il ne lais- sera rien dsirer sur ces curieux animaux. Les coraux et les infasoires n'offrant presque point de prise l'anatomie , j'en ai trait fort brivement, li'ouvrage nouveau de M. de Lamarck supplera ce qui me manque (i). Je n'ai pu rappeler ici que les auteurs qui m'ont fourni ou qui ont fait natre en moi des vues gn- (i) Je reois l'instant mme Y Histoire des Polypiers coraUgnes Jlexihles de M. Lamouronx , qui donnera elle-mme un excellent supplment M. Lamarct. Xxviij PREFACE. raies (i). Il en est beaucoup d'autres auxquels J^ai d des faits particuliers, et que j'ai cits avec soin aux articles o je profite de leurs observations. On pourra voir leurs noms toutes les pages de mon livre. Si j'avais nglig de rendre justice quel- qu'un d'entre eux, ce serait un oubli bien invo- lontaire, et j'en demande excuse d'avance; il n'est mes yeux aucune proprit plus sacre que celle des conceptions de l'esprit, et l'usage devenu trop commun parmi les naturalistes, de masquer des plagiats par des cbangemens de noms, m'a tou- jours paru un vritable dlit. Je vais maintenant m'occuper sans relche de la publication de mon Anatomie compare ; les mat- riaux en sont prts , une grande quantit de pr- parations et de dessins sont termins et classs ; et j'aurai soin de diviser cet ouvrage par parties , dont chacune fera un tout, en sorte que si mes forces ne suffisent pas pour excuter la totalit de mon plan , ce que j'aurai donn au public formera cepen- dant des suites compltes, chacune dans son objet ; et que les matriaux que j'aurai rassembls, pour- ront tre employs immdiatement par ceux qui voudront bien entreprendre la continuation de mes travaux. Au Jardin du Roi , ocohre i8i6. (l) M. do Blainvillo vient de publier rcemment sur toute la zoologie des lahles, dont j'ai aussi le regret de n'avoir pu proter, parce qu'elles ont paru au moment o mon oayrage tait presque en-. tircmetit imprim. TABLE METHODIQUE DU PREMIER VOLUME. Introduction pag. i De l'Histoire Naturelle et de ses mthodes en gnral Tl?, Des Etres vivans et de Torganisation en gnral . 1 2 Division des Etres organiss en animaux et vgtaux 2L Des formes propres aux lmens organiques du corps animal , et des combinaisons principales de ses lmens chimiques 25 Des forces qui agissent dans le corps animal. . . . 5o Ide sommaire des fonctions et des organes du corps des animaux, ainsi que des divers degrs de leur complication ........,.....; 06 Expos rapide des fonctions intellectuelles des animaux 47 De la mthode dans son application au rgne animal * 55 Distribution du rgne animal en quatre grandes divisions 67 Animaux vertbrs en gnral 62 Leur subdivision en quatre grandes classes G7 MAMMIFERES, pag. 70 Leur division en ordres. 76 3MANES 81 Homme Ib. tonformalion particu- lire de l'homme ... 82. Dveloppement phy- sique et moral de l'homme Varits de l'espce; f"| f\ f\ <\ FV ^ ''' ' '' ' / XXX TABLE MET humaine 94 QUADRUMANES.. 100 Sinj^es 101 Singes proprement diis 102 Orangs Ib. Guenons io4 Babouins 107 Magots IL. Macaqiies 108 CynocpLales.. 109 ManUiils 111 Pongos Ib. Sapajous 112 Sapajous propre- ment dits Ib. Alouattes. .... Ib. Sapajous ordi- naires.. . , . . . 1 15 Ailcs Ib. Sajous ii4 Sakis 1 15 Ouistitis Ib. Makis 116 M;ikis proprem.dils. 117 Indris. r i(S Loris Ib. Galago Ib. Tarsiers; 119 CARNASSIERS .... Ib. Chiroptres 21 Chauve-souris 122 Roussettes ^110 Boussetifs pro- prement dites.. Ib. Cpbaloles 124 Cliauve-souris pro- ment dites Ib. Molosses 125 HODIOUE. Nyctinomes ... Ib, Noclilions Ib. Phyilostomes. . . 126 Rliinoloplies Ib, Mgadermes.... 127 Nyclres 128 Rliinopomes. . . . Ib. Taphiens Ib, Vespertilions. . . . 129 Oreillards i3o Galeopihcjues Ib. Insectivores i3i Hrissons i32 Musaraignes Ib, Desmans j34 Scalopes Ib. Chrysoclilores. . . i35 Tenrecs 137 Taupes l'j Carnivores i38 Plantigrades. ...... 141 Ours Ih. Ratons i43 Coatis Ib. Kinkajous i44 Blaireaux Ib. Gloutons. . . c. . . . i45 Digitigrades 147 Martes Ib, Putois.. . . , Ib. Maries proprement diles 149 Mouffettes i5o Loutres i5i Chiens iSz Renards 1 54 Civettes i56 Civettes propre- BU PREMIER meni diles Ib. Geneltes Ib. Mangoustes iSy Suricales i58 Hynes Ib. Cliats. i5g Amphibies i63 Phoques ......... 164 PliO(jues propre- ment (lits Otaries Morses Marsupiaux Didelpliis Chironectes Dasyures . ...... Pern mles Plialajigers Phalangers pro- prement dits. . Pelanrus Hypsiprimnus. . . . Kangnroos. Koala Pliascolomes RONGEURS A CLAVICULES Castors.. Rats i65 166 167 169 172 Ib. 1-5 176 178 Ib. 179 iSo 182 i84 Ib. 186 189 Ib. 191 Campagnols Ib. Ondatras 192 Campagnols pro- prement dits. , Ib. Ijemmings ig Ecliimys ig4 Loirs 195 Hydromys 196 Balsproprem. dits. 197 VOLUME XXXJ Hamsters 1 98 Gerboises 199 Rals-laupes du cap ou Bailiyergiis* . 201 HiaillJS 202 Marmottes 2o3 Ecureuili* 204 PoLttouches, . . . . 206 Aye- Aye 207 Sans CLAVICULES.. . . 208 Porc-pics Ib Livres 209 Livres proprem, dits 210 Lagomys ........ 211 Cabiais , . 212 Cochons d'Inde.. . 2i3 Agoutis 2i4 Pacas. , Ib, DENTJS 2i5 Tardigraes Ib. Par^seux ..,,.... Ib. Megaflieriuin. Voyez les additions et corrections, au 4^. vol. Edents ordinaires 218 Tatous Ib, Orycteropes 121 Eourriuliers 222 Pangolins 223 MONOTREBIES 224 Echidns 226 Ornithorin.|ues. . . . Ib. PACHYDERMES. .. 227 Proboscidiens 228 Elphans 2^0 XXxij TABLE ivlaslodontes Pachydermes ordin. Hippopotames .... Cochons Cochons propre- ment dits Phacochres Pcaris ,. . . Anoplotlierium. .. Rhinocros Daman.. Palseotherium Tapirs SOLIPEDES Chevaux RUMINANS Sans cornes Chameaux Chameaux propre ment dits Lamas Chevrotains Avec cornes. Cerfs Girafes Antilopes Chvres Moutons Bufs CTACS Herbivores Lamantins Dugongs Rjlines Ordinaires A PETITE TTE. METHODIQUE 232, 233 234 235 ib, 256 238 239 240 241 242 243 Ih. 246 249 Ib. 25o 25 1 Ib. 253 258 269 265 266 269 271 273 Ib. 274 275 Ib. Dauphins 277 Dauphins propre- ment dits.. ... . Ib, Marsouins 279 Delphinaplres. . 280 Hyproodons Ib. Narvals .' Ib. A GROSSE TTE. Cachalots 282 Fhyslres 284 Baleines Ib. Balnoptres ven- tre lisse 286 Balnoptres ven- tre pliss 287 Vertbrs ovipares en gnral 3 04 OISEAUX 290 OISEAUX DE PROIE. 3o3 Diurnes 3o4 Vautours Ib, Vautours propre- ment dits 3o5 Sarcorauiplies. . . . 3o6 Percuoptres 5o7 Griffons SoS Faucons 809 Faucons propre- ment dils //;. Gerfiinls 012 Ignobles 5i5 Aigles Ib. Aigles propre- ment dils. .... Jb. Aigles pcheurs, 5i5 OiTrayes., . . . Ib. Ealbusards,.. 3 16 Ilarpies Tnj DU PRE MIE 'Aigles-aulours. 3i8 Cymimlis Sig Autours Ih. Epeiyiers Sai Milans Ib, Milans propt. dits. 322 Bondres Ib. Buses ,. 32 Buzards 024 Messager SaS KOCTURNES 3^6 Strix 327 Hibous , . . . . Ib. Chouelles Ssg Effrayes Ib. Chal-liuans 53o Ducs 55 1 Chevches Ib. Ch. H aigreltes.. . . Ib. Scops 553 PASSEREAUX 334 Dentirostres., . . . 336 Piegriches Ib. Piegr. propr dites. Ib. Macli. sup. arq. M. sup. droite. bec renfl, huppes. Vangas 009 Langrayens Ib. Cassicans 34o Bcardes Ib. Choucaris 54 1 Belhyles Ib. Tangaras 342 Tang. euphones. . . Ib. Tang. gros becs. . . Ib. Tang. propr. dits. . Ib TOME I. R VOLUME. xxxiij Tang. loiiiots 343 , Tang. cardiuals.. . Ib. Tang. ramphocles Ib> Gobe-moucbes. . . . Ib. Tyrans Ib. Moucherolles .... 344 Gobe - mouches proprement dits.. 345 Gymnocphales. . . 346 Cphaloptres. . . . 347 Colingas Ib. Colingas ordin.. Ib. Echen illeurs. . . 348 Jasenrs g Procnias . Ib, Gymnodres . . . Ib. Drongos 55o Merles Ib. Merles propr. dits. 35i Grives. .^ 352 Chocards. ....... 355 Loriots 556 Fourmiliers.. .... Ib. Ciucles.' 558 Philedons., Ib. Martins 36o Msenura 36r Manakins 362 Co(j de roches .... 365 Vrais Manakins . Ib.. Becs-fins 7/.. Traquets Ib. Rubiettes 364 Fuvetlcs ,,..... 3G5 Accenlor 368 Boilelets 39 Troglodiles 370 Hochcaueues . , .. 3rt> A l m % XXXI V TABLE ME Hochequeues pro- prement dits.. Ib. Bergeroneltes . . Syi Farlouses Ib. FlSSIROSTRES 372 Hirondelles SyS Martinets Ib, Hirondelles propr. 374 Engoulevents SyS Podarges. (Voy. les addit. et corr. ) CONIROSTRES Syy Alouettes Ib. Alouelles propre- ment dites Ib. Calandres. . SyS Sirlis 079 Msanges 379 Msanges propre- ment dites Ib. Moustaches 38o Remiz 58 1 Bruants Ib. Moineaux 383 Tisserins. ....... Ib. Moineaux propre- ment dits 385 Pinons 586 Linottes et Char- donnerets Ib, Veuves 388 Gros-becs 089 Pitylus 390 Bouvreuils Ib. Becs-croiss 391 Dur-becs Ib. Colious . . . c 392 Glaucopes 393 THODIQUE Piquebuf . .*.... Ih Cassiques 898 Cassiques propre- ment dits. . . . . 594 Troupiales Ib. Carouges Ib. Pitpils 595 Etourneaux Ib, Sittelles 896 Corbeaux Ib. Corbeaux propre- ment dits 397 Pies 398 Geais 599 Cassenoix Ibm Tmia 4oo Rolliers Ib, RoUiera proprem. dits Ib. Rolles 4oi Mainates Ib. Oiseaux de paradis. 4o2 Tenuirostres 4*^5 Huppes 4^6 Craves Ib. Huppes proprem. ment dites Ib. Promerops 407 Epimaques Ib. Grimpereaux 4^8 Grimpereaux pro- prement dits. . . . Ib. Picucules 409 Echelettcs Ib. Sucriers 4io Dices Ib, Horotaires 4ii Soumangas Ib, Colibris 4'^ DU PREMIER VOLUME. XXXV Colibris propre- ment dits 4i3 Oiseaux mouches. . 4i4 Syndactyles Ib. Gupiers 4^^ Motmots Ih. Martins-Pcheurs., ^\G Ceix 4^7 Todiers Ib. Calaos 4'^ GRIMPEURS 419 Jacamars ^2.0 Jacamars propre- ment dits Ih. Jacamerops Ih. Pics 4^^ Picodes 4^3 Torcols Ib, Coucous 4H Vrais Coucous. . . . Ib. Couas 4^^ Coucals Ib. Courols 4^6 Indicateurs Ib. Barbacous Ib. Malcohas 437 Sc^lhrops Ib. Barbus Ib. Barbicans 428 Barbus propres. . . Ib. Tamatias 429 Gouroucous Ib. Anis 4^0 Toucans Ib. Toucans propr.dils. 43i Aracaris Ib. Perroquets Ib, Aras 432 Perruches Ih. Cacatos 433 Perroquets pro- prement dits. .. . 434 Perroquets trompe Ib. Pzopores.. . . . , . Ib. Touracos , . , 4^^ Musophages l^dG GALLINACS Ib. Paons 433 Dindons Ib. Alectors 4^9 Hoccos Ib. Pauxi 44o Guans 44i Parraquas 442 Hoazin 44^^ Faisans Ib. Coqs Ib. Faisans propre- ment dits.. ! . . . . 444 Houppifres. ..... 445 Lophophores 445 Cryptonyx Ih. Peintades 44? Ttras Ib. Coqs de bruyres. . Ib. Perdrix 45o Francolins / . Cailles 452 Colins Ib. Tridactyles 453 Turnix Ib, Syrrhaptes Ib. Tinamous 454 Pigeons Ib. Colombigallines,. , 455 XX.WJ TABLE ME Colombes 456 Colombars., 467 ECHASSIERS 458 Breyipennes 4^9 Autruclies. ........ 460 Casoar 4^^ Fressirostres .... 463 Outardes 4^4 Pkviers ^65 (lEdicnmes. . . . . . Ib. Pluviers propre- ment dits 466 Vamieaux 4^7 Vanneau-pluviers. Ib, Vanneaux propre- ment dits Ib' Hulriers, . 4^^ Coure-vile 4^9 Canama Ib. CULTRIROSTRES. . . . 4?^ Grues 4?^ Agami. Ib. Numidiqiies 472 Grues propre^ menh dites Ib. Coinlans 473 Cau raies ........ Ib. Savacous i^'j.'l Hrons 47^ Cigognes 477 Jabirus 47^ Ombrelles 479 Bec-ouverts. ...... Ib. Taiiiale 4^^"^ Spatules . ^Bt LONGIROSTRES 4^^^ Ibis . THODIOUE Courlis 485 Corlieus Ib, Falcinelles. ..>;.. . 485 Bcasses . //> Bcasses Ib, Rhyncbes 487 Barges 483 Maubclies 489 Alouettes de mer. . 490 Combattans. Ib. Sanderliugs 491 Plialaropes Ib, Tournepierres . . . 492 Chevaliers Ib. Lobipdes 495 Ec basses Ib. Avoceltes 49^ Macrodagtyles.. . Ib. Jacanas 497 Kamiclii.. 409 Raies 5oo Foulques 5or Poules d'eau Ib. Talve 5o3 Foulques propre- ment dites Ib, Giaroles 5o3 Flaiiimans 5o4 PALMIPDES 5o5 Plongeurs 006 Plongeons 607 Grbes Ib. Plongeo/is propre- meuLdits 5o8 Guilleinots 609 Cpbns 5io Pingouins. ........ lu. Maciueux., ...... Oii DU PREMIER Pingouins propre- ment dits 5n Manchots 5i2 Manchots prop. dit Ib. Gorfous 5i3 Sphnisques Ib> LONGIPENNES 5l4 Ptrels //,. Ptrels propr. dils. 5i5 Puffins 5i6 Pelecanodes 75, Prions 617 Albatrosses Ib. Golands 5i8 Golands et Mouet- t<^S 5lg Labbes 520 Hirondelles de mer. Ib. Noddis. . , . / 521 Becs en ciseau 622 TOTIPALMES 522 Plicans 5^3 VOLUME. XXX vlj Plicans propre- ment dits S-iS Cormorans 524 Frgaltes 5^5 Fous ib, Anhinga 526 P.'tille-en-queue. . 527 Labiellirostres.. . Ih. Canards 528 Cignes ih. Oies 55o Bernaches 55j Canards propres.. 532 Macreuses /5. Garrots ....... 553 Eiders 534 Millouins Ib, Souchets ...... 536 Tadornes Ih. Canards spcia- lement dils. . . 557 Sarcelles 539 Ilarles,.,,. /|. ' 1 .M il J /x \ i/;vv*(**%.vfc^ivvri.v%(v^v.v\*''viv\*.vvi.^v*.v*%t.'%'v\'%'*'%v%x't*,v't.''/* "Wivta.'^^'wi/vviit.'vt'vv kf-i't LE RGNE ANIMAL, DISTRIBU DAPRS SON ORGANISATION. INTRODUCTION. DE L'HISTOIRE NATURELLE ET DE SES MLTHODES EN GNRAL. Jl EU de personnes se faisant une ide juste de riiistoiie naturelle , il nous a paru ncessaire de commencer notre ouvrage, en dfinissant bien l'objet que celte science se propose, et en tablissant des limites rigoureuses entre elle et les sciences qui l'avoisioent. Dans notre langue et dans la plupart des autres, le mot nature signifie : tantt, les pro- prits qu'un tre tient de naissance, par oppo- sition a celle qu'il peut devoir l'art; tantt, 1 ensemble des tres qui composent l'univers; tantt enfin , les lois qui rgissent ces tres. Tome j. i 2l IjSTPODUCTIO^\ C'est surtout dans ce dernier sens que l'on a coutume de personnifier la nature et d'employer par respect son nom pour celui de son auteur. l^di physique ou science naturelle considre la nature sous ces trois rapports. Elle est , ou gnrale 5 ou particulire. \^^ physique gnrale examine, d'une manire abstraite, chacune des proprits de ces tres mobiles et tendus , que nous appelons les corps. Sa partie, appele dyna- mique 5 considre les corps en masse , et fixe mathmatiquement, en partant d'un trs-petit nombre d'expriences , les lois de l'quilibre , celles du mouvement et de sa communication , elle prend dans ses diffrentes divisions les noms de statique , de mcanique , (^ihydrosta- tique y i hydrodyna77iique ^d'arostatique ^elc, selon la nature des corps dont elle examine les mouvemens. JJoptique ne s'occupe que des mouvemens particuliers de la lumire, et les phnomnes qui n'ont pu encore tre dtermi- ns que par l'exprience y deviennent plus nombreux. La chimie^ autre partie de la physique gn- rale , expose les lois selon lesquelles les mol- cules lmentaires des corps agissent les unes sur les autres des distances prochaines , les combinaisons ou les sparations qui rsultent MTHODES. 3 de la tendance gnrale de ces molcules s'unir, et des modifications que les diverses circonstances, capables de les carter ou de les rapprocher, apportent a cette tendance. C'est une science presque toute exprimentale et qui n'a pu tre rduite au calcul. La thorie de la chaleur et celle de l'lectricit, selon le ct par lequel on les envisage , appar- tiennent presque galement la dynamique on la chimie, La mthode qui domine dans toutes les par- ties de la physique gnrale , consiste a isoler les corps , les rduire leur plus grande sim- plicit, mettre sparment en jeu chacune de leurs proprits , soit par la pense , soit par l'exprience, en reconnatre ou en calculer les effets , enfin a gnraliser et lier ensemble les lois de ces proprits pour en former des corps de doctrine , et s'il tait possible pour les rap- porter toutes une loi unique , qui serait l'ex- pression universelle de toutes les autres. Ijdi physique particulire ou V histoire natu- relle ( car ces deux termes ont la mme signifi- cation) a pour objet d'appliquer spcialement aux tres nombreux et varis qui existent dans la nature, les lois reconnues par les diverses bran- ches de la physique gnrale , afin d'expliquer 4 INTnODUCTIOr<. les phnomnes que chacun de ces tres prsente. Dans ce sens tendu elle embrasserait aussi l'astronomie ; mais cette science suffisamment claire par les seules lumires de la mcanique, et compltement soumise ses lois, emploie des mthodes trop diffrentes de celles que permet l'histoire naturelle ordinaire , pour tre cultive par les mmes personnes. On restreint donc cette dernire aux objets qui n'admettent pas de calculs rigoureux , ni de mesures prcises dans toutes leurs parties ; encore lui soustrait-on d'ordinaire la mtorologie ^ pour la runir la physique gnrale, X histoire naturelle ne considre donc proprement que les corps bruts, appels minraux, et les diverses sortes d'tres vivans , dont il n'est presque au- cun o l'on ne puisse observer des effets plus ou moins varis des lois du mouvement et des attractions chimiques, et de toutes les autres causes analyses par la physique gnrale. L'histoire naturelle devrait , a la rigueur , employer les mmes procds que les sciences gnrales , et elle les emploie rellement toutes les fois que les objets Cju'elle tudie sont assez simples pour le lui permettre. Mais il s'en faut de beaucoup qu'elle le puisse toujours. En effet;, une diffrence essentielle entre les MTHODES. 3 sciences gnrales et l'histoire naturelle, c'est que dans les premires on n^examine c[ue des phnomnes dont on rgle toutes les circons- tances pour arriver , par leur analyse , a des lois gnrales , et que dans l'autre les phno- mnes se passent sous des conditions qui ne dpendent pas de celui c[u les tudie et qui cherche dmler, dans leur complication , les effets des lois gnrales dj reconnues. Il ne lui est pas permis de les soustraire successivement k chaque condition , et de rduire le problme ses lmens , comme le fait l'exprimentateur; mais il faut qu'il le prenne tout entier avec toute , ses conditions a la fois , et ne l'analyse que par la pense, Que l'on essaie, par exemple, d'isoler les phnomnes nombreux dont se compose la vie d'un animal un peu lev dans l'chelle : un seul d'entre eux supprim, la vie entire s'anantit. Ainsi la dynamique est devenue une science presque toute de calcul : la chimie est encore une science toute d'exprience ; l'histoire natu- relle restera long-temps dans un grand nombre de ses parties , une science toute d'observation. Ces trpis pithtes dsignent assez bien les procds qui dominent dans les trois branches des sciences naturelles ; mais en tablissant 6 INTRODUCTION. entre eles des degrs trs-diffrensde certitude^ elies indiquent en mme temps le bat auquel les deux dernires de ces sciences doivent tendre poH' s'lever de plus en plus vers la perfection. Le calcul commande, pour ainsi dire, la nature ; il en dtermine les phnomnes plus exactement que l'observation ne peut les faire connatre ; rexprience la contraint k se dvoi- ler ; l'observation Tpie quand elle est rebelle , et cherche la surpendre. L'histoire naturelle a cependant aussi un principe rationel qui lui est particulier , et qu'elle emploie avec avantage en beaucoup d'occasions ; c'est celui des conditions d exis- tence^ vulgairement nomm des causes finales^ Comme rien ne peut exister s'il ne runit les conditions qui rendent son existence possible , les diffrentes parties de chaque tre doivent tre coordonnes de manire rendre possible l'tre total , non-seulement en lui mme , mais dans ses rapports avec ceux qui l'entourent , et l'analyse de ces conditions conduit souvent des lois g<'nales tout aussi dmontres que celles qui drivent du calcul , ou de l'exprience. Ce n'est que lorsque loutes les lois de la phy- sique gnrale et celles qui rsultent des condi- tions d'existence sont puises que l'on est r- duit aux simples lois d'observations. METHODES. "J Le procd le plus lcond pour les obtenir est celui de la comparaisou. Il consiste h observer successivement le mme corps dans les diff- rentes positions oii la nature le place , ou com- parer entre eux les diffrens corps jusqu^ ce que Ton ait reconnu des rapports constans entre leurs structures et les phnomnes qu'ils mani- festent. Ces corps divers sont des espces d'ex- priences toutes prpares par la nature , qui ajoute ou retranche chacun d'eux diffrentes parties , comme nous pourrions dsirer de le faire dans nos laboratoires, et nous montre elle- mme les rsultats de ces additions ou de ces retranchemens. On parvient ainsi a tablir de certaines lois qui rglent ces rapports, et qui s'emploient comme celles qui ont t dtermines par les sciences gnrales. La liaison de ces lois d'observation avec les lois gnrales , faite , soit directement, soit par le principe des conditions d'existence , complterait le systme des sciences naturelles en faisant sentir dans toutes ses parties Finfluence mutuelle de tous les tres : c'est a quoi daivent tendre les efforts de tous ceux qui cultivent ces sciences. Mais toutes les recherches de ce genre sun- IISTRODUCTIOIV. posent que Ton a les moyens de distinguer srement et de faire distinguer aux autres les corps dont on s'occupe; autrement l'on, serait sans cesse expos a confondre les tres innom- brables que la nature prsente. L'histoire na- turelle doit donc avoir pour base ce c|ue l'on nomme un systme de la nature^ ou un grand catalogue dans lequel tous les tres portent des noms convenus 5 puissent tre reconnus par des caractres distinctifs, et soient distribus en divisions et subdivisions, elles-mmes nommes et caractrises, oii l'on puisse les chercher. Pour que chaque tre puisse toujours se reconnatre dans ce catalogue, il faut qu'il porte son caractre avec lui : on ne peut donc prendre les caractres dans des proprits ou dans des habitudes dont l'exercice soit mo- mentan, m^ais ils doivent tre tirs de la conformation. presque aucun tre n'a de caractre simple , ou ne peut tre recoimu seulement par un des traits de sa conformation ; il faut presque toujours la runion de plusieurs de ces traits pour dis- tinguer un tre des tres voisins cji en ont bien aussi quelques-uns, mais qui ne les ont pas tous, ou les ont combins avec d'autres qui manquent au premier tre 5 et, plus les tres MTHODES. 9 que l'on a a distinguer sont nombreux, plus il faut accumuler de traits; en sorte que, pour distinguer de tous les autres un tre pris isolment, il faut faire entrer dans son caractre sa description complte. C'est pour viter cet inconvnient que les divisions et subdivisions ont t inventes. L'on compare ensemble seulement un certain nombre d'tres voisins, et leurs caractres n'ont besoin qhe d'exprimer leurs diffrences qui, par la supposition mme, ne sont cpie la moindre partie de leur conformation. Une telle runion s'appelle un genre. On retomberait dans le mme inconvnient pour distinguer les genres entre eux , si l'on ne rptait l'opration en runissant les genres voi- sins, pour former un oindre y les ordres voisins, pour former une classe., etc On peut en- core tablir des subdivisions intermdiaires. Cet chafaudage de divisions, dont les su- prieures contiennent les infrieures, est ce qu'on appelle une jnlJiode. C'est, quelques gards, une sorte de dictionnaire o l'on part des proprits des choses pour dcouvrir leurs noms, et cju est l'inverse des dictionnaires ordinaires oii l'on part des noms pour apprendre a connatre les proprits. 10 IJVTRODUCTION. Mais, quand la mthode est bonne, elle ne se borne pas enseigner les noms. Si les subdi- yisions n'ont pas t tablies arbitrairement, mais si on les a fait reposer snr les vritables rapports fondamentaux , sur les ressemblances essentielles des tres , la mthode est le plus sur moyen de rduire les proprits de ces tres des rgles gnrales, de les exprimer dans les moindres termes et de les graver aisment dans la mmoire. Pour la rendre telle , on emploie une com- paraison assidue des tres diriges par le prin- cipe de la subordination des caractres y qui drive lai-mme de celui des conditions d'exis- tence. Les parties d'un tre devant toutes avoir une convenance mutuelle , il est tels traits de conformation qui en excluent d'autres; il en est qui, au contraire, en ncessitent; cjuand on connat donc tels ou tels traits dans un tre ^ on peut calculer ceux qui coexistent avec ceux- l , ou ceux qui leur sont incompatibles; les parties , les proprits ou les traits de confor- mation qui ont le plus grand nombre de ces rap- ports d'incompatibilit ou de coexistence avec d'autres, on en d'autres termes, qui exercent sur l'ensemble de l'tre, l'influence la plus mar- que , sont ce que Ton appelle les caractres^ MTHODES. ir importans , les caractres dominateurs y les autres sont les caractres subordonns , et il y en a ainsi de diffrens degrs. Cette influence des caractres se dtermine quelquefois d'une manire rationnelle par la considration de la nature de l'organe ; quand cela ne se peut , on emploie la simple observa- tion , et un moyen sur de reconnatre les caractres importans , lequel drive de leur nature mme , c'est qu'ils sont les plus rons- tans; et que dans une longue srie d'tres divers , rapprochs d'aprs leurs degrs de si- militude , ces caractres sont les derniers qui varient. De leur influence et de leur constance r- sidte galement la rgle, qu'ils doivent tre prfrs pour distinguer les grandes divisions ; et qu'a mesure que l'on descend aux subdivi- sions infrieures , on peut descendre aussi aux caractres subordonns et variables. Il ne peut y avoir qu'une mthode parfaite , qui est la mthode naturelle; on nomme ainsi un arrangement dans lecpiel les tres du mme genre seraient plus voisins entre eux que de ceux de tous les autres genres; les genres du mme ordre 5 plus que de ceux de tous les autres ordres ; et ainsi de suite. Cette mthode est 12 INTRODUCTION. ritlal auquel riiistoire naturelle doit tendre ; car il est vident que si l'on y parvenait, l'on aurait l'expression exacte et complte de la nature entire. En effet, chaque tre est dter- min par ses ressemblances et ses diffrences avec d'autres, et tous ces rapports seraient par- faitement rendus par l'arrangement que nous venons d'indiquer. En un mot, la mthode naturelle serait toute la science , et chaque pas qu'on lui fait fiiire approche la science de son but. La vie tant de toutes les proprits des tres la plus importante, et de tous les caractres le plus lev , il n'y a rien d'tonnant que l'on en ait fait dans tous les temps le plus gnral des principes de distinction , et que l'on ait toujours rparti les tres naturels en deux immenses divisions , celle des tres vlans ^ et celle des tres bruts. DES ETRES VIVAlS^S , ET DE L'ORGANISATION EN GNRAL. Si pour nous faire une ide juste de l'es- sence de la vie nous la considrons dans les tres oli ses effets sont les plus simples , nous ORGANISATION EN GNRAL. l3 nous apercevrons prornptement qu'elle consiste dans la facult cjuont certaines combinaisons corporelles de durer pendant un temps et sous une forme dtermine , en attirant sans cesse dans leur composition une partie des substances environnantes , et en rendant aux lmens des portions de leur propre substance. La vie est donc un tourbillon plus ou moins rapide , plus ou moins compliqu , dont la direction est constante , et cjui entrane tou- jours des molcules de mmes sortes, mais oii les molcules individuelles entrent et d'oii elles sortent continuellement , de manire que la forme du corps vivant lui est plus essentielle que sa matire. Tant que ce mouvement subsiste, le corps oi il s'exerce est vivant ; il vit. Lorsque le ^ mouvement s'arrte sans retour, le corps meurt. Aprs la mort, les lmens qui le composent , livrs aux affinits chimiques ordinaires , ne tardent point se sparer , d'oii rsulte plus ou moins promptement la dissolution du corps c[ui a t vivant. C'tait donc par le mouve- ment vital que la dissolution tait arrte, et que les lmens du corps taient momenta- nment runis. Tous les corps vivans meurent aprs un l4 INTRODUCTION. temps dont la limite extrme est dtermine pour chaque espce , et la mort parait tre un effet ncessaire de la vie , qui , par son action mme , altre insensiblement la structure du corps o elle s'exerce , de manire y rendre sa continuation impossible. Effectivement, le corps vivant prouve des changemens graduels , mais constans, pendant toute sa dure. Il croit d'abord en dimensions, suivant des proportions et dans des limites fixes pour chaque espce et pour chacune de ses parties : ensuite il augmente en densit dans la plupart de ses parties : c'est ce second genre de changement qui parat tre la cause de la mort naturelle. Si l'on examine de plus prs les divers corps vivans, on leur trouve une structure commune qu'un peu de rflexion fait bientt juger essen- tielle k un tourbillon tel que le mouvement vital. Il fallait, en effet, h. ces corps des parties so- lides pour en assurer la forme, et des parties fluides pour y entretenir le mouvement. Leur tissu est donc compos de rseaux et de mailles, ou de fibres et de lames solides qui renferment des liquides dans leurs intervalles; c'est dans les liquides que le mouvement est le plus continuel et le plus tendu; les substances trangres p- ORGANISATION EN GNRAL. l5 ntrent le tssu intime du corps en s'incorporant eux ; ce sont eux qui nourrissent les solides en y interposant leurs molcules ; ce sont eux aussi qui dtachent des solides les molcules superflues ; c'est sous la forme liquide ou gazeuse que les matires qui doivent s'exhaler traversent les pores du corps vivant; mais ce sont leur tour les solides qui contiennent les liquides et qui leur impriment une partie de leur mouve- ment par leurs contractions. Cette action mutuelle des solides et des liquides , ce passage des molcules des uns aux autres, ncessitait de grands rapports dxins leur composition chimique ; et effectivement, les so- lides des corps organiss sont en grande partie composs d'lmens susceptibles de devenir facilement liquides ou gazeux. Le mouvement des liquides, exigeant aussi une action continuellement rpte de la part des solides, et leur en faisant prouver une, demandait que les solides eussent la fois de la flexibilit et de la dilatabilit; et c'est, en effet, encore l un caractre presque gnral des solides organiss. Cette structure commune tous les corps \ivans, ce tissu arolaire dont les fibres ou les lames plus ou moins flexibles interceptent des l6 Ij\TKODUCTIO^^ liquides plus ou moins abondans, est ce quon Sip^eWeV organisai ion '^ et, en consquence de ce c[ue nous venons de dire, il n'y a que les corps organiss qui puissent jouir de la vie. L'organisation rsulte, comme on voit, d'un grand nombre de dispositions qui sont toutes des conditions de la vie 5 et l'on conoit que le mouvement gnral de la vie doive s'arrter, si son effet est d'altrer quelqu'une de ces conditions, de manire a arrter seulement l'un des mouvemens partiels dont il se compose. Chaque corps organis, outre les qualits communes de son tissu, a une forme propre, non-seulement en gnral et a l'extrieur, mais jusque dans le dtail de la structure de chacune de ses parties, et c'est de cette forme, qui dtermine la direction particulire de chacun des mouvemens partiels qui s'exercent en lui, que dpend la complication du mouvement gnral de la vie, qui constitue son espce, et fait de lui ce qu'il est. Chaque partie concourt ce mouvement gnral par une action propre et en prouve des effets particuliers, en sorte que, dans chaque tre, la vie est un ensemble qui rsulte de l'action et de la raction mutuelle de toutes ses parties. La vie , en gnral , suppose donc l'organisa- ORGANISATION EN GNRAL. ly ton en gnral , et la vie propre de chaque tre suppose Forganisaton propre de cet tre, comme la marche d'une horloge suppose l'hor-. loge ; aussi ne voyons - nous la vie que dans des tres tout organiss et faits pour en jouir; et tous les efforts des physiciens n'ont pu encore nous montrer la matire s'organi- sant 5 soit d'elle - mme , soit par une cause extrieure quelconque. En effet , la vie exer- ant sur les lmens qui font chaque instant partie du corps vivant , et sur ceux qu'elle y attire 5 une action contraire ce que produi- raient sans elle les affinits chimiques ordi- naires, il rpugne qu'elle puisse tre elle-mme produite par ces alfinits , et l'on ne connat cependant dans la nature aucune autre force capable de runir des molcules auparavant spares. La naissance des tres organiss est donc le plus grand mystre de l'conomie organique et de toute la nature ; jusqu' prsent nous les voyons se dvelopper, mais jamais se former; il y a plus : tous ceux a l'origine desquels on a pu remonter , ont tenu d'abord a un corps de la mme forme cju'eux , mais dvelopp avant eux ; en un mot, a un parent. Tant que le petit na point de vie propre, mais participe TOME c 3 iS INTRODUCTION. celle de son parent , il s'appelle un germe. Le lieu ou le germe est attach , la cause occasionnelle qui le dtache et lui donne une vie isole varient, mais cette adhrence primi- tive un tre semblable est une rgle sans exception. La sparation du germe est ce qu'on nomme gnration. Tous les tres organiss produisent leius semblables; autrement la mort tant une suite ncessaire de la vie , leurs espces ne pour- raient subsister. Les tres organiss ont mme la facult de reproduire dans un degr variable, selon leurs espces , certaines de leurs parties quand elles leur sont enleves. C'est ce qu'pn nomme le pouvoir de reproduction. Le dveloppement des tres organiss est plus ou moins prompt et plus ou moins tendu, selon que les circonstances lui sont plus ou moins favorables. La chaleur, l'abondance et l'espce de la nourriture , d'autres causes encore y influent, et cette influence peut tre gnrale sur tout le corps, ou partielle pour certains organes; de la vient que la ^militude des descendans avec leurs parens ne peut jamais tre parfaite. Les dilfrences de ce genre, entre les tres ORGAIN'ISATION EN GNRAL. IQ organiss , sont ce qu'on appelle des varits* On n'a aucune preuve que toutes les dif- frences^ qui distinguent aujourd'hui les tres, soient de nature tre ainsi produites par les circonstances. Tout ce que l'on a pu dire sur ce sujet est hypothtique; l'exprience parat montrer au contraire que, dans Ftat actuel du globe, les varits sont renfermes dans des limites assez troites , et, aussi loin que nous pouvons remonter dans l'antiquit , nous voyons que ces limites taient les mmes qu'aujourd'hui. On est donc oblig d'admettre certaine^ formes, qui se sont perptues depuis l'origine des choses , sans excder ces limites ; et tous les tres appartenans l'une de ces formes cons- tituent ce que l'on appelle une espce. Les varits sont des subdivisions accidentelles de l'espce. La gnration tant le seul moyen de con- natre les. limites auxquelles les varits peuvent s'tendre, on doit dtinir l'espce, la runion des individus descendus l un de r autre ou de parens communs, et de ceux qui leur res- semblent autant qiiils se ressemblent entre eux; mais, quoique cette dfinition soit rigou- reuse, on sent que son application k des Individus dtermins peut tje fort difficile 20 INTRODUCTION. quand on n'a pas fait les expriences ncessaires. En rsum , l'absorption , l'assimilation , l'exhalation, le dveloppement, la gnration, sont les fonctions communes a tous les corps vivans; la naissance et la mort, les termes universels de leur existence ; un tissu arolaire, contractile, contenant dans ses mailles des li- quides ou des gaz en mouvement , l'essence g- nrale de leur structure; des substances presque toutes susceptibles de se convertir en liquides ou en gaz, et des combinaisons capables de se transformer aisment les unes dans les autres, le fonds de leur composition chimique. Des formes fixes, et qui se perptuent par la gn- ration, distinguent leurs espces, dterminent la complication des fonctions secondaires propres chacune d'elles, et leur assignent le rle qu'elles doivent jouer dans l'ensemble de l'univers. Ces tbrmes ne se produisent ni ne se changent elles-mmes; la vie suppose leur existence; elle ne peut s'allumer que dans des organisations toutes prpares; et les mditations les plus profondes, comme les observations les plus dlicates, n'aboutissent qu'au mystre de la prexistence des germes. ANIMAUX ET VGTAUX. 21 DIVISION DES ETRES ORGANISS EN ANIMAUX ET EN VGTAUX. Les tres vivans ou organiss ont t subdi^ viss, ds les premiers temps, en tres anims^ c'est-a-dire 5 sensibles et mobiles, et en tres inanims^ qui ne jouissent ni de l'une ni de l'autre de ces facults, et qui sont rduits la facult commune de vgter. Quoique plusieurs plantes retirent leurs feuilles quand on les touche, que les racines se dirigent constamment vers l'humidit, les feuilles vers l'air et vers la lumire, que quelques parties des vgtaux paraissent mme montrer des oscillations aux- quelles l'on n'aperoitpoint de cause extrieure, ces divers mouvemens ressemblent trop peu ceux des animaux pour qu'on y trouve des preuves de perception et de volont La spontanit dans les mouvemens des ani- maux a exig des modifications essentielles mme dans leurs organes simplement vg- tatifs. Leurs racines n pntrant point la terre, ils devaient pouvoir placer en eux-mmes des provisions d'alimens et en porter le rservoir avec eux. De l drive le premier caractre des Q2 INTRODUCTION. animaux , ou leur cavit intestinale , d'o leiu' fluide nourricier pntre leurs autres parties par des pores ou par des \ aisseaux , qui sont des espces de racines intrieures. L'organisation de cette cavit et de ses appar- tenances a du varier selon la nature des ali- mens, et les oprations qu'ils ont subir avant de fournir des sucs propres a tre absorbs ; tandis que l'atmosphre et la terre n'apportent aux vgtaux que des sucs dj prts tre absorbs. Le corps animal, qui avait remplir des fonctions plus nombreuses et plus varies que la plante , pouvant en consquence avoir une organisation beaucoup plus complique ^ ses parties ne pouvant d'ailleurs conserver entre elles une situation fixe, il n'y avait pas moyen cjue le mouvement de leurs fluides fut pro- duit par des causes extrieures, et il devait tre indpendant de la chaleur et de l'atmosphre; telle est la cause du deuxime caractre des animaux , ou de leur systme circulatoire, qui est moins essentiel que le digestif, parce qu'il n'tait pas ncessaire dans les annnaux les plus simples. Les Jonctions animales exigeaient des sys- tmes oigaiiiques dont les vgtaux n'avaient A^^IMAUX HT VGTxVUX. ^3 pas besoin : celui des muscles pour le mouve- ment volontaire, et celui des nerfs pour la sensi- bilit 5 et ces deux systmes n'agissant , comme tous les autres , que par des mouvemens et des transformations de liquides ou de fluides , il fallait que ceux-ci fussent plus nombreux dans les animaui 5 et que la composition chimique du corps animal fut plus complique que celle de la plante ; aussi y entre-t-il une substance de plus (l'azote), comme lment essentiel, tandis qu'il ne se joint qu'accidentellement dans les vgtaux aux trois autres lmens gnraux de l'organisation , l'oxygne , l'hydrogne et le carbone. C'est l le troisime caractre des ani- maux. Le sol et l'athmosphre prsentent aux vg- taux pour leur nutrition de l'eau , qui se com- pose d'oxigne et d'hydrogne , de l'air qui contient de l'oxigne et de l'azote 5 et de l'acide f arl)onique qui est une combinaison d'oxygne et de carbone. Pour tirer de ces alimens leur composition propre, il fallait qu'ils conservassent Fhydrogne et le carbone, qu'ils exhalassent l'oxygne superflu, et qu'ils absorbassent peu ou point d'azote. Telle est aussi la marche de la vie vgtale, dont la fonction essentielle est l'exha- ^4 INTRODUCTION. lation de l'oxygne , qui s'excute l'aide de la lumire. Les cinmaux ont de plus que les vgtaux , pour nourriture mdiate ou immdiate , le compos vgtal , ou l'hydrogne et le car- bone , entrent comme parties principales. Il faut pour les ramener leur composition pro- pre , qu'ils se dbarrassent du trop d'hydro- gne , surtout du trop de carbone, et qu'ils accumulent davantage d'azote , c'est ce qu'ils font dans la respiration , par le moyen de l'oxygne de l'atmosphre qui se combine avec l'hydrogne et le carbone de leur sang , et s'exhale avec eux sous forme d'ean et d'acide carbonique. L'azote, de quelque part qu'il p- ntre dans leur corps, parait y rester. Les rapports des vgtaux et des animaux avec l'atmosphre sont donc inverses; les pre- miers dfont de l'eau et de l'acide carbonique , et les autres en reproduisent. La respiration est la fonction essentielle la constitution du corps animal ; c'est elle en quelque sorte qui Tanim alise , et nous verrons aussi que les ani- maux exercent d'autant plus compltement leurs fonctions animales , qu'ils jouissent d'une res- piration plus complte. C'est dans ces diff- ANIMAUX ET VGTAUX. nS rences de rapports que consiste le quatrime caractre des animaux. > DES FORMES PROPRES AUX LMENS ORGANIQUES ^ DU CORPS ANIMAL , ET DES COMBINAISONS PRIN- ^- GIPALES DE SES LMENS CHIMIQUES. Un tissu arolaire et trois lmens chimiques sont essentiels tous les corps vivans; un quatrime lment Test en particulier aux ani- maux 5 mais ce tissu se compose de diverses formes de mailles, et ces lmens s'unissent en diverses combinaisons. Il y a trois sortes de matriaux organiques ou de formes de tissu, la cellulosit , \di Jibre musculaire et la matire mdullaire; et, chaque forme , appartient une combinaison propre d'lmens chimiques ainsi qu'une fonc- tion particulire. La cellulosit se compose d'une infinit de petites lames jetes au hasard et interceptant de petites cellules qui communiquent toutes ensemble. C'est une espce d'pong qui a la mme forme que le corps entier, et toutes les autres parties la remplissent ou la traversent. Sa proprit est de se contracter indfinimeuS 20 Il^rniODUCTION. quand les causes qui la tiennent tendue viennent cesser : cette force est ce qui retient le corps dans une forme et dans des limites dtermines. La celulosit Serre forme ces lames plus ou moins tendues que Ton appelle membranes ; les membranes contouri^es en cilindres forment ces tuyaux plus ou moins ramifis que l'on nomme vaisseaux ; les filamens , nomms fibres^ se rsolvent en celulosit ; les os ne sont que de la celulosit durcie par Taccumulation de substances terreuses. La matire gnrale de la celulosit est cette combinaison cjui porte le nom de glatine, et dont le caractre consiste a se dissoudre dans Feau bouillante et se prendre , par le refroi- dissement, en une gele tremblante. La matire mdullaire n'a encore pu tre rduite en ses molcules organiques; elle parait a l'il comme une sorte de bouillie molle oi Ton ne distingue que des globules infiniment petits \ elle n'est point susceptible de mouvemens apparens , mais c'est en elle que rside le pouvoir admirable de transmettre au moi les impressions des sens extrieurs et de porter aux muscles les ordres de la volont. Le cerveau en est compos en giame partie 5 la mocli pinire LMENS ORGANIQUES. I^J t les nerfs, qui se distribiieiit a tontes les par- ties sensibles, ne sont, quant leur essence , que des faisceaux de ses ramifications. La Jibre charnue ou musculaire est une sorte particulire de filamens dont la proprit distinctive, dans l'tat de vie, est de se con- tracter c]uand ils sont touchs ou frapps par quelque corps, ou quand ils prouvent, par Fintermdiaire du nerf, l'action de la volont. Les muscles , organes immdiats du mouve- ment volontaire, ne sont que des faisceaux de fibres charnues; toutes les membranes, tous les vaisseaux qui ont besoin d'exercer ime com- pression quelconque sont arms de ces fibres ; elles sont toujours intimement unies des filets nerveux; mais celles qui concourent aux fonctions purement vgtatives se contractent l'insu du moi, en sorte c[ue la volont est bien un moyen de faire agir les fibres , mais ce moyen n'est ni gnral , ni unique. La fibre charnue a pour base une substance particulire appelej^rm^, qui est indissoluble dans l'eau bouillante, et dont la nature semble tre de prendre d'elle - mme cette forme filamenteuse. ^e fluide nourricier ou le sang, tel qu il est dans les vaisseaux de la circulation, non- ^8 INTRODUCTION. seulement peut se rsoudre, pour la plus grande partie, dans les lmens gnraux du corps animal, le carbone, l'hydrogne, l'oxygne et l'azote; mais il contient dj la fibrine et la glatine presque toutes disposes se con- tracter et a prendre les formes de membranes ou de filamens qui leur sont propres, du moins suffit-il d'un peu de repos pour quelles s'y manifestent. Le sang manifeste aussi aisment une combinaison qui se rencontre dans beau- coup de solides et de fluides animaux , V albu- mine dont le caractre est de se coaguler dans l'eau bouillante , et l'on y trouve presque tous les lmens qui peuvent entrer dans la compo- sition du corps de chaque animal , comme la chaux et le phosphore qui durcissent les os des animaux vertbrs, le fer qui colore le sang lui-mme et diverses autres parties, la graisse ou l'huile animale qui se dpose dans la celhi- losit pour l'assouplir, etc. Tous les liquides et les solides du corps animal se composent d'lmens chimiques contenus dans le sang ; et c'est seulement par quelques lmens de moins ou par d'autres proportions que chacun d'eux se distingue, d'oii l'on voit que leur formation ne dpend que de la soustraction de tout ou partie d'un ou de plusieurs des lmens du LMENS ORGA.NIQUES. 2g sang, et dans un petit nombre de cas 5 de l'addition de quelque lment venu d'ailleurs. Ces oprations, par lesquelles le fluide nour- ricier entretient la matire solide ou liquide de toutes les parties du corps , peuvent prendre en gnral le nom de scrtions. Cependant on rserve souvent ce nom a la production des liquides, et on donne plus spcialement celui de nutrition la production et au dpt de la matire ncessaire a Tentretien des solides. Chaque organe solide , chaque fluide a la composition convenable pour le rle qu'il doit jouer, et la conserve tant que l sant subsiste, parce que le sang la renouvelle mesure qu'elle s'altre. Le sang, en y fournissant continuelle- ment , altre lui - mme la sienne chaque instant; mais il y est ramen par la digestion qui renouvelle sa matire, par la respiration qui le dlivre du carbone et de l'hydrogne superflus, par la transpiration et diverses autres excrtions qui lui enlvent d'autres principes surabondans. Ces transformations perptuelles de compo- sition chimique forment une partie non moins essentielle du tourbillon vital que les mouve- mens visibles et de translation : ceux-ci n'ont mme poar objet que d'amener les premiers. 3o 1 ]N T K o D u c T 1 :?r. )ES FORCES QUI AGISSENT DANS LE COPtPS ANIMAL. La fibre musculaire n'est pas seulement Tor- gane du mouvement volontaire ; nous venons de voir qu'elle est encore le plus puissant des moyens que la nature emploie pour oprer les mouvemens de translation ncessaire a la vie vgtative. Ainsi les fibres des intestins pro- duisent le mouvement pristaltique qui fiait parcourir ce canal aux alimens ; les fibres du cur et des artres sont les agens de la circu- lation, et par elle, de toutes les scrtions, etc. La volont met la fibre en contraction par l'intermde du nerf; et les fibres involontaires , telles que celles que nous venons de citer, sont aussi toutes animes par des nerfs qui s'y ren- dent; il est donc probable que ce sont ces nerfs^ qui les font contracter. Toute contraction, et en gnral tout chan- gement de dimension dans la nature, s'opre par un changement de composition chimique, ne fut-ce cjue par l'afflux ou la retraite d'un fluide impondrable , tel que le calorique 5 c'est mme ainsi cpe se font les plus violens FORCES ORGANIQUES. 3l mouvemens connus sur la terre, les inflamnici- tions, les dtonnations, etc. Il y a donc grande apparence que c'est par un fluide impondrable que le nerf agt sur la fibre, d'autant qu'il est bien dmontr qu'il n'y agit pas mcaniquement. La matire mdullaire de tout le systme nerveux est homogne, et doit pouvoir exercer partout oi elle se trouve les fonctions qui appartiennent sa nature ; toutes ses ramifi- cations reoivent une grande abondance de vaisseaux sanguins. Tous les fluides animaux tant tirs du sang par scrtion , il n'y a pas a douter que le fluide nerveux ne soit dans le mme cas , ni que la matire mdullaire ne le scrte. D'un autre ct, il est certain que la ma- tire mdullaire est le seul conducteur du fluide nerveux 5 tous les autres lmens organiques lui servent de cohibants , et l'arrtent^ comme le verre arrte l'lectricit. Les causes extrieures qui sont capables de produire des sensations ou d'occasionner des contractions dans la fibre, sont toutes des agens chimiques , capables d'oprer des dcomposi- tions , tels que la lumire , le calorique , les 32 INTRODUCTION. sels, les vapeurs odorantes, la percussion, la compression, etc., etc. n^ Il y a donc grande apparence que ces causes agissent sur le fluide nerveux d'une manire chimique , et en altrent sa composition ; cela est d'autant plus vraisemblable , que leur ac- tion s'mousse en se continuant , comme si le fluide nerveux avait besoizi de reprendre sa composition primitive pour pouvoir tre altr de nouveau. Les organes extrieurs des sens sont des sortes de cribles qui ne laissent parvenir sur le nerf que l'espce d'agent qui doit l'affecter chaque endroit ; la langue a des papilles spon- gieuses qui s'imbibent des dissolutions salines; l'oreille , une pulpe glatineuse qui est bran- le par les vibrations sonores ; l'il , des len- tilles transparentes qui ne sont permables qu' la lumire , etc. Ce que l'on appelle les irritans ou les agens qui occasionnent les contractions de la fibre, exercent probablement cette action en faisant produire sur la fibre, par le nerf, le mme effet qu'y produit la volont ; c'est-a-dire en altrant le fluide nerveux de la manire ncessaire pour changer les dimensions de la fibre sur laquelle il influe: mais la volont n'est pour rien dans leur FORCES Or.GANIQUES. 33 action ; souvent mme le moi , \\e\\ a accune connaissance. Les muscles spars clu corps sont encore susceptibles d'irritation tant c[ue la por- tion de nerf reste avec eux conserve le pouvoir d'agir sur eux , et la volont est videmment trangre a ce phnomne. Le fluide nerveux s'altre par l'irritation musculaire aussi-bien que par la sensibilit, et que par le mouvement volontaire , et a de mme besoin d'tre rtabli dans sa compo- sition. Les mouvemens de translation ncessaires la vie vgtative sont dtermins par des irri- tations : les alimens irritent l'intestin , le sancr irrite le cur , etc. Ces mouvemens sont tous soustraits la volont, et en gnral (tant que la sant dure ) , la connaissance du moi ^ les nerfs Cjui les produisent ont mme dans plu- sieurs parties une distribution diffrente des nerfs affects aux sensations ou soumis k la volont, et cette distribution parat avoir pr- cisment pour objet de les y soustraire. Les fonctions nerveuses , c'est--dire la sen- sibilit et l'irritabilit musculaire, sont d'autant plus fortes dans chaque point , cjue leur agent y est plus abondant; et comme cet agent, ou TOME I. . 3 34 IIS T II OD UCT ION. le fluide nerveux , est produit par une scr- lion 5 il doit tre d'autant plus abondant qu'il y a plus de matire mdullaire ou scrtoire, et que cette matire reoit plus de sang. Dans les animaux qui ont une circulation , le sang arrive aux parties par les artres qui le transportent , au moyen de leur irritabilit et de celle du cur. Si ces artres sont irrites, elles agisseut plus vivement et amnent plus de sang; le fluide nerveux devient plus abondant et aug- mente la sensibilit locale ; il augmente son tour rirrilabilit des artres , et cette action mutuelle peut aller fort loin. On Tappelle or^ gasme , et quand elle devient douloureuse et permanente , inflammation. L'irritation peut aussi commencer par le nerf quand il prouve des sensations vives. Cette influence mutuelle des nerfs et des fibres, soit du systme intestinal, soit du sys- tme artriel , est le vritable ressort de la vie vgtative dans les animaux. Comme chaque sens extrieur n'est perma- ble qu' telle ou telle substance sensible , de mme chaque organe intrieur peut n'tre ac- cessible qu' tel ou tel agent d'irritation. Ainsi le mercure irrite les glandes salivaires, les can- FORCES ORGANIQUES. 35 tharides irritent la vessie , etc Ces ageiis sont ce que Ton nomme des spcifiques. Le systme nerveux tant homogne et con- tinu 5 les sensations et irritations locales le fa- tiguent tout entier; et chaque fonction, porte trop loin , peut affaiblir les autres. Trop d'ali- mens empchent de penser ; des mditations trop prolonges affaiblissent la digestion, etc. Une irritation locale excessive peut affaiblir le corps entier , comme si toutes les forces de la vie se portaient en un seul point. Une seconde irritation produite sur un autre point peut diminuer ou, comme on dit, dtour- ner la premire ; tel est l'effet des purgatifs , des vesscatoires , etc. Tout rapide qu'est notre nonc , il doit suffire pour tablir la possbiHt de se ren- dre compte de tous les phnomnes de la vie physique , par la seule admission d'un fluide tel que nous venons de le dfinir, d'aprs les proprits qu'il prsente. 3(3 INTRODUCTION. IDEE SOMMAIRE DES FONCTIONS ET DES ORGANES DU CORPS DES ANIMAUX , AINSI QUE DES DIVERS DEGRS DE LEUR COMPLICATION x\pBs ce que nous venons de dire des l- mens organiques du corps , de ses principes chimiques et des forces qui agissent en lui, nous n'avons plus qu'a donner une ide sommaire des fonctions de dtail dont la vie se compose ^ et des organes qui leur sont affects. Les fonctions du corps animal se divisent en deux classes. Les fonctions animales ou propres aux ani- maux 5 c'est--dire la sensibilit et le mouve- ment volontaire. Les fonctions vitales, vgtatives, ou com- munes aux animaux et aux vgtaux, c'est- IMiaJX VERTBRS. sont des branchies ou des sries de lames entre lesquelles Feau passe. Dans tous les animaux vertbrs , le sang qui fournit au foie les matriaux de la bile, est du sang veineux qui a circul dans les intes- tins, et qui 5 aprs s'tre rassembl dans un tronc Siipipel veine porte ^ se subdivise de nou- veau au foie. Tous ces animaux ont aussi une scrtion particulire , qui est celle de Yurine , et qui se fait dans deux grosses glandes attaches aux cts de l'pine du dos , et appeles reins : la Kqueur que ces glandes produisent , sjourne le plus souvent dans un rservoir appel la vessie. Les sexes sont spars ; la femelle a toujours un ou deux ovaires 5 d'o les ufs se dtachent au moment de la conception. Le mle les fconde par la liqueur sminale; mais le mode de cette fcondation varie beau- coup. Dans la plupart des genres des trois pre- mires classes , elle exige une intromission de la liqueur 5 dans quelques reptiles , et dans la plupart des poissons , elle se fait c[uand les oeufs sont dj pondus. LEUR DIVISION. 6^ SUBDIVISION DES ANIMAUX VERTBRS^ EN q;UATRE CLASSES. On vient de voir quel point les animaux vertbrs se ressemblent entre eux ; ils offrent cependant quatre grandes subdivisions ou clas- ses, caractrises par l'espce ou la force de leurs mouvemens , qui dpendent eux-mmes de la quantit de leur respiration , attendu que c'est de la respiration que les fibres musculaires tirent l'nergie de leur irritabilit. La quantit de respiration dpend de deux facteurs ; le premier est la quantit relative du sang qui se. prsente dans l'organe respira- toire dans un instant donn ; le second , la quantit relative d'oxigne qui entre dans la composition du fluide ambiant. La quantit du sang qui respire dpend de la disposition des organes de la respiration et de ceux de la circulation. Les organes de la circulation peuvent tre doubles, de sorte que tout le sang qui arrive des parties par les veines , est oblig d'aller cir- culer dans l'organe respiratoire avant de retour-* ner aux parties par les artres j ou bien ils peu- vent tre simples , de sorte qu'une portion seu- 68 ANIMAUX VERTBRS. lement du sang qui revient du corps est oblige de passer par l'organe respiratoire , mais que le reste retourne au corps sans tre all respirer. Ce dernier cas est celui des reptiles. Leur quantit de respiration et toutes les qualits qui en dpendent varient selon la proportion du sang qui se rend dans le poumon chaque pulsation. Les poissons ont une circulation double, mais leur organe respiratoire est form pour respirer par l'intermde de l'eau; et leur sang n'y prouve d'action que de la part de la portion d'oxigne dissoute ou mle dans cette eau 5 en sorte que leur quantit de respiration est peut-tre moindre encore que celle des reptiles. Dans les mammifres , lacirculation est double et la respiration arienne est simple, c'est-- dire, qu'elle ne se fait que dans le poumon seulement; leur quantit de respiration est donc suprieure celle des reptiles cause de la forme de leur organe circulatoire, et a celle des poissons a cause del nature de leur lment ambiant. Mais la quantit de respiration des oiseaux est encore suprieure celle des quadrupdes, parce que non-seulement lis ont une circulation LEUR DIVISION. 69 double et une respiration arienne , mais encore parce qu'ils respirent par beaucoup d'autres cavits que le poumon , l'air pntrant par tout leur corps, et baignant les rameaux de l'aorte, ou artre du corps, aussi-bien que ceux de l'artre pulmonaire. De l rsultent les quatre sortes de mou* vemens auxquelles les quatre classes d'animaux vertbrs sont plus particulirement destines j Les quadrupdes, oii la quantit de respiration est modre , sont gnralement faits pour mar- cher et courir en dveloppant de la force ; les oiseaux , oi elle est plus grande , ont la lgret et la vigueur de muscles ncessaires pour le vol; ks reptiles, oii elle est plus faible, sont condamns ramper, et plusieurs d'entre eux passent une partie de leur vie dans une sorte de torpeur; les poissons enfin ont besoin, pour excuter leurs mouvemens, d'tre soutenus dans un liquide spcifiquement presque aussi pesant qu'eux. Touteslescrconstancesd'organisation propres chacune de ces quatre classes , et nommment celles qui concernent le mouvement et les sensations extrieures , sont en rapport nces- saire avec ces caractres essentiels. Cependant, la classe des mammifres a des ^O MAMMIFRES. caractres particuliers dans leur gnration vivipare, dans la manire dont leur ftus se nourrit dans la matrice, au moyen du placenta et dans les mammelles qui allaitent leurs petits. Au contraire, les autres classes sont ovipares, et, si on les oppose en commun a la premire, on leur trouve des ressemblances qui annoncent pour elles un plan spcial d'organisation dans le grand plan gnral de tous les vertbrs. PREMIRE CLASSE DES ANIMAUX VERTBRS, LES MAMMIFERES. Les mammifres doivent tre placs la tte du rgne animal , non-seulement parce que c'est la classe lacjuelle nous appartenons nous- mmes, mais encore parce que c'est celle de toutes qui jouit des facults les plus multiplies, des sensations les plus dlicates , des mouvemens les plus varis, et o l'ensemble de toutes les proprits parait combin pour produire une intelligence plus parfaite, plus fcoude en ressources, moins esclave de l'instinct et plus susceptible de perfectionnement. Comme leur quantit de respiration est mo dre,ils sont en gnral disposs pour marcher EN GNRAL. 'J l sur la terre , mais pour y marclier avec force et d'une manire continue. En consquence, toutes les articulations de leur squelette ont des formes trs-prcises qui dterminent leurs mou- vemens avec rigueur. Quelques-uns cependant peuvent s'lever en Tair au moyen de membres prolongs et de membranes tendues; d'autres ont les membres tellement raccourcis qu'ils ne se meuvent ais- ment que dans l'eau , mais ils ne perdent pa^^ pour cela ks caractres gnraux de la classe. Ils ont tous la mchoire suprieure fixe au crne, l'infrieure compose de deux pices seulement, articule par un condyle saillant a un temporal fixe, le cou de sept, et une seide espce de neuf vertbres; les ctes antrieures attaches en avant a un sternum form d'un certain nombre de pices la file; leur extr- mit de devant commence par une omoplate non articule, mais seulement suspendue dans les chairs , s'appuyant souvent sur le sternum par un os intermdiaire nomm clavicule. Cette extrmit se continue par un bras, un avant-bras et une main forme elle-mme de deux ranges d'osselets appeles poignet ou carpe, d'une range d'os nomme mtacarpe, et de doigts composs chacun de deux ou trois os nomms phalanges. 72 MAMMIFRES. Si l'on excepte les ctacs, ils ont tous la premire partie de Textrmit postrieure fixe Tpine et formant une ceinture ou un bassin qui dans la jeunesse se divise en trois paires d'os, l'ilon qui tient l'pine, le pubis qui forme la ceinture antrieure, et l'ischion qui forme la postrieure. Au point de runion de ces trois os est la fosse oii s'articule la cuisse , qui porte elle-mme la jambe, forme de deux os , le tibia et le pron; cette extrmit est termine par le pied , lequel se compose de parties analogues celles de la main; savoir, d'un tarse, d'un mtatarse et de doigts. La tte des mammifres s'articule toujours par deux condyles sur leur atlas ou premire vertbre. Leur cerveau se compose toujours de deux hmisphres runis par une lame mdullaire dite corps calleux , renfermant deux ventricules , et enveloppant les quatre paires de tubercules appeles corps cannels , couches optiques , nates et testes. Entre les couches optiques est un troisime ventricule qui communique avec le quatrime situ sous le cervelet; les jambes de leur cervelet forment toujours sous la moelle allonge une prominence transverse appele pont de varole. EN GNRAL. 73 Leur il, toujours log dans son orbite, prserve par deux paupires et un vestige de troisime, a son cristallin fix par le procs- ciliaire et sa sclrotique simplement celluleuse. Dans leur oreille, on trouve toujours une cavit nomme caisse, ferme en dehors par une membrane nomme tympan , avec quatre osselets appels marteau, lenticulaire, enclume et trier ; un vestibule sur l'entre duquel appuie l'trier et qui communique avec trois canaux semi-circulaires; enfin, un limaon qui donne par une de ses rampes dans la caisse , par l'autre dans le vestibule. Leur crne se subdivise comme en trois cein- tures formes : l'antrieure, par les deux fron- taux et l'tlimode ; l'intermdiaire , par les paritaux et le sphnode,; la postrieure , par l'occipital ; entre l'occipital , les paritaux et le sphnode, sont intercals les temporaux, dont une partie appartient proprement la lace. Dans le ftus, l'occipital se divise en quatre parties : le corps du sphnode en deux , et trois de ses paires d'ailes sont spares; le tem- poral en trois , dont l'une sert complter le crne , l'autre renfermer le labyrinthe de l'oreille , la troisime a former les parois de la 'j4 MAMMIFRES. caisse, etc. Ces parties d'os s'unissent plus ou moins promptement selon les espces , et les os eux - mmes finissent par s'unir dans les adultes. Leur face est forme essentiellement par les deux maxillaires , entre lesquels passe le canal des narines, et qui ont en avant les deux in- termaxillaires 5 en arrire les deux palatins ^ entre eux descend la lame impaire de Tth- mode 5 nomme vomer ; sur les entres du canal nazal sont les os propices du nez; ses pa- rois externes adhrent les cornets infrieurs, les cornets suprieurs qui occupent sa partie su- prieure et postrieure , appartiennent a Tth- mode. Le jugal unit de chaque ct Tos maxil- laire au temporal, et souvent au frontal; enfin, le lacrymal occupe l'angle interne de l'orbite, et quelquefois une f>artie de la joue. Leur langue est toujours cliarnue et attache un os appel hyode , suspendu au crne par des ligamens. Leurs poumons, au nombre de deux , com- poss d'une infinit de cellules , sont toujours renferms sans adhrence dans une cavit for- me par les ctes et le diaphragme, et tapisse par la plvre ; leur organe de la voix toujours a rextrmit suprieure de l trache artre 5 EN GNRA.L. ^5 lin prolongement charnu ^ nomm voile du pa- lais , tablit une communication directe entre leur larynx et leurs arrires-narines. Leur sjour a la surface de la terre les expo- sant moins aux alternatives du froid et du chaud, leur corps n'a que l'espce moyenne de tgument, le poil , qui mme est gnralement rare dan3 ceux des pays chauds Les ctacs qui vivent entirement dans l'eau, sont les seuls qui en manquent absolument. Leur canal intestinal est suspendu a un re- pli du pritoine , nomm msentre, qui con- tient de nombreUvSes glandes conglobes pour les vaisseaux lacts ^ une autre production du pritoine, nomme piploon, pend au-devant et au-dessous ds intestins. L'urine retenue pendant quelque temps dans une vessie, sort, dans les deux sexes, un trs-petit nombre d'exceptions prs , par les orifices de la gnration. Celle-ci dans tous les mammifres est essen- tiellement vivipare; c'est--dire que le ftus, immdiatement aprs la conception , descend dans la matrice , enferm dans ses enveloppes , dont la plus extrieure, nomme chorion , se iixe aux parois de cet organe par un ou plur sieurs plexus de vaisseaux ^ a'pds placentas , 76 MAMMIFRES. qui tablissent entre lui et sa mre une cpm- muncation, d'o il tire sa nourriture, et pro- bablement aussi son oxygnation. Cependant , les ftus de mammifres ont au moins dans les premiers temps de la grossesse une vsicule analogue celle qui contient le jaune dans les ovipares; et recevant de mme des vaisseaux du msentre. Ils ont aussi une autre vessie , qui communique avec celle de l'urine, et qu'on a nomme allantode. La conception exige toujours un accouple- ment effectif 5 011 le sperme du mle soit lanc dans la matrice de la femelle. Les petits se nourrissent pendant quelque temps 5 aprs leur naissance , d'une liqueur par- ticulire a cette classe ( le lait ) , laquelle est produite par les mammelles , ds l'instdnt du part 5 et pour aussi long-temps que les petits en ont besoin. Ce sont les mammelles qui ont valu a cette classe son nom de mammifres , at- tendu que lui tant exclusivement propres, elles la distinguent mieux qu'aucun autre caractre extrieur. Dm'sion de la classe des marrmiifres en ordres. Les caractres variables qui tablissent les DIVISION EN ORDKES. 77 diversits essentielles des mammifres entre eux 5 sont pris des organes du toucher , d'oi dpend leur plus ou moins d'habilet ou d'a- dresse, et des organes de la manducation qui dterminent la nature de leurs alimens , et entranent aprs eux, non -seulement tout ce qui a rapport la fonction digestive, mais en- core une foule d'autres diffrences relatives , mme a l'intelligence. La perfection des organes du toucher s'es- time d'aprs le nombre et la mobilit des doigts, et d'aprs la manire plus ou moins profonde dont leur extrmit est enveloppe dans l'ongle ou dans le sabot. Un sabot qui enveloppe tout-a-fait la partie du doigt qui touche terre , y mousse le tact, et rend le pied incapable de saisir. L'extrme oppos est quand un ongle form d'une seule lame ne couvre qu'une des faces du bout du doigt , et laisse l'autre face toute sa dlicatesse. Le rgime se juge par les dents mchelires^ k la forme desquelles rpond toujours l'articu- Jation des mchoires. Pour couper de la chair , il faut des m- rhelires tranchantes comme une scie, et des y 8 MAMMIFRES. mchoires serres comme des ciseaux , qui a puissent que s'ouvrir ou se fermer. Pour broyer des grains ou des racines , il faut des mclielires couronne plate , et des mchoires qui puissent se mouvoir horizonta- lement; il faut encore, pour que la couronne de ces dents soit toujours ingale comme une meule , que sa substance soit forme de par- ties ingalement dures, et dont les unes s'usent plus vite que les autres. Les animaux a sabot sont tous de ncessit herbivores ou k couronnes des mchelires plates , parce que leurs pieds ne leur permet- traient pas de saisir une proie vivante. Les animaux doigts onguiculs taient sus- ceptibles de plus de varits ; il y en a de tous les rgimes ; et outre la forme des mchelires , ils diffrent encore beaucoup entre eux par la mobilit et la dlicatesse des doigts. On a sur- tout saisi a cet gard un caractre qui influe prodigieusement sur l'adresse et multiplie leurs moyens d'industrie ; c'est la facult d'opposer le pouce aux autres doigts, pour saisir les plus petites choses , ce qui constitue la main pro- prement dite; facult qui est porte son plus haut degr de perfection dans l'homnxe, o l'ex- DIVISION EN OLDKES. 'JQ trmit antrieure toute entire est libre et peut tre employe k la prhension. Ces diverses combinaisons qui dterminent ri- goureusement la nature des divers mammifres , ont donn lieu distinguer les ordres suivans : Parmi les onguiculs , le premier, qui est en mme temps privilgi sous tous les autres rapports , l homme , a des mains aux extr- mits antrieures seulement; ses extrmits postrieures le soutienneut dans une situation verticale. L'ordre le plus voisin de l'homme, celui des ^uadrum^anes ^ a des mains aux quatre extr- mits. Un autre ordre , celui des carnassiers , n'a point de pouce libre et opposable aux extr- mits antrieures. Ces trois ordres ont d'ailleurs chacun les trois sortes de dents, savoir : des mchelires, des canines et des incisives. Un quatrime, celui des rongeurs^ dont les doigts diffrent peu de ceux des carnassiers , manque de canines et porte en avant des incisives disposes pour une sorte toute particu- lire de manducation. Viennent ensuite des animaux dont les doigts sont dj fort gns ; fort enfoncs daii de 8o MAMMIFRES. grands ongles, le plus souvent croclius , et qui ont encore cette imperfection de manquer d'in- cisives. Quelques-uns manquent mme de ca- nines, et d'autres n'ont point de dents du tout. ^ Nous les comprenons tous sous le nom d'dents. Cette distribution des animaux onguiculs serait parfaite et formerait une chane trs-r- gulire , si la Nouvelle-Hollande ne nous avait pas fourni rcemment une petite chane colla- trale, compose des animaux bourse, dont tous les genres se tiennent entre eux par l'en- semble de l'organisation , et dont cependant les uns rpondent aux carnassiers ; les autres aux rongeurs ; les troisimes aux dents , par les dents et par la nature du rgime. Les animaux sabots , moins nombreux , ont aussi moins d'irrgularit. Les ruminans composent un ordre trs-dis- linct , par ses pieds fourchus, sa mchoire sup- rieure sans vraies incisives , et ses quatre es- tomacs. Tous les autres quadrupdes sabots se laissent runir en un seul ordre que j'appellerai pachydermes ou jumenta , except V lphant qui pourrait faire un ordre a part, et qui se lie par quelques rapports loigns avec l'ordre des rongeurs. I DIVISION ExN ORDllES. 8l Enfin viennent les mammifres , qui n'ont point du tout d'extrmits postrieures , et dont la forme de poisson et la vie aquatique pour- raient engager faire une classe particulire, si tout le reste de leur conomie n'tait pas la mme que dans la classe o nous les laissons. Ce sont les poissons sang cliaud des anciens ou les ctacs qui, runissant la force des autres mammifres l'avantage d'tre soutenus par l'lment aqueux , comptent parmi eux les plus gigantesques de tous les animaux. PREMIER ORDRE DES MAMMiERES. 1 LES BIMANES OU L'HOMME. L'homme ne forme cju'un genre, et ce genre est unlcpie dans son ordre. Comme son histoire nous intresse plus directement et doit former l'objet de comparaison auquel nous rapporterons celle des autres animaux, nous la traiterons avec plus de dtail. Nous exposerons rapidement ce que l'homme offre de particulier dans chacun de ses systmes organiques, parmi tout ce qu'il a de commua a^ec les autres mammifres*, nous examinerons les avantages que ces particularits lui donnent OME I. 6 82 MAMMIFRES. sur les autres espces; nous ferons connatre ses principales races et leurs caractres distinctifs; enfin, nous incliquerons Tordre naturel du dveloppement de ses facults , soit indivi- duelles p soit sociales. Conformation particulire de Vhonme, Le pied de Thomme est trs-diffrent de celui des singes : ii est large; la jambe porte verticalement sur lui; le talon est renfl en dessous; ses doigts sont courts et ne peuvent presque se ployer; le pouce , plus long, plus gros que les autres , est plac sur la mme ligne ^ ne leur est point opposable; ce pied est donc propre supporter le corps ^ mais il ne peut servir, ni saisir , ni grimper , et comme de leur ct les mains ne servent point la marche , l'homme est le seul animal vraiment bimane et bipde. Le corps entier de Thomme est dispos pour la station verticale. Ses pieds, comme nous venons de le voir, lui fournissent une base plus large que ceux d'aucun mammifre ; les muscles qui retiennent le pied et la cuisse dans ftat d'extension sont plus vigoureux , d'o rsulte la saillie du mollet et de la fesse ; les flchisseurs de la jambe s'attachent plus haut^ ce qui permet au genou une extension com- plte, et laisse mieux paratre le mollet ; le bassin est plus large, ce qui carte les cuisses et les pieds, et onSj retint encore dans des bornes assez elroites. L'homme n'est parvenu rellement multiplier son esjjce un haut degr, et porter trs -loin ses connaissances et ses arts, que depuis Tinvention de Fagriculture et la division du sol en proprits hrditaires ; au moyen de Tagriculture , le travail manuel d'une partie seulement des .membres de la socit nourrit tous les autres , et leur permet de se livrer aux occupations moins ncessaires, en mme temps que Tespoir d'acqurir par l'industrie une exis- tence douce pour soi et pour sa postrit, a donn l'mulation vm nouveau mobile. La dcouverte des valeurs reprsentatives a port cette mulation au plus haut degr , en facihtant les changes , en ren- dant les fortunes la fois plus indpendantes et susceptibles de plus d'accroissement ; mais par une suite ncessaire , elle a port aussi au plus haut degr les vices de la mollesse et les fureurs de l'am- bition. Dans tous les degrs de dveloppement de la so- cit , la propension naturelle tout rduire es ides gnrales, et chercher des causes tous les phnomnes, a produit des hommes mditatifs, qui ont ajout des ides nouvelles la masse de celles que Ton possdait ; et tant que les lumires n'ont pas t communes^ ils ont presque tous cherch se faire de leur supriorit un moyen de domination en exagrant leur mrite aux yeux des autres , et l'homme, g3 en dguisant la faiblesse de leurs connaissances par la propagation d'ides superstitieuses. Un mal plus irrmdiable est Fabus de la force ; aujourd'hui que Thomme seul peut nuire l'homnie, il est aussi la seule espce qui soit continuellement en guerre avec elle-mme. Les sauvages se disputent leurs forets , les nomades leurs pturages , ils font aussi souvent qu'ils le peuvent des irruptions chez les agi'iculteurs pour s'emparer sans peine des rsul- tats de longs travaux. Les peuples civiliss eux- mmes, loin d'tre satisfaits de leurs jouissances, combattent pour les prrogatives de l'orgueil ou pour le monopole du commerce. De l, la ncessit des gouvernemens pour diriger les guerres nationales, et pour rprimer ou rduire des formes rgles les querelles particulires. Des circonstances plus ou moins favorables ont re- tenu l'tat social certains degrs^ ou ont avanc son dveloppement. Les climats glacs du nord des deux -continens ^ les impntrables forts de l'Amrique , ne sont en- core habits que par des sauvages chasseurs ou p- cheurs. Les immenses plaines sablonneuses ou sales du centre de TAsie et de l'Afrique, sont couvertes de peuples pasteurs et de troupeaux innombrables ; ces hordes , demi-civilises , se rassemblent chaque fois qu'un chef enthousiaste les appelle, et fondent sur les pays civiliss qui les entourent, pour s y tablir et sV amollir , jusqu' ce que d'autres pasteurs vien- nent les y subjuguer : c'est la vritable cause du des- gi MA.MMIFRES. potisme qui a cras dans tous les temps riiidustre ne dans les beaux climats de la Perse , de l'Inde et la Chine. Des climats doux, des sols naturellement arross, et riches en vgtaux , sont les vritables berceaux de Vagriculture et de la civih'sation ; et quand leur posi- sition les met l'abri des irruptions des Barbares , tous les genres de lumires s'y excitent mutuellement : telles furent les premires en Europe, la Grce et l'Italie; telle est aujourd'hui presque toute cette heu- reuse partie du monde. Il y a cependant aussi des causes intrinsques qui paraissent arrter les progrs de certaines races j mme au milieu des circonstances les plus favorables* J^ants de V espce humaine. Quoique l'espce humaine paraisse unique, puis- que 4:ous les individus peuvent se mler indistincte-^ ment, et produire des individus fconds, on y re- marque de certaines conformations hrditaires qui constituent ce qu'on nomme des races. Trois d'entre elles surtout paraissent minemment distinctes : la blanche, ou caucasujue j la jaune, ou mongoUcji^ la ngre , ou thiopjue, La caucasique, laquelle nous appartenons, se distingue par la beaut de l'ovale que forme sa ttfe ; et c'est elle qui a donn naissance aux peuples les * plus civiliss , ceux qui ont le plus gnralement domin les autres : elle varie par le teint et par la couleur des cheveux. lia mongolique se reconnat s^s pommettes sail- l'homme. g5 lanteSj son visage plat, ses yeux troits et obli- ques, ses cheveux droits et noirs , sa barbe grle , son teint olivtre. Elle a form de grands empires la Cbine et au Japon , et elle a quelquefois tendu ses conqutes en-dea du grand dsert; mais sa civi- lisalion est toujours reste stationnaire. La race ngre est confine au midi de l'Atlas ; son teint est noir, ses cheveux crpus, son crne com- prim, et son nez cras; son museau saillant et ses grosses lvres, la rapprochent manifestement des sin- ges : les peuplades qui la composent sont toujours restes barbares. On a appel caucasique la race dont nous descen- dons , parce que les traditions et la filiation des peu- ples , semblent la faire remonter jusqu' ce groupe de montagnes situ entre la mer Caspienne et la mer Noire, d'o elle s'est rpandue comme en rayonnant. Les peuples du Caucase mme , les Circassiens et les Gorgiens, passent encore aujourd'hui pour les plus beaux de la terre. On peut distinguer les principales ])ranches d cette race par l'analogie des langues. Le rameau aramen ou de Syrie , s'est dirig au jaiidi ; il a produit les AssyHens , les Chaldens, les Arabes toujours indompts^ et qui, aprs Mahomet, ont pens devenir matres (\\\ monde ; les Phniciens, les Juifs, les Abyssins, colonies des Arabes : il est trs- probable que les Egyptiens lui appartenaient. C'est dans ce rameau, toujours enclin au mysticisme, que sont nes les religions les plus rpandues. Les sciences et les lettres y ont fleuri quelquefois , mais toujours avec des formes bizarres, un style figur. y6 M A M M I F R E s. Le rameau indien , germain et pclasgique , est beaucoup plus tendu , et s'est divis bien plus an- ciennement; cependant, l'on reconnat les affinits les plus multiplies entre ses quatre langues princi- pales : le sanscrit , langue aujourd'hui sacre des In- dous, mre de toutes les langues de llndostan ; lan- cienne langue des Pelages, mre commune du grec , du latin, de beaucoup de langues teintes^ et de toutes nos langues du midi de l'Europe; le gothique ou tu- desque , d'o sont drives les langues du nord et du nord-ouest , telles que l'allemand , le hollandais , l'an- glais , le danois , le sudois et leurs dialectes ; enfin _, la langue appele esclavonne , et d'o descendent celles du nord-est , le russe , le polonais ^ le boh- mien et le vende. C'est ce grand et respectable rameau de la race caucasique , qui a port le plus loin la philosophie, les sciences et les arts, et qui en est depuis trente sicles le dpositaire. 11 avait t prcd en Europe par les Celtes , dont les peuplades venues par le nord , et autrefois trs- tendues, sont maintenant confines vers les pointes les plus occidentales , et par les Cantabres passs d'Afrique en Espagne , et aujourd'hui presque fon- du3 parmi les nombreuses nations dont la postrit s'est mle dans cette presqu'le. liCS anciens Perses ont la mme origine que les Indiens ;, et leurs descendans portent encore prsent les plus grandes marques de rapports avec nos peuples d'Europe. Le rameau scjthe et tartare , dirig d'abord vers le L^ HO MME, 97 nota et le nord-est, toujours vagabond dans les im- menses plaines de ces contres, n'en est revenu que pour dvaster les tablissemcns plus heureux de ses frres; les Scjtbes , qui firent si anciennement des irruptions dans !a haute Asie ; les Parthes , qui y dtruisirent la domination grecque et romaine ; les Turcs, qui y renversrent celle des Arabes , et sub- jugurent en Europe les malheureux restes de la nation grecque , taient des essaims de ce rameau ; les Finlandais , les Hongrois , en sont des peuplades en quelque sorte gares parmi les nations escla- vonnes et tudesques. Le nord et l'est de la mer Cas- pienne , leur patrie originaire , nourrissent encore des peuples qui ont la mme origine et parlent des lan- gues semblables; mais ils y sont entremls d'une infinit d'autres petites nations d'origines et de lan- gues diverses. Les peuples tartares sont rests plus intacts dans tout cet espace d'o ils ont si long- temps menac la Russie , et o ils ont eniin t sub- jugus par elle , depuis les bouches du Danube jus- qu'au del de l'Irtisch. Cependant les Mongoles , dans leurs conqutes, y ont ml leur sang, et l'on en voit surtout beaucoup de traces chez les petits Tartares* C'est l'orient de ce rameau tartare de la race caucasique que commence la race mongolique ^ qui domine ensuite jusqu' TOcan oriental. Ses branches , encore nomades , les Calmouques , les Kalkas, parcourent le grand dsert. Trois fois leurs anctres, sous Attila, sous Gengis et sous Tamer- ' TOM. I . f q8 m a m m i F r e s. lan , ont port au loin la terreur de leur nom. Les Chinois en sont une branche la plus anciennement civilise , non-seulement de cette race , mais de tous les peuples connus. Une troisime branche ( les Man- tchoux) ;, ont conquis rcemment la Chine , et la gou- vernent encore. Les Japonais et les Corens , et presque toutes les hordes qui s'tendent au nord-est de la Sibrie, sous la domination desRusses, y appartiennent aussi en trs-grande partie. Si Ton en excepte quelques lettrs Chinois , toute la race mongolique est adonne aux diffrentes sectes du culte de Fo. L'origine de cette grande race parat tre dans les monts Alta j comme celle de la ntre dans le Cau- case ; mais il n'est pas possible de suivre aussi-bien la filiation de ses diffrentes branches. L'histoire de tous ces peuples nomades est aussi fugitive que leurs tablissemens; et celle des Chinois, concentre dans leur empire , ne donne que des notions courtes et peu suivies des peuples qui les avoisinent. Les affi- nits de leurs langues sont aussi trop peu connues pour diriger dans ce labyrinthe. Les langues du nord de la pninsule au del du Gange ont, aussi-bien que celle du Thibet, quel- ques rapports avec la langue chinoise, au moins par leur nature monosyllabique, et les peuples qui les parlent ne sont pas sans ressemblance avec les au- tres Mongoles pour les traits; mais le midi de cette- pninsule est habit par les Malais , peuple beau- coup plus beau , dont la race et la langue se sont rpandues sur les ctes de toutes les les de lar- chipel indien , et ont occup presque toutes celles L*HOMME. 99 de la mer du Sud : dans les plus grandes des pre- mires , surtout dans les lieux les plus sauvages , haLltent d'autres liomines cheveux crpus , teint Tioir^ visage de ngre, tous extrmement barbares. Les plus comms portent le nom de Papous : on peut le gnraliser. Ni ces Malais , ni ces Papous, ne se laissent ais- ment rapporter l'une des trois grandes races ; mais les premiers peuvent- ils tre nettement distingus de leurs voisins des deux cts, les Indous cauca- siques et les Chinois mongoliques? Nous avouons que nous ne leur trouvons pas encore de caractres suffisans pour cela. Les Papous sont-ils des ngres anciennement gars sur la mer des Indes? On n'en a pas encore de figures ni de descriptions assez nettes pour rpondre cette question. Les habilans du nord des deux contlnens, les Sa- nioydeSjles Lapons, les Esquimaux, vieniien!;, selon quelques-uns, de la race mongole ; selon d'autres , ils ne sont que des rejetons dgnrs du rameau scythe et tartare de la race caucasique. Les Amricains eux - mmes n'oui pu encore tre ramens clairement ni l'une ni l'autre de nos races de l'ancien continent, et cependant ils n'ont pas non plus de caractre la fois prcis et constant qui puisse en faire une race particulire. Leur teint rouge de cuivre n'en est pas un suf- fisant; leurs cheveux gnralement noirs, et leur barbe rare , les feraient rapporter aux Mongoles , si leurs traits bien prononcs, et leur nez assez saillant^ ne s'y opposaient; leurs langues sont aussi innom-:- 1 100 MAMM TFfcnES. brables que leurs peuplades, et l'on n'a pu encore y saisir d'analogie ni entre elles , ni avec colles de. ^'ancien monde. DEUXIME ORDRE DES MAMMIFERES. LES QUADRUMANES. Outre les dtails anatomiques propres k l'homme , et exposs a son article, cette famille diffre de notre espce par le caractre trs- sensible , que ses pieds de derrire ont les pouces libres et opposables aux autres doigts , et que les doigts des pieds sont longs et flexibles comme ceux de la main; aussi toutes les espces grimpent-elles aux arbres avec facilit , tandis qu'elles ne se tiennent et ne marchent debout qu'avec peine , leur pied ne se posant alors que sur le tran'chant extrieur , et leur bassin troit ne favorisant point Tquilibre. Elles ont toutes des intestins assez semblables aux ntres , les yeux dirigs en avant, les mammelles sur la poi- trine , la verge pendante , le cerveau trois lobes de chaque ct , dont le postrieur recou- vre le cervelet , la fosse temporale , spare de l'orbite par une cloison osseuse ; mais pour le reste elles s'loignent de notre forme par degrs, en prenant un museau de plus en plus along ^ I QUADRUMANES. lOI une queue, une marche plus exclusivement quadrupde ; nanmoins , la libert de leurs avant - bras et la complication de leurs mains leur permettent toutes beaucoup d'actions et de gestes semblables ceux de l'homme. On les divise depuis long -temps en deux genres , les singes et les makis , cjui sont deve- nus , par la multiplication des formes secon- daires, deux petites familles ,e*t entre lesquels il faut placer un troisime genre , celui des ouis- titis 5 qui ne se rapporte bien ni Tim ni a Fautre. Les Singes. (Simia. Linn,) Sont tous les quadrumanes qui ont chaque m- choire quatre dents incisives droites, et tous l'es doigts des ongles plats ; deux caractres qui les rap- prochent de rhomme plus que les genres suivans; leurs molaires n'ont aussi, comme les ntres, que des tubercules mousses, et ils vivent essentiellement de fruits ; mais leurs canines , dpassant les autres dents, leur fournissent une arme qui nous manque^ et exigent un vide dans la mchoire oppose, pour sy loger quand la bouche se ferme. On peut les diviser en deux principaux sous- genres, qui se subdivisent eux-mmes en des grou- pes nombreux. i^^ \.) La seule bonne figure Je Toran^-outan; e^^ celle o'e T'osmaev ,h\ie d'aprs un individu qui a vcu (a Haye. Celle de BuJJ'on , Supl. V , pi. 1 , pche > tous gards : relie a'Allamand { "Rufr. d'lcll. XV, pK xl' est un peu lieillcurc ^ elle a t copie dans Schreber , yX. n R. Ccile de Camper , coptc?^ ib. ,p1. ii C. ne manque pas d'exactitude ; mais on voi trop qu'elle est faite d'aprs un cadavre. Bontius , Md. ind. n'en donne qu'une tout--fait imaginaire, quoique Llnneus en ait fait le type de sou Jrogk'dytc. (Ainn.ac. V,p!., 5 i-j QUADRUMANES. I o3 cramle le c!e Borno, d'o on l'a fait venir par Java en Europe, mais trs-rarement-, que c'est un animal assez doux , qui s'apprivoise et s'attache aisment ; qui , par sa conformation , parvient imiter un grand nombre de nos actions ; mais dont l'intelligence ne parat pas s'lever beaucoup prs autant qu'on l'a dit , ni mme surpasser l)eaucoup celle du cbien. Camper a dcouvert et bien dcrit deux sacs membraneux qui communiquent avec les ven- tricules de la glotte de cet animal , et qui assourdissent sa voix ; mais il a eu tort de croire que les ongles man- quent toujours ses pouces de derrire. Le Gibbon noir. ( Simia Lar. ) Buff. XIV. ir. Couvert de grossiers et longs poils noirs 5 le tour du visage et les mains cendres ; presque point de front, et le crne fuyant en arrire; de petites callosits sur les fesses. Des. Indes orientales (1). Le Gibbon cendr , Vomvou. [Simia Lmcisca. Sc\\.)Mo- loch. Audeb. Fam. I. Sect. II , pi. 11. Semblable au prcdent j mais couvert d'une laine douce et cendre. Le visage noir. Commun Java et aux Molu- ques , o il se lient dans les roseaux et grimpe sur les plus bautes tiges de bandjou, s^y balanant avec ses longs bras. Dans les autres Orangs, les bras ne descendent que jus- qu'aux genoux ; ils n'ont point de front, et leur crne fuit lnmdialement derrire la crte des sourcils. () Le petit gibbon, dcrit par Danbenton , ne se trouvant plus ; il est diificile de dire si c'est une espce ou tme varit(!. Les gibbons en gnral ont t peu remarqus par les voyageurs , et on connat mal les limites des. pays o ils vivent. he ff de la cbine de iVe?/Ao/ parat un ttre fal-uleux , on lui fa- man^er des hommes. Le goIoJdx du Bengale , grand comme un liomme , flg. par Dcvisuje ^. Trans. phi!. LIX, pi. ni , n'est pas bien authen'fcfue, et ne peut dailleu^s tre le gibbon , dont il n'a pas les longs bras. 04 MA331FRES. Le Chimvans, (Simla Troglodites ^ I.) (i) Couvert de poils noirs , ou bruns, rares en avant. Si l'on s'en fiait aux rapports des voyageurs , il approcherait de la taille de l'iiomme , ou la surpasserait ; mais on n'en a vu encore en Europe aucune partie qui indiqut cette gran- deur. Il habite en Guine et au Congo j vit en troupes j se construit des huttes de feuillages , sait s'armer de pierres et de btons, et les emploie repousser loin de sa demeure les hommes et les lphants ; poursuit les ngresses et les etilve quelquefois dans les bois , etc. Les naturalistes l'ont presque tous confondu avec V Orang-Oiitang. En domesti- cit, il est assez docile pour tre dress marcher, s'as- seoir et manger notre manire. Tous les singes de notre ancien continent qui vont suivre, ont le foie divis en plusieurs lobes ; le ccum gros , court et sans appendice l'os hyode en forme de bouclier. Les Guenons. Vulg. Singes Queue. ( Cercopitiiecus Erxl. : en partie. ) A museai mdiocrement prominent ( de 60^) des aba- joues : une queue; les fesses calleuses; la dernire molaire d'en bas a quatre tubercules comme les autres. Leurs espces trs nombreuses , de grandeurs et de couleurs trs- varies , rempliss:nt l'Afrique et les Indes, vivent en troupes, et font de grands dgts- dans les jardins et les champs cuitivs. Elles ^'apprivoisent encore assez aisment. (1) C'e^t le quQJwi morou ou le satyre d'angola de Tulpius, qui en donne une mauvaise ligure. (Obs. med. p. 271.) Le /^yw^ec, beaucoup mieux repr- sent par Tyson. ( Anat. of a Py^niy, p!. i , ) et copie' par Schieher., pi. i B. Scotin en avait donn une autre figure passable copie Atnn. iicad. PI pi. l , f. 3 , et Schieb. i C. Ua individu qui ft vcu chez Biiffon , et que 3'on conserve au musum , est reprsent, quoique assez mal , Hist. nat, XIY, I, o il est nomm Jocko. Le mme individu est beaucoup mieux dans Lecat ( Trait du mouvement musc. , ;;/. 1 jjf;g. 1 , ) sous le nom de Quinipes ; c'est aussi !ui que donne Audsvsrt , uiuh d'aprs rempailla seulement. II ie nomme pcn^c\ QU ADiUMNES. Io5 VEntelle. (Simia entelus. Dufrcsiie. ) Audeb. Fam. JV. Sect. II , pi. II. Blanc jauntre ', les sourcils et les cj[uatre mains noires. C'est une des grandes espces, et de celles qui ont la queue la plus longue. Le Patas. (Simia rithra. Gm. ) 13uff. XIV, xxv^ xxvi. Fauve roux assez vif en dessus, blanchtre en dessous j un bandeau noir sur les yeux, quelquefois surmont de blanc j du Sngal. J,e Miingabej- collier. (Simia thiops.lj.) Buff. XIV, xxxTir, Brun de chocolat en dessus , blanchtre en dessous et sur la nuque ; calotte d'un roux vif, paupires blanches. Buffon le dit de Madagascar : Hasselquist d'Abyssinie; eu effet , Sonnerat affirme qu'il n'y a point de singes Madagascar. Le Mangabej- sans collier. ( Simia fidiginosa. Geoff. ) BalF. XIV , xxxTT. Brun de chocolat, unifonne en dessus, fauve p'e en dessous , les paupires blanches, Buffon le dit de Mada- gascar , et le croit une varit du prcdent. Le Maure. (Simia maura. L. ) I/adulte Edw. 3ii. Le jeune Sclneb. XXl. Tout noir, fauve dans la jeunesse. M. Lchenaud Fa pris plusieurs fois Java. Le Callitriche. (Simia saha, L.) Buff. XIV, xxxvir. Verdtre en dessus, blanchtre en dessous, face noire, joues blanchtres et touffues, bout de la queue jaune. Du Sngal. Le Malbrouc. Buff. (Simiafauniis.Gm.)!^^^. XIV,xxix. Simia cjnosuros scopol. Schr. Var. du caliitriche. Audeb. (i) Verdtre en dessus, cendr sur les membres, face couleur () Le ccrcop. harhalus de Clusius , que Linn. cite ccmrue exemple de ^ujauiius j c.stpiutl V.U ciiundcr^u nu\ui nuilhivuct loO M a:mmifpies. de cbalr , point de jaune la qncup, lui banJeau Waiic et v.n noir sur les sourcils. BufTon le dit du Bengale. Son ialapoin (jdI. xl) ne nous parat qu'un jeune malbiouc. La Mone. ( Simia mona et S. monaclia. Schr. ) BulT, XIV, XXXVI. Corps hrun, membres noirs, poitrine, intrieur des bras et lourde la tcte blanclitres ^ bandeau noir sur le front, une taclie blancbe de cliaque cot de la queue. JaQRoIowai. (Simiadiana.h.) Exquima TVIargr. (i) Audeb. 1V Fam. sect. II, pi. vi, et BufF. Supp. VU, xx. INoirtre pointill de blanc en dessus, blanc en dessous, la croupe d'un roux pourpr, la face noire entoure de blanc et une petite barbe blanchtre au menton. Le Moustac, {Simia cep/ius. L. ) Buff. XiV , xxxiv. Cendr bruiltre , une touffe jaune au devant de cKaque oreille , une bande bleu clair, en forme de chevron renvers , sur la lvre suprieure. XJ.'/scagne. [Simia pelaurisa. Gm. } Audeb. IV* Fam. sect. I, pi. XIII. Brun olivtre en dessus, gris en dessous, visage bleu, nezidanc , touffe blanche devant chaque oreille, moustache noire. Le Hocheur. [Simia nictiians. Gm. Audeb. ib.XIV. Noir brun pointill de blanc , le nez seul blanc au milieu (Vnw visage noir, le tour des lvres et des yeux roussatre. Ces cinq dernires espces, toutes petites, joliment varies en couleur, et d'un naturel trs-doux, sont communes en Gaine. U y a une rjrande g\ienon qui se fait remarquer par la forme extraordinaire de son nez, c'est (\) La figure , jointp la clescription de Texquima dans Margrave, est ccie dune ouarine," et celin de l'pxquima rst la descrip'ion de Vouarine on pf(ir;^in. C.rVe. transpo^^iiion .1 cansc depuis bcaucoi'p d'erreurs de s}T^o- nvaiie. QUADRUMANES. IO7 Le Nasique ou Kahaii, [Simia nasicii. Sclir. ) Buff. Supp. VII, XI et XII. Fauve, teint de roux, le nez excessivement long, en forme de spatule cliancre. Elle vit Borno en jurandes troupes, qui s'assemblent rtiatln et soir sur les branches des grands arl)res aux bords des rivires : kahau est son cri. On la dit aussi de la Cochincbine. Une autre guenon , galement assez grande , se distingue en ce qu'elle n'a point de callosits aux fesses (1) ; c'est Le Doue. ( Simia nemits. L. ) Bu 3*. XIV , xli. Le plus agrablement peint de tous les singes; corps et ])ras gris, collier roux et noir, touffes jaunes de chaque ct de la tl, bandeau noir sur le front, cuisses, mains et pieds noirs, jambes rousses, grande tache triangulaire sur le croupion et queue blanches. Il habite aussi la Cochincbine. Doue ou dok signifie singe dans ce pajs-l. Les Babouins. ( Paimo. Erxl.; Ont des abajoues et des caliosits co;^irnn les giionons ; mais leur museau est plus saillant, et leur dernire melielite d'ci bas a un tubercule impair de plus. Ils varient pour la longueur de la queue et pour celle du museau. La plupart sont plus ou moins froces; et tous ont un sac qui commu- ique avec le larynx sous le cartilage tjrode , et qui se remplit d'air quand ils crient. '^ous les divisons comme il suit : Les Magots. Ont le museau gros et mdiocrenlntlong; un pellt tubercule leur tient lieu de queue. (1) Je ne rcpondrais pas que les calositc'-i du doue du musum , le seul .qu'on ait vu en Europe , n'aient disparu lors de fempaillage. Je doute donc hcancOMp que le genre uislopys^a d^liger soit fond. Pennant indique aussi certaines guenons sans ponces, S. polycon^os et S.^/e/TM^///ea,dont liger a fait le genre coluhus , mais qui ne sont peut-tre pas assez authen- tiques. o8 MAMMIFERES. Le Magot (i). (Simia sjlvama; , pilhecits et inuiis. L. Gm. et Schr. ) BufF XIV, vu, viii. ^ Couvert tout entier d'un poil gris brun-clair; c'est de tous les singes celui qui supporte le plus aisiuent notre climat. Il est originaire de Barbarie , d'o on l'apporte souvent en Europe. Il produit quelquefois chez nous, et s'est mme naturalis dans les parties les moins accessibles du rocher de Gibraltar. Les Macaques (2) Se distinguent des magots par une queue plus ou moius longue , et des cynocphales, parce que leurs narines sont obliques la face suprieure du museau. Le Macaque crinire. (Sim, silenus et leonina. L. et Gm.) ' Ouanderou de BufF. Audeb. IP Fam. sect. I, pl. m. Noir; une crinire cendre et une barbe blanchtre lui entourent la tte. Il parat qu'il y a des individus blancs en tout ou en partie, et d'autres de diverses teintes de brua et de fauve. De Ceylaa. Le Bonnet chinois et la Guenon couronne de BufF. ( Simia sinica. Gm. ) BulF. XIV, xxx. Brun fauve assez vif dessus, blanc dessous j la face couleur (i) Le pithque dcrit par Buff. , Suppicni. VII , n'lait qu'un jeune ma- got. Son petit cynocphale , ib. , et les grands et petits cynocphales sans queue, de Prosper-AJpin , ne sont pas antre chose. Tl'i)KO(T ^^^ le iom grec du singe en gnral, et cekti dont Galien a donn l'analomie n'est autre chose qu'un magot , quoique Camper ait pens que c'tait l'orang-outang, parce qu'il avait mal entendu ce que Galien dit de son larynx. M. de Blainviile s'est aperu de cette mprise , et je l'ai cons- tate en corapaxant tout ce que Galien dit de ranaioraie du singe avec ces deux espces. (2)Macaco, macaque, est le nom gnrique des singes la cte de Guine et parmi les ngres transports aux colonies. Margrave en indique une es- pce, dont il dit qu'elle a nares elatas bijidas ; et ces mots vagues, em- ploys uniquement d'aprs lui , sont restes dans le caractre que ion appli- que au niaciique de Cullon , quciqu'cu i/y vtie lien de ici. Q tr A D K U M A K E S. 1 OQ e cliar, les poils du sommet de la tte disposs en rayons et formant une sorte de chapeau. Du Bengale , de Ceylan. I/Ais^relte. (Simia aj^gula.h.) BufF, XIV, xxi. Gris olivtre dessus , plus pale ou jauntre des ous; un bouquet de poils plus long au sommet de la tte. D'Afrique. Le Macaque de Buff. ( si^nia cj-nomol^os et cynoce- phalus. L. Buff. X1"V , xx. Yerdatre en dessus, jauntre ou blancliatre en dessous. De Guine et de l'intrieur de l'Afrique, d'o on l'importe quelquefois en Egypte. Deux espces de macaques se distinguent par une queue assez courte et grle. Le Maimon. (Simia nemesirina, L. et si>nia platypigos. Sclircb. ) Audeb. M*'. Fam. sect. I, pi. u (i). Brun fonc dessus ; une bande noire commenant sur la tte et s'affaiblissant le long du dos; jauntre autour de la lte et aux membres; queue grle pendant jusqu' moiti des cuisses seulement. Le Rhsus. Audeb. Patas queue courte, ib. pi. iy, et BulT. Supp. XIV , pi. xv ; le premier maimon repr- sent par Buff. XIV, pi. xix (2}. Gristre; teint de fauve la tte et au croupion, quel- quefois sur tout le dos (5). Les Cynocphales (CY^'ocEPITAL.us. G.) Ont un museau qui est allong et comme tronqu au I)out , o sont perces les narines, ce qui le fait ressembler celai (1) La seule bonne figure est celle d'Audebert. Celle de Buffon appar- tient plutt au rhsus. (2^' Les deux individus qui ont servi Audebert sont an musum. Je les ai examins ; ils ne font qu'une espco. (3) Le macaque queue courte de Bnff. , SnppL VIT , pi. XIII ( Sim. crythra , Schr.) me parat un vrai macaque ( cynomvigos) , dont la queue tait coupe. Audeberi J'a confondu tort avec son rhsus . qni est le patas 4 queue courte de Buffon. liO MAMMIFRES. u'un chien plus que ceux des autres singes j leur queue varie en longueur. Le P avion. BufF. [Simia spJijnx. L.) D'un jaune verdtre tirant plus ou moins sur le brun ; le visage noir, la queue longue (i). On en voit de plusieurs grandeurs qui ne diffrent probablement que par Tge. Adulte, il effraie par sa frocit et sa lubricit bj utale. De Guine. Le Papion noir. { Simia porcaria. Bodd. Ursina. Penn. Sphj'ngiola. Herni. La guenon face allonge. Penn. , et Bufi". Supp. Vil, pi. sv. Singe norr de Vaillant.) (2) D'un noir glac de jauntre ou de vrrdlre, surtout au front, du reste semblable au prcdent pour la forme et pour les murs. Du Cap. Le Tartarin de Belon , ou Papion perruque. {Simia ha- madrj-as. Linn. Papion face de chien. Penn. Sinu^e de Moco, Buff. Supp. \'I, x (5). D'un cendi un peu bleutre; les poils ducamail et surtout ceux des cts de la tl trs-louiis: le visa;e couleur de chair. Ce grand singe est aussi l'un des plus lubriques et des plus horriblement froces. Il vit en Arabie. L Papion queue courte. {Sim silvestris. Scbreb. Papion des bois. Penr. Sim. Lucopha. Fred. Cuvier, Ann. du Mus. d'hist. natur. ) Gris jauntre clair; le visage noir, la queue trs-courle et irrs-menue. (1) Ceux qui on la reprsente courte couuiie les papions de EulTon , XIV, pi. XI u ef XIV , etc. , Fuyaient coupcie. La meilleure figure a t donne par M. Bron^niard (choix de JNlcui. d'hist. nat.) , niais sous le nom impropre de sim. cynocephalus, E41e est copie dans Schrebcr , pi. xiii B. (oi) Toutes ces espces factices ne tiennent qu'au plus ou moins boa tat CCS individus , ou leur ge. (3) Copi dans Schreber, mais mal enlumin. Voyez aussi Belon , Por- traits d'ois. , fol. 101 , vers. Gesner 8G2. QUADRUMANES. III Les Maki)Rili.s Sont de tous les singes ceux qui ont le museau le plus long (de 5o) ; leur queue est trs-courte j Ils sont aussi ivl^- brutaux et trs-froces. On n'en connat qu'une espce. Le Mandrill y Boggo , Choral. Buff. XIV, xvi , xvii, et Supp. y\\, IX. {Slmia maimvn.et mormon, Linu. ) Gris brun, olivtre en dessus^ une petite barbe jaune citron au menton, les joues bleues et sillonnes. Les malts adultes prennent un nez rouge surtout au bout o il devient carlate; et c'est mal propos qu'on en a fait une espce particulire (i). Les parties gnitales et le tour de l'anus ont la mme couleur. Les fesses sont d'une belle teinte violette. On ne peut se figurer un animal plus extraordinaire et plus hideux. Il atteint presque la taille de l'homme. Les ngres de Guine le redoutent beaucoup. On a ml plusieurs traits de son histoire celle duchimpansj et par suite celle de l'orang-outang. Les Pongos (2) Ont les longs bras et l'absence de queue des orang- outangs, avec les abajoues des guenons et babouins , et une forme de tte toute particulire ; le front en est trcs-recu , le crne petit et comprim ; la face de forme p^^ramidale , cause de l'lvation des branches montantes de la mchoire infrieure, qui indique dans les organes de la voix quelque disposition analogue celle qui a t observe dans les alouat- (i) Nous avons vu nous-mmes , ainsi que M. Geoffroy , deux ou trois mandrills ou S. viaimon se changer en choras ou S. mornion , dans la iuuagerie du mustun. Le bouquet de poil qu'on ajoute comme caractre du mormon est souvent aussi dans le maimon. (a) Ce nom , corrompu de celui de boggo , qvie l'on donne en Afrique au chimpans ou au mandrill , a ic appliqu , par Buffon , ;\ une grande espce d'orang-outang, qui n'tait qu'un produit imaginaire de ses com- binaisons; Wurmb l'a transport cet animal-ci , qu'il a dcrit le premier , et dont Buffon n'avait nulle ide. Mm. de la soc. d^ Batavia , tome l , page 245. I2 MAMMIFRES. tes. On sait dj qu'ils ont unepoclie membraneuse atliirente au larynx, comme les babouins. On n'en connat encore qu'une espce, qui estle plus j:;rand de tous les singes , et l'un des animaux les plus redoutables. Elle est brune , face et mains noirtres, et habite Bor- no. Plusieurs des traits de son histoire ont sans doute aussi t mls celle de l'orang-outang, d'autant que la longueur de ses bras , celle des apophyses pineuses de ses vertbres cervicales, la lubrosit de son calcaneum peuvent lui faci- liter la station verticale, malgr l'allongement de son mu- seau , et que sa taille est peu prs celle de l'homme. Son squelette est reprsent , Audeb. , pi. ii , f. S. Les Sapajous ou Singes d'Amrique Ont quatre mchelires de plus que les autres, trente-six dents en tout , la queue longue , point d'abajoues , les fesses velues et sans callosits , les narines perces aux cts du nez , et non en dessous. Tous les grands quadrumanes du nouveau continent appartiennent cette division 5 leurs gros intestins sont moins boursoufHs , et leur ccum plus long et plus grle que dans les prcdens. Les uns ont la queue prenante ; c'est--dire , que son extr- mit peut s'entortiller avec assez de force autour des corps pour les saisir comme une main. Ils retiennent plus particu- lirement le nom de Saiajoi s. ( Cebus erxleben. ) A leur tte peuvent se mettre les Alouattes ( Mycetes. lh*g.), qui se distinguent par une tte pyramidale, dont la mchoire suprieure descend beaucoup plus bas que le crne , attendu que l'infrieure a ses branches montantes trs-hautes , pour loger un tambour osseux , form par un renflement vsicu- laire de l'os hyode, qui communique avec leur larynx, et donne leur voix un volume norme et un son effroyable. Del leur nom de Singes hurleurs. La partie prenante de leur queue e&t nue %X calleuse en dessous. OTTBITTMANES. I l3 X^Aloiiatte ordinaire ( Simia senicidus ) , vulg. Hurleur roux. Buf. , Su{>. , YI, XXV. Des bois de la Guyanne , o elle vit en troupes ; de la taill d'un fort renard j d'un roux-maron vif. JJOuarine, ( Sim, Beelzehut. L. ) (i) , vulg. Hurleur brun ^ Caraj^a de d'Azzara, Guariba de Margr. Commune au Brsil , au Paraguai ; le mle est noir des- sus , roux dessous , la femelle bruntre (2). Les Sapajous ordinaires. Ont la tte trs-plate , le museau peu prominent. ( Angle fac. de 60**. ) 11 en est quelques-uns dont les pouces de devant sont ca- chs sous la peau, et la partie prenante de la queue nue en dessous. M. Geoffroy en fait un genre sous le nom d'AxLEs (3). La premire espce , le chaniek ( ateles pentadactylus , Geoff. ) y diffre encore des autres , parce qu'elle a le pouce un peu saillant, quoique d'une phalange seulement, et sans ongle , et que sa mchoire infrieure est presque aussi haute que celles des alouattes ; aussi a-t-elle un os hyode a&sez semblable au leur : tout son pelage est noir. Le Coata. ( siinia paniscus. L. ) Buff. , XV, i. Couvert tout entier d'un poil noir, comme le chamek, mais absolument sans pouce visible. Le Coata face borde. {Aleles margijiatus. GeolT.) Ann. mus. Xlil , pi. x. Noir , un bord de poils blancs autour de la face. Le Coata ^ventre hlanc. (Simia Beelzehut. Briss.) Geoff, Ann. mus. VU , pi. xvi. Noir en dessus, blanc en dessous ; le tour des yeux cou- leur de chair. Le Coatafaui^e {Ateles arachnodes. Geoff.) An. mus. XIII , pi. IX. Fauve ou roux. (i) Le beizhut de Brisson est un coata. {1) Ajoutez les espces ou varit Ils ont quatre incisives en (i) Ajoutez : PkyUost. elongalum, Geoff. Ann. mus. XV, ik. JlS MAMMIFRES. Las et deux Irs-pelites en haut dans un os intermaxll]aire cartilagineux. Il y en a deux espces trs-communes en France et dcouvertes par Daubenton. Le grand Fer cheval ^ ( Fesp. ferrum equinum. L. ) BufT. o\i Rhmolopiie hifer , GeoF. Ann. mus. XX, pi. v, et le ^ petit, ( Vesp. hipposideros. Bechst. ) BufF. YIII , xvii , 2 et XX. GeoiT, oc. cit. Qui liaLilent les carrires, s'y tenant isols, suspendus par les pieds, et s'enveloppant de leurs ailes de mnnire ne laisser voir aucune autre partie de leur corps (i). LesNyctres. ( Nycteris. Cuv. et Geoff. ) Dont le chanfrein est creus d'une fossette marque mme sur le crne et dont les narines sont entoures d'un cercle de lames saillantes. Ils ont quatre incisives en haut sans intervalle et six en bas; leurs oreilles sont grandes, non runies, et leur queue est comprise dans la membrane interfmorale. Ce sont des espces d'Afrique. Daubenton en a dcrit une (lev. hispidus. Linn. ) j M. Geoffroy en a trouv d'autres en Egypte (2). Les Plhynopomes. (Geoff. ) Ont une fossette moins marque, les narines au bout du museau et une petite lame au-dessus j leurs oreilles sont runies, et leur queue dpasse de beaucoup la membrane. On en connat un d'Egypte, o il se tient surtout dans les pyramides (5). Les Taphtens. (Thaphozous. Geoff.) Ont autsi une fossette au chanfrein : mais leurs narines n'ont point de lames releves, et on ne leur compte que deux (i) Ajoutezles quatre autres espces reprsentes. Geoff. Ann. mus. , XX, pi. V , dont une est le vesp. speoris. Schn. (2) Nyctcre de la Thbaue , 29. Mammif. , \ , 1 , 3. (5) Rhinopome JMicropJiflh, Geoff. FespecUlio Micro PhyJlus. Stlir. Cfl^ASSERS. iig mcsWes en haut et quatre en bas; leurs oreilles sont cartes et leur queue libre au-dessus de la membrane. M. Geoffroy en a dcouvert une espce dans les catacombes d'Egypte (.). Les Chauve-souris communes ou Vespek tilions. ( Vespertilio. Cuv. et Geoff. ) Qui ont le museau sans feuilles ni autres marques distinc- tives, les oreilles spares, quatre incisives en haut, dont les deux moyennes cartes , et six. en bas tranchant un peu dentel : leur queue est comprise dans la membrane. Ce sous- genre est le plus nombreux de tous ; on en trouve des espces dans toutes les parties du monde. Nous en comptons six ou sept en France; la premire est connue depuis long-temps. La Chauve-souris ordinaire. {Fesp. murinus. Lin.) Buff. YIl,xvi. Grise, oreilles oblongues de la longueur de la tte. . Les autres espces n'ont t dcouvertes que par Dau- benton , telles sont : La Srotine, ( V. serotinus. L. ) Buff. YIII , xviii, 2. Fauve, ailes et oreilles noirtres, la conque de celles-ci triangulaire, plus courte que la tte , l'oreillon pointu. On la trouve sous les toits des glises et autres difices peu frquents. ha. Nodule. [V. noctula. L. ) BuIF. VIII, xvin, i. Brune, oreilles triangulaires, p luscourtes que la tte, l'oreillon arrondi. Un peu plus petite que la prcdente. On la trouve dans les creux des vieux arbres, etc. La Pipistrelle ( V. pipistrellus. Gm. ) Buff. VIII, xix , i. La plus petite de ce pays-ci; brune, oreilles trian- gulaires, l'oreillon aussi (2). (1) Le Taphien filet. "Eg. mammif. , I , i , i. Le taphieu perioi ^ ib. III , L. Ajoutez le Vesp. lepiurus. {1) Voyez pour les autres espces de vespertilions le mmoire de M. Geoff. , Ann. du mus. , YIII , p. 187. TOME I. 9 l3o MAMMIFRES. M. Geoffroy spare encore des vesperlilions Les Oreillards. (Plecotus. GeoiT.) Dont les oreilles, plus grandes que la lle^ sont unies l'une l'autre sur le crne, comme dans les megadermes , les ililnopomes, elc. L'espce vulgaire {Vesp, auritus. L. ) Buff. VIII, 3.V1I, I. est plus commune encore ici que la chauve-souris; ses oreilles galent presque son corps. Elle habite les maisons, les cuisines, elc. Nous en avons une autre dcou- verte par Daubenton, la harbaslelle. {VeF'p, barhastellus, Gm. ) Buff. VIII, XIX, '1. Brune, oreilles Lien moins grandes. Les GalgpithqueSj ( Galeopithecus , Pall.) , vug. Cliats volaiis. Diffrent gnriquement des chauve-souris , parce que les doigts de leurs mains, tous garnis d'ongles Iranchans , ne sont pas plus allongs que ceux des pieds 3 en sorte que la membrane qui en occupe les intervalles et s'tend jusqu'aux cts de la queue , ne peut gure remplir que les fonctions de paracLute. Leurs canines sont denteles et courtes comme leurs molaires. En haut sont deux incisives aussi dente- les, trs-cartes l'une de l'autre; en bas six, fen- dues en lanires troites comme des peignes, struc- ture tout--fait particulire ce genre. Ces animaux vivent vSur les arbres dans Tarchipel des Indes, et y poursuivent les insectes, et peut-tre les oiseaux : en juger par la dtrition que leurs dents prouvent avec l'ge , ils doivent aussi se nourrir de fruits. \\s ont un grand ccum. On n'en connat distinctement qu'une espce , pelage gris-roux en dessus ^ roussalrc en dessous, varie cl ravc^e CARNASSIERS. l3l Je diferens gris dans la jeunesse. C'est le Lemur -volans Lin., Audeb. , Gaaeop. , pi. i et n. Elle liabite aux Mo- luques ; aux les de la Sonde, etc.... Tous les autres carnassiers ont les mamelles situes sous le ventre. LES INSECTIVORES Qui informent la deuxime famille , Ont 5 comme les chiroptres , des mchelires hrisses de pointes coniques , et une \ie noc- turne ou souterraine : ils se nourrissent princi- palement d'insectes , et dans les pays froids beaucoup d'entre eux passent l'hiver en lthar- gie, lis n'ont pas , comme les chauve-souris , de membranes latrales , et ne manquent cepen- dant jamais de clavicules ; leurs pieds sont courts et leurs mouvemens faibles ; leurs mam- melles places sous le ventre, et leur verge dans lui fourreau ; aucun n'a de ccum , et tous appuient la plante entire du pied sur la terre en marchant. Il y en a deux petites tribus distingues par la position et la proportion relatives de leurs incisives et de leurs canines. La premire a deux longues incisives en avant , suivies d'autres incisives et de canines toutes plus courtes mme que les molaires. Ce genre de dentition, dont les tarsiers ^ parmi les 32 M A M M i F il E S . quadrumanes, nous ont dj donn un exemple , rapproche un peu ces animaux des rongeurs. Les HRISSONS ,( Erinaceus j Lin. ) Ont le corps couvert de piquans au lieu de poils. La peau de leur dos est garnie de muscles tels que l'animal , en flchissant la tte et les pattes vers le ventre , peit s'y renfermer comme dans une bourse , et prsenter de toutes parts ses piquans Fennemi. Leur queue est trs-courte , et tous leurs pieds ont cinq doigts. Leurs deux incisives mitoven- nes suprieures sont cartes et cylindriques. JjQ Hrisson ordinaire. (Erinaceus europus.) Buff. VJIJ, vi. A oreilles courtes, assez commun dans les bois et dans les haies j passe l'hiver dans son terrier, et en ressort au printemps avec des vsicules sminales d'une ampleur et d'une complication incroyables. Aux insectes qui font son rgime ordinaire, il mle les fruits qui lui usent un cer- tain ge les pointes de ses dents. On se servait autrefois de sa peau pour serancer le chanvre. Le Hrisson longues oreilles. ( Erinaceus auritus. ) Schreb. CLXIII. Plus petit que le vulgaire, oreilles grandes comme les deux tiers de la tte; d'ailleurs semblable au ntre par la forme et par les moeurs : il habite depuis le nord de la mer Caspienne jusqu'en Egypte (i). Les Musaraignes , ( Sorex, Lin. ) Sont des animaux gnralement beaucoup plus petits que les hrissons , et couverls de simples (l) Pallas a remarqu, comme un fait intressant, que les hrissons mangent des centaines de caniliaridessansen souffrir , tandis qu'une seule cause des lournaens horribles aux chiens et aux chats. C AI\?> ASSI ERS. l33 poils au lieu de piquans. Sur chaque flanc on leur trouve , sous le poil ordinaire , une petite bande de soies roides et serres, entre lesquelles suinte une humeur odorante, produite par une glande particu- lire (r). Leurs deux incisives suprieures mitoyennes, sont crochues et dentes la base. Elles se tiennent dans des trous qu'elles creusent en terre , ne sortent gure que vers le soir, et vivent de vers et d'insectes. On nen a long- temps remarqu en France qu'une espce. La Musaraig7ie commune ou Musette. { Sor. araneus , Lin. )Buir., ViH.x, I. Grise, queue carre, aussi longue que le corps: elle est as- sez npandue la campagne dans les prs, etc. On l'a accuse de causer une maladie aux chevaux par sa morsure ; mais cette imputation est fausse , et lient peut-tre ce que les chats tuent bien la musaraigne, mais refusent de la manger cause de son odeur. Daubenton en a fait connatre une autre. La Musaraigne d'eau, {Sorexfodiens,Gn.) BuIF. "VIII, xi. Noire dessus, blanche desscTus , queue carre, longue comme le corps : sou oreille peut se fermer presque her- mtiquement quand elle plonge , au moyen de trois valvules qui rpondent l'hlix, au tragus et l'antitragus , et les cils roides qui bordent ses pieds , lui donnent de a facilit pournager j aussi frquente-t-ele de prfrence les bords des ruisseaux. Herman , M. Gal et M GeoiFroy en ont ajout encore quelques-unes (2). I I - - I . I I I H-a-L-i- _i -^ I I MiMi -i - Il I Bi-r I - ^ (i) "Voyez Geoff. Mra. du mus. , tome I , p. 299. (-2) Sorex tetragonurus lierm. Schreb. CLTX. B. S. constrictits, Id. ib. C. t Geoff. anu. mus. XVI , ni , r. S. reniifcr , Geoff. ib. Il , I. i.leucoon. herra. Schreb. CLIX. D. Voyez aussi pour les espces clrangres,- Geoff. ib. p. jictsuiy, et M. du uu?, . tome , pi. XV, f, . o / 104 MAMMIFRES. Les Desmans ^ ( Mygale , Cuv. ) Diffrent des musaraignes par deux trs - petites dents places entre les deux grandes incisives d'en bas , et parce que leurs deux incisives suprieures sont en triangle et applaties ; leur museau s'allonge en une petite trompe trs-flexible, et qu'ils agitent sans cesse ; leur queue longue , cailleuse et applatie sur les cts , et leurs pieds cinq doigts , tous runis par des membranes , en font des animaux aquatiques. Ils ont l'il trs-petit, et point d'oreilles extrieures. Le Desman de Russie ^ vulg. Rat musqu de Russie. ( Sorex moschatus , Lin. ) BujQT. X^ i. Presque aussi grand qu'un hrisson, d'un gris-cendr , fort commun le long des rivires et des lacs de la Russie mridionale. Il s'j nourrit de vers , de larves d'insectes , et surtout de sangsues , qu'il retire aisment de la vase avec son museau mobile y son terrier , creus dans la berge , commence sous l'eau , et s'lve de manire que le fond reste au-dessus du niveau dans les plus grandes eaux. Cet animal ne vient point sec volontairement-, mais on en prend beaucoup dans les filets poissons. Son odeur mus- que vient d'une pommade scrte dans de petits folli- cules qu'il a sous la queue. Elle se communique mme la chair des brochets qui mangent des desmans. On trouve dans les ruisseaux des Pyrnes une petite es- pce de ce genre , que M. Geoffroi a fait connatre. Ann, du Mus. , lom. XVll 5 pi. IV , f. I . Les Scalopes. (Scalops, Cuv.) Joignent aux dents des desmans , et au museau simplement pointu des musaraignes, des mains larges et armes d'ongles forts , en un mot propres creuser CAPtN ASSIERS, l35 la terre , et eiilirement semblables celles des taupes* Aussi ont-ils le mme genre de -vie. La seule espce connue , Lie Scalope du Canada. ( Sorex aquailcus , Lin.) Sclireb. , CLVII. Parat habiter dans une trs-grande partie de l'Amrique septentrionale , le long des rivires. Les CmiYSocHLORES (Chrysochloris, Lacep. ) Ont encore , comme les deux genres prcdens , deux incisives en haut et quatre en bas; mais leur museau est court, large et relev , et leurs pieds de devant ont seulement trois ongles , dont Fextrieur trs-sros et les autres allant en diminuant : ceux de derrire en ont cinq. Ce sont aussi des animaux souterrains, dont l'avant-bras est soutenu, pour creu- ser, par un troisime os plac sous le cubitus. La Chrysochlore du Cap , vulg. aupe dore. ( Talpa asia- f/frt, Lin.) Sclireb. , CLVII^ et mieux, Brown. , IILXLY. Un peu moindre que nos taupes , sans queue apparente ; le seul quadrupde connu qui prsente quelques nuances de ces beaux reflets mtalliques dont brillent tant d'oiseaux , de poissons et d'insectes. Son poil est d^un vert c]iangent on couleur de cuivre ou de bronze ; ses oreilles n'ont au- cune conque, et l'an ne peut apercevoir ses yeux (i). La seconde tribu des insectivores a quatre (i) La taupe rouge d'Amrique de SLa , I , pi. xxxii , f . i , ( talpa iiibra L. ) est irs-prohablement du genre de la clirysoclore j mais le tiican de Fernandes ; ap. XXIV, que l'on confond avec elle , parat plutt un rat-taupe , h. cause de ses deux longues dents chaque mchoire et de son rgime vge'taL C'est probablement aussi cette premire tribu de insecti- vores qu'appartient \a. taupe longue queue, penn, arct. zool. n 68 j mais on hq connat pas assez sa dentition pour la placer. 66 MAMMIFRES. grandes canines cartes 5 entre lesquelles sont de petites incisives, ce qui est la disposition la plus ordinaire aux quadrumanes et aux carnassiers. On y retrouve des formes et des habitudes analogues celles de la tribu prcdente. Ainsi Les Tenrecs, Cuv. (CENTENES^lligor.) Ont le corps couvert d'pines comme celui des hrissons ; mais , outre la grande diffrence de leurs dents, il manque aux tenrecs la facult de se rouler aussi compltement en boule : ils n'ont pas de queue; leur museau est trs-pointu. On en trouve Mada- gascar trois espces j dont la premire a t natura- lise rile-de-France. Ce sont des animaux noc- turnes , qui passent trois mois de Tanne en lthargie , quoique habitans de la zone torride. Bruguire assure mmeque c'est pendant les plus grandes chaleurs qu'ils dorment. Le Tenrec. {Erinaceus ecaudaius , Lin.) Buff. , Xl , lvi. Couvert de piquans roides , incisives chancres , au nombre de quatre seulement en bas. C'est le plus grand des trois : il surpasse notre hrisson. Le l'endrac. ( Erinaceus setosus , Lin. ) Buff. XII , lvii. A piquans plus flexibles , plus semblables des soies ; six incisives cliancres chaque mchoires. Le Tenrec ray (i), {Erinaceus semispinosus. ) Couvert de soies et de piquans mls, ray de jaune et (i) Buff. Suppl. m, pi. xxxvTi , l'a pris , mal a propos, pour un jeune tenrec. Soniierat , voy. h Chine , II , p. /\6, en ciccrit mal les. deuts CARNASSIERS. iSy Je noir; ses incisives au nombre de six, et ses canines, sont toutes grles et crochues : il est peine de la taille d'une jLaupe. Les Taupes. ( Talpa , Lin. ) Sont connues de tout le monde par leur vie sou- terraine, et par leur forme minemment approprie ce genre de vie. Un bras trs - court , attach par une longue omo- plate, soutenu par une clavicule vigoureuse, muni de muscles normes, porte une main extrmement large , dont la paume est toujours tourne en dehors ou en arrire : cette main est tranchante son bord infrieur ; on y distingue peine les doigts ; mais les ongles qui les terminent sont longs , forts , plats et tranchans. Tel est l'instrument que la taupe emploie pour dchirer la terre et pour la pousser en arrire. Son sternum a , comme celui des oiseaux et des cbauve-souris , une arte qui donne aux muscles pectoraux la grandeur ncessaire leurs fonctions. Pour percer la terre et la soulever , la taupe se sert de sa tte allonge , pointue , dont le museau est arm au bout d'un osselet particulier , et dont les muscles cervicaux sont extrmement vigoureux. Le ligrament cervical s'ossifie mme entirement. Le train de derrire est faible , et l'animal , sur la terre , se meut aussi pniblement qu'il le fait avec vitesse dessous. Il a l'oue trs-fine et le tympan trs-large , quoique l'oreille externe lui manque; mais son il rsl si petit, et tellement cach par le poil, qu'on en a ni long-temps l'existence. Ses mchoires sont iaibles, et sa nourriture ouf^isle en insectes^ en vers l38 MAMMIFRES. et en quelques racines tendres. On lui compte six incisives en haut ^ huit en bas. Noire Taupe commune, (Talpa europa ^ Lin.) Buf^ YII, XII. A museau pointu , poil fin et noir : on en trouye quelques individus blancs , fauves et pies. C'est un animcd trs-incommode par les dgts qu'il fait dans les terrains cultivs. La Taupe museau toile du Canada. ( Talpa cris- tata, Sorex cristatus , Lin. ) (ij. A les deux narines entoures de petites pointes cartilagi- neuses et mobiles , qui reprsentent une sorte d'toile quand eltes s'cartent en rayonnant. Elle est moindre que notre taupe , noirtre , et a la queue moiti plus courte que le corps et un peu velue. LES CARNIVORES Formeront une troisime famille de carnassiers. Quoique l'pithte de carnassiers convienne tous les onguiculs a trois sortes de dents non quadrumanes, puisque tous se nourrissent plus ou moins de matires animales , cependant il en est beaucoup, et spcialement les deux familles prcdentes, que leur faiblesse et les tubercules coniques de leur mchelires rduisent presque vivre d'insectes. C'est dans la famille actuelle (t) Nous nous sommes assurs , par l'inspection de ses dents , que c'est une vraie taupe et non pas un sorex. C'est le condylura d'Iliger , mais l?s caractres , pris de la figure de La Faille et de Buff. , suppl. VI , xxxv^?, . en sont faux. CARNASSIERS. iSg que Tapptit sanguinaire se joint la force n- cessaire pour y subvenir. Elle a toujours quatre grosses et longues canines cartes , entre les- quelles sont six insives chaque mchoire, dont la seconde des infrieures a toujours sa racine un peu plus rentre que les autres. Ses molaires sont toujours , ou entirement tranchantes , ou mles seulement de parties a tubercules mousses , et jamais hrisses de pointes co- niques. Ces animaux sont d'autant plus exclusive- ment carnivores que leurs dents sont plus com- pltement tranchantes , et l'on peut presque calculer la proportion de leur rgime d'aprs l'tendue de la surface tuberculeuse de leurs dents compare la partie tranchante. Les ours c]ui peuvent entirement se nourrir de vgtaux j ont presque toutes leurs dents tuber- culeuses. Les molaires antrieures sont les plus tran- chantes ^ ensuite vient une molaire plus grosse que les autres, qui a d'ordinaire un talon plus ou moins large tuberculeux , et derrire elle on trouve une ou deux petites dents entirement plates. Aussi , c'est avec ces petites dents du fond de la bouche queles chiens mchent l'herbe qaiis avalent quelrpiefois. Nous appellerons , 1 lO ' MAMMIFRES. avec M. Frdric Cuvier , cette grosse molaire d'en haut , et celle qui lui rpond en bas , car- nassires , les antrieures pointues , fausses molaires , et les postrieures mousses , tuber- culeuses. On conoit facilement que les genres qui ont moins de molaires , et dont les mchoires sont plus courtes , sont ceux qui ont le plus de force poiu^ mordre. C'est d'aprs ces diffrences que les genres peuvent s'tablir le plus srement. Il faut cependant y joindre la considration du pied de derrire. Plusieurs genres appuient, comme tous ceux des deux familles prcdentes , la plante en- tire du pied sur la terre , lorsqu'ils marchent ou qu'ils se tiennent de bout , et l'on s'en aperoit aisment par l'absence de poils sous toute cette partie. D'autres en plus grand nombre ne marchent que sur le bout des doigts en relevant tout le tarse. Leur course est plus rapide , et a cette premire diffrence s'en joignent beaucoup d'autres dans les habitudes et mme dans la conformation intrieure. Les uns et les autres n'ont pour toute clavicule qu'un rudiment osseux suspendu dans les chairs. C li N A s s I E K $. 1 4 I LES PLANTIGRADES. Forment cette premire tribu , qui marche sur la plante entire , ce qui leur donne plus de facilit pour se dresser sur leurs pieds de der- rire. Ils participent la lenteur, a la vie noc- turne des insectivores , et mancpent , comme eux 5 de ccum : la plupart de ceux des pays froids passent Fhiver en lthargie. Ils ont tous cinq doigts a tous les pieds. Les Ours, (Ursus. Lin.) Ont trois grosses molaires de fchaque cot (i), dans chaque mchoire , entirement tuberculeuses; aussi, malgr leur extrme force , ne mangent-ils gure de chair que par ncessit. C'est la pnultime d'en haut qui reprsente la carnassire; la dernire, qui re- prsente une tuberculeuse , est la plus grande de toutes ; 'en avant des trois , est encore une molaire pointue , et dans l'intervalle entre elle et la canine , une ou deux trs-petites dents simples espaces, et qui tombent souvent sans inconvnient. Ce sont de grands animaux corps trapu, . mem- bres pais, queue trs-courte : le cartilage de leur nez est prolong et mobile. Ils se creusent des antres ou se construisent des cabanes o ils passent l'hiver dans ime somnolence plus ou moins profonde , et (i) iV. B. Nous ne rpterons plus ces mots de chaque cot , etc. . . il est entendu que nous ne parlerons plus que des molaires d'un ct , celles tU- l'anire tftal le Uimcs. l421 MAMMIFRES. sans prendre d'alimens. C'est dans cette retraite qi la femelle met Jjas. Les espces ne se distinguent pas aisment par des caractres sensibles. On compte : JJOurs brun d^ Europe. ( Ursus arctos j Lin.), BulF. , YIII , XXXI. A front convexe , pelage brun , plus ou moins laineux ; on en voit de presque jaunes, d'autres d'un brun lisse re- flet, presque argents :. la hauteur relative de leurs jambes varie galement , et le tout sans rapport constant avec l'ge ou le sexe. La livre du premier ge est un collier blan- chtre. Cet animal habite dans les hautes montagnes et dans les grandes forls de toute l'Europe et d'un grande partie de l'Asie j il s'accouple en juin, met bas en janvier ; niche quelquefois trs-haut dans des arbres j sa chair est bonne manger quand il est jeune : on estime ses ptes tout ge. On croit pouvoir en distinguer Vours noir d* Europe : ceux qu'on nous a donns pour tels, avaient le front plat et le pelage laineux et noirtre-, Vours des Indes , h. pelage noi- rtre, avec une tache blanche sur la poitrine j etc.... Une espce plus certainement diffrente ) est UOurs noir d'Amrique, ( Ursus yimericanus , Gm. Cuv. , Mnag. du Mus. , in-8'* , II, p. ij3. A front plat, pelage noir et lisse , museau fauve. Nous lui avons toujours trouv les petites dents derrire la canine plus nombreuses qu'aux ours d'Europe : il a quelquefois un tache fauve au-dessus de chaque cil, et du blanc ou du fauve la gorge ou la poitrine. On en a vu des individus entirement fauves. Il vit ordinairement de fruits sauvages , dvaste souvent les champs, et se rend la cte , pour y pcher, quand le poisson est abondant. Il n'attaque gure les quadrupdes que faute d'alimens. On estime sa chair. On dit qu'il y a encore en Amrique un ours gris plus grand que le noir , mais qui n'a pas t dcrit avec soin. CARNASSIERS. ll\3 UOurs blanc de lamer glaciale. ( Ursus maritimus. Lin.) Cuv. , Mnag. du Mus., in-S" , p. 68. Est encore une espce bien distincte par sa tte allonge et applalie , et par son pelage Liane et lisse. Il poursuit les phoques et autres animaux marins. Des rcils exagrs de de sa voracit Pont rendu fort clbre. Les Ratons (Procyon. Storr. ) Ont trois arrire-molaires tii])erciileuses , el trois petites molaires pointues en avant , formant, une s^ rie conlirme jusq^aux canines. Leur queue est lon- gue 3 mais tout le reste de leur extrieur reprsente en petit celui de Tours. Ils n'appuient la plantq entire du pied que lorsqu'ils sont arrts y et relvent le talon quand ils marchent. Le Raton on Raccoon des Anglo-Amricains, Mapach des Mexicains. ( Ursiis lotor , Lin. ) BufF., YI1I_, xi.111. Gris-brun, le museau blanc, un trait brun en travers des yeux, la queue annele de brun et de blanc ; animal de la taille d'un blaireau, assez facile apprivoiser, qui ne mange rien sans l'avoir plong dans l'eau. Il vient de l'Am- rique septentrionale, se nourrit d'oeufs, cUasse aux oi- seaux, etc.... Le Raton crabier, ( Ursus cajicrivorus. ) BufF. , sup. YI , XXXII. Cendr-brun clair uniforme -, les anneaux de la queue moins marqus. De l'Amrique mridionale. - Les Coatis (Nasua^ Storr. ) Joignent aux dents, la queue ^ la vie nocturne et la marclie tranante des ratons , un nez sing^u- lirement allong et mobile. Leurs pieds sont demi- palms , et cependant ils grimpent aux arbres leurs ongles allongs leur servent fouir. Ils viennent des l44 MAMMIFRES. parties chaudes de rAmrique , et se nourrisserit a peu prs comme nos martes. Le Coati roux, {^riverra nasua ^ Lin.) Buff. "VIII, xlviii. Fauve-rousstre , le museau et des anneaux la queue bruns. Le Coati brun. [Viverra narica , Lin.) Buff. VIII , XLvnr. Brun , des taches hlanches l'il et au museau. On ne peut gure placer qu'ici le genre singulier des KiNKAJOus ou Potto,Cuv. (^Cercoleptes ^ Iliger), qui joint la marche plantigrade, une queue longue et prenante comme celle des sapajous , un museau court, une langue grle et extensible; deux mche- lires pointues en avant, et trois tuberculeuses en arrire. On n'en connat qu'une espce ( viverra caudipoluula , Gm. ) Buff. 7 sup. m , L , des parties chaudes de l'Amrique et de quelques-unes des grandes Antilles , o elle se nomme poto ; grande comme vme fouine^ poil laineux, d'un gris ou brun jauntre -, nocturne, d'un naturel assez doux, et pouvant vivre de fruitS; de miel , de lait , de sang, etc.*. Les Blaireaux ( Mles, Storr.) Que Linnaeus plaait, comme les ratons, dans le genre des ours , ont une trs-petite dent derrire la canine, puis deux molaires pointues, suivies en haut d'une que l'on commence reconnatre pour carnas-- sire au vestige de tranchant qui se montre sur son ct externe ; derrire elle en est une tuberculeuse carre , la plus grande de toutes j en bas , la pnul- time commence aussi montrer de la ressemblance avec les carnassires infrieures ; mais comme elle a son bord interne deux tubercules aussi levs que \ CARNASSIERS. 1^5 son tranchant , elle joue le rle de tuberculeuse : la dernire est trs-petite. Ce sont d^s animaux marche rampante et vie nocturne comme tous les prcdens , dont la queue est courte, les doigts trs-engags dans la peau, et qui se distinguent en outre minemment par une poche situe sous la queue, et d'o suinte une hu- meur grasse et ftide. Leurs ongles de devant trs* allongs , les rendent habiles fouir la terre. "Le Blaireau d'' Europe. (Ursus mles , Lin.) BufiT. , VU, vir. Gristre dessus, noir dessous, uue bande noirtre d eliaque ct de la tl. Les Gloutons ( Gulo , Storr. ) " Avaient aussi t placs dans le genre des ours, parLinnaeus; mais ils se rapprochent davantage des martes par leurs dnis, aussi-bien que par tout leur naturel , et ne tiennent plus aux ours que par leur marche plantigrade. Ils ont trois fausses molaires en haut et quatre en bas, en avant de la carnassire, et une petite tuberculeuse derrire elle, dont la sup- rieure est plus large que longue. Leur carnassire su- prieure n'a qu'un petit tubercule. Ce sont des ani- maux queue mdiocre, avec un pli dessous au lieu de poche , et d'ailleurs assez semblables aux blaireaux pour le port. L'espce la plus clbre est le glouton du nord, rossomak des Russes {Ursus Gulo, Lin.) Buff. ^ sup. ll , xlviii Grand comme notre blaireau, ordinairement d'un beau poil marron fonc, avec un disque plus brun sur le dos, mais quelquefois de teintes plus ples. Il babite les pays les plus glacs du nord, passe pour trs-cruel , cliasse la nuit , T03E I. lO i 46 iV A M 31 I F P, E S. De s'assoupit point' pentanl l'hiver , se rend matre des plus grands r.iiiniaiix , en sautant sur eux de dessus un ar- bre. Sa voracit a t lidiculeraent exagre par quelques auteurs. Le Foyerenne du nord de V^meritjue. {Ursiisluscus y Lin. ) Edw. , Cin. Ke parat pas en diffrer par des caractres constans. H a des teintes en gnral plus ples. Les pays chauds produisent quelques espces qui ne peu- vent tre ranges qu'auprs des gloutons , n'en diffrant que par une fausse molaire de noins chaque mclioire , et par une longue queue. Telles sont celles que les Espagnols d'A- mrique nomment furets ( /iMro/i5; ^ et qui, ayant en effet les dents de nos putois et de nos furets , ont aussi le mme genre de vie ; mais elles s'en distinguent par leur marche plantigrade. Le Grison {^Flverra vittata , Lin.) Buff. , sup , VIII;, xxiii et XXV. Noir , le dessus de la tte et du cou gris ^ une bande blanche allant du front aux paules. Le Taira. (Mustela Barbara. Lin.) Buff., sup. , YII,lx. Brun , le dessus de la tte gris^ une large tache blanche sous la gorge. Ces deux animaux s'tendent dans toutes les parties chau- des de l'Amrique, et rpandent une odeur de musc. Leurs pieds sont un peu palms, et il parat qu'on les a pris quel- quefois pour des loutres (i). C'est probablement encore la suite des gloutons et des grisons qu'il faudra placer le ratel {vwerra mellivora etviv, capensis)^ animal de la taille du blaireau, gris dessus, noir (1) On juge par la descripliou que Margrave donne de son carjueiheu hjsique ont beaucoup de rapports avec ceux du chien. Le Loup noir. ( Canis Ijcaon. L.) BulF. , IX ^ xli. Habite aussi en Europe, et se trouve mme en France, mais trs-rarement (i)- Son pelage est d'un noir profond et uniforme. Oo e dt plus froce que le loup commun. XiC Loup rouge. { Canis Mexicnnus , Lin. ) Agoura- Gouazcu d'Azz. D'un beau roux-canele , une courte crinire noire tout le long de l'pine j des marais de toutes les parties chaudes et tenjpres de F Amrique. Le C/ucalou Loup dor [Canis aureus, L.) Schreb. , XCIV. Un peu moindre que les trois prcdens , gris -brun, les cui.sses et les jambes fauve-clair, du roux l'oreille ; ha- lute en troupes une grande partie de l'Asie et de l'Afrique , depuisl'lndeetles environs del mer Caspienne jusqu'en Gui- ne. C'est un animal voracequi chasse la manire du chien, et parat lui ressembler plus qu'aucune autre espce sauvage parla conformation et par la facilit s*am>iMvoiser. Les Renards peuvent tre, distingus des loups et des chiens par une queue plus longue et plus touffue , par un museau plus pointu, par des pupilles nocturnes et par des incisives suprieures moins chancre : ils rpandent une odeur ftide , se rrcuseiit des terriers, et n'attaquent que des animaux faibles. Ce sous-genre est plus nombreux que e prcdent. * Le Renard ordinaire. (Canis vulpes , Lin.) Bull'. , Vil , vi. Plus ou nxins roux , le bout de la queue blanc , est r- pandu depuis la Sude jusqu'en Egypte ; ceux du nord ont seulement le poil plus brillant. On n'observe point de dif- (i) Nous en avons vu quatre individus pris ou tus en France. Il ne- faut pas le confondre avec le renard noiv, dont Graelin mle les synonymes- avec les siens. C AR?< ASSi RS. Sj frf-iice constante entre ceux de l'ancien continent et ceux (lu norci de l'Amrique. Le Renard charbonnier ( Canis alojwx ) , Schreb. , XCI , qui a le bout de la queue noir , et se trouve dans les nimes p;i>s que le commua et le Re- nard crois ( id. , XGl , A. ) , qui vient du nord , et se dis- tini^ue seulement par du noirtre le long de l'pine et sur les paules ; ne sont peut-tre que des varits du renard commun ; mais les espces suivantes sont bien distinctes. Le Corsac ou petit Renard jaune. { Canis corsac. Gm.) BuiT. Sup., m , xvT j sous le nom ^Adive. D'un gris-jauntre ple, quelques ondes noirtres sur la base de la queue , le bout de la quoue noir , la mchoire blanche. Commun dans les A^astes landes du milieu de l'A- sie , depuis le \olga jusqu'aux Indes, a les murs du re~ . iard , ne boit jamais. Le Renard tricolor d'Amrique. ( Canis cinereo nr- genteus, ) Schreb. XCM. A. Cendr dessus , blanc dessous, une bande roux-canelle le long des flancs ; de toutes les parties chaudes et tempres des deux Amriques. Le Renard argent ou Renard noir {i), Koir, bouts de poils blancs , except aux oreilles, sur les paules et la queue , o il est d'un noir pur. Le boni de la queue est tout blanc. De l'Amrique septentrionale. C'est une des plus belles fourures, et des plus chres. Le Renard bleu ou. Isatis. {Canis Z^/^o/?5.) Schreb. XCI IL Cendr fonc , le dessous des doigts garni de poils , sou- vent blanc en hiver j du nord de la Sibrie j aussi trs- eslim pour la fourrure. Le Renard du Cap. {Canismesomelas) (2). Schreb. XCV. Fauve sur les flancs, le milieu du dos noir ^ ml de blanc, et finissant en pointe en arrire , etc.... (5). (i) Gmel. Ta confondu avec le loup noir , sous le nom de caids ly-caon. (2) Gmel. l'a confondu avec i'adive de Buffon, qui est une espce fac- tice , et ne diffre point du chacal. (5) hefennek de Bruce que GmcL a ncmm canis cerdo et liigt-r me- l5u MAMMIFRES. Les Civettes. ( Viverra. ) Ont trois fausses molaires en haut , quatre en bas ;, dont les antrieures tombent quelquefois; deux tu- berculeuses assez grandes en haut , une seule en bas ^ et deux tubercules saillans au ct interne de leur carnassire infrieure en avant , le reste de cette dent tant plus ou moins tuberculeux. Leur langue est hrisse de papilles aigus et rudes; leurs ongles se redressent demi dans la marche , et prs de leur anus est une poche plus ou moins profonde , oi^i des glandes particulires font suinter une matire onc- tueuse et souvent odorante. Elles se divisent en quatre sous-genres : Les Civettes proprement dites. ( Viveera, Cuv. ) t O la poche profonde, situe entre l'anus et l'organe de la gnration, et divise en deux sacs, se remplit d'une pom- made abondante , d'une forte odeur musque. La Civette, [Fiverra civetla, Lin.)ljuir. , IX; xxxiv. Grise ; taches brunes ou noirtres, la queue brune, moindre que le corps ^ tout le long du dos et de la queue une crinire susceptible de se relever. Des parties les plus chaudes de l'Afrique. Le Zibet/i. {^Fiverra zihetha , Lin.) BufF. , IX, sxxi. Gris, nuanc de brun, queue longue, annele de noir. Les Gekettes. (Geketta, Cuv.) Oi^i la poche se rduit un enfoncement lger form par la saillie des glandes, et presque sans excrtion sensible, quoiqu'il y ait une odeur trs-manifeste. CALOTis est trop peu connu pour pouvoir tre class. C'est on petit anJ-ina d'Afrique, dont les oreilles galent presque le corps en grandeur, et qui griinpe aux aibres .; mais on n'en a dccrii ni les d<::nt." iii les doigts. CATtN ASSERS. I Jj La Gencite commune. { Viverra geiietta , Lin. ) Biiff. , IX j XXXVI. Grise , petites taches rondes et noires , queue annele de noir ; grande comme une marte , et encore plus exile ] parat habiter depuis la France mridionale jusqu'au cap de Bonne-Esprance (i). La Fossane de Madagascar. {Fiv. fossa.) BufF. , XIII , xx. A fauve ce que la genette a noir, et presque point d'an- ueaux la queue. Les Mangoustes, Cuv. (Herpestes , Iliger. ) O la poche est volumineuse , simple , et a l'anus perc dans a profondeur. La Mangouste d^Egjpte , si clbre sous le nom ^Ichneu- mon. ( Plverra ichneumon , Lin.) BulT. , sup. , III , xxvr. Grise ^ queue longue termine par un flocon noir , plus grande que noschats, rflilc comme nos martes. Ellecherche surtout les ufs de crocodiles , mais se nourrit aussi de toutes sortes de petits animaux 5 leve dans les maisons, elle donne la chasse aux souris, aux reptiles, etc.... Les Europens du Caire la nomment rat de Pharaon ; les gens du pays nems^ Ce qu'en ont dit les anciens, qu'elle se jette dans le corps des crocodiles, pour les mettre mort , est fabuleux, La Mangouste des Indes ( Viverra mungos , Lin. ) , Buff. XIII, XIX, et celle du Cap ( Kw. Cafra, Gm. ) Schreb. c:^vi,B. Ont toutes deux la queue pointue et le pelage gris ou brun , mais uniforme dans celle-ci , et ray en travers de noirtre dans la premire , qui a en outre les mchoires teintes de fauve. (1) La civette de Malaca de Sonnerat , la genette du Cap de Buff. , le chat du Cap de Forster , le chat bisaani de Vosmaer , dont Ginelin a t'ait autant dVspces , ne paraisseot que des genettes communes. Il faut rappor- ter celte subdivision le putoii ray de l'Inde. Buff. suppl. VII, ivii. ( Viv^fnsciata , Gm. ) a l58 MAMMIFRES. La raangouslp. des Indes est clbre par ses comhnts avec les serpens les plus dangereux , et par le renom d'avoir fait connatre la vertu de Vophiorhiza jnonf^os contre leur iiorsure. Les Surtcates. ( Ryz.dna. Iliger. ) Oui ressemblent d'ailleurs aux mangoustes, et en ont jus- (ju'aux teintes et aux rayures transverses du poil, mais qui se distinguent d'elles et de tous les carnivores dont on a parl jus- qu'ici , parce qu'ils n'ont que quatr doigts tous les pieds. Leurs poches donnent dans l'anus mme. On n'en connat qu'une espce , originaire d'Afrique {Fiverra tetradactj-la , Gm. ), Buff., XiJi, viii, un peu moindre que la mangouste des Indes (i). La dernire subdivision des digitigrades u point de petites dents du tout derrire la gross molaire d'en bas. Elle contient les animaux les plus cruels , les plus carnassiers de la classe. Il y en a deux genres. Les Hynes. (HyjEna. Storr. ) Qui ont trois fausses molaires en haut et quatre en bas , toutes coniques, mousses , et singulirement grosses : leur carnassire suprieure a un petit tu- bercule en dedans et en avant ; mais l'infrieure n'en a point , et ne prsente que deux fortes pointes tran- chantes : cette armure vigoureuse leur permet de briser les os des plus fortes proies. Leur langue est rude ; tous leurs pieds ont quatre doigts comme ceux des suricates , et sous leur anus est une pocbe pro- fonde et glanduleuse. Ce sont des animaux noc- * ' ' ' " ! ^ I I .11.,- Il I I (i) Le znik de Sonnerat , deuxime voy. , pi. 92 , ne parat diltrer du susicatc que parce qu'il est grossirement dessine. CARNASSIERS. I Sq furnes j voraces , vivant surtout de cadavres , et en cliercliant jusque dans les tonibeaux , et sur lesquels on a une infinit de traditions superstitieuses. On en connat deux espces : IJtIjne raye, [Canishrna, Lia.) Btiff. , sup. , I , xlvi. Grise, raye irrgulirement en travers de brun ou de noirtre ; une crinire tout le long de la nuque et du dos , qu'elle relve dans les momens de colre. Elle liabite depuis les Indes jusqu'en Abyssinie et au Sngal. JJHjne tachete (Canis crocuta, Lin.) Scbreb. , XCYI, B. Grise, tacliete de noir, du midi de l'Afrique C'est le loup-tigre du Gap. Les Chats. (Fels, Lin.) Sont, de tous les carnassiers, les plus fortement arms. Leur museau court et rond, leurs mchoires courtes, et surtout leurs ongles rtractiles, qui, se re- dressant vers le ciel , et se cachant entre les doigts dans l'tat de repos , par l'effet de igamens lasti- ques , ne perdent jamais leur pointe ni leur tranchant, en font des animaux trs-redoutables , surtout les grandes espces. Us ont deux fausses molaires en haut et deux en bas ; leur carnassire suprieure a trois lobes et un talon mousse en dedans, Finfrieure ewiL lobes pointus et tranchans , sans aucun talon ; enfin , ils n'ont qu'une trs-petite tuberculeuse sup- rieure, sans rien qui lui corresponde en bas. Les espces de ce genre sont trs-nombreuses et trs-varies en grandeur et en couleur, quoique toutes semblables pour la forme. On ne peut les subdiviser que d'aprs les caractres Ires-peu importans de la taille et de la grandeur du poil. l6o MAMMIFHES, A la tte du genre se prsente : Le Lion. ( Felis leo ^ Lin. ) BnfF. , VII , r , li. Dislingu par sa couleur fauve uniforme , le flocon Je- poil du bout de sa queue , et la crinire qui revt la lte , le cou et les paules du mle. C'est le plus fort et le plus cou- rageux des animaux de proie. Autrefois rpandu dans les trois parties de l'ancien monde , il parat aujourd'hui pres- que confin dans l'Afrique et quelques parties voisines de l'Asie. Le lion a la tte plus carre que les espces sui- vantes. Les tigres sont de grandes espces poil ras ; le plu& souvent marqu de taches vives. Le Tigre rojal. ( Felis tigris. ) BulT. , YIII ^ IX. Aussi grand que le lion , plus allong , tte plus ronde , d'un fauve vif en dessus , d'un blanc pur en dessous , ray irrgulirement en travers de noir; le plus cruel des qua- drupdes, et le plus terrible flau des Indes orientales ; sa force et la rapidit de sa course sont telles^que dans les mar- ches d'armes, il lui est arriv quelquefois d'enlever un cavalier de dessus sa monture , et de l'entraner dans le fond du bois sans pouvoir tre atteint. "Lq Jaguar ou Tigre d'Amrique. La grande Panthre des fourreurs. [Felis onca , Lin. ) ^ Azzara. Voy. pi. ix. Presque aussi grand que le tigre d'Orient y et presque aussi dangereux ; fauve vif en dessus , marqu le long de.^ flancs de quatre ranges de taclies noires en forme d'yeux, c'est--dire d'anneaux plus ou moins complets avec un point noir au milieu ; blanc dessous , ray en travers de noir. Il y en a des individus noirs , dont les taches d'un noir plus profond ne se voient qu' une certaine exposition. La Panthre. [Felis pardus , Lin.) Le Pardalis des an^- ciens. Cuv. ^ Mnag. du Mus. , i;z-8 I^ p. 212. Fauve dessus, blanc dessous, avec six ou sept ranges de taches noires en forme de roses , c'est--dire formes de CABNASSIEBS. l6l Tassemblage de cin(j ou six petites taches simples sur chaque flanc. Le Lopard. {Felis leopardus j Lin. ) SerahL'il)le la panthre ^ mais avec dix ranges de taches plus petites. Ces deux espces sont d'Afrique et plus petites que le jaguar. Les voyageurs et les fourreurs les dsignent in- distinctement sous les noms de Ivopard , panthre, tigre d'Afrique, etc. (i) . Le Gupard ou Tigre chasseur des Indes. {Feh's jiihata. L. ) Schreh., CV. Fauve clair, taches petites, noires, simples, galement semes ; le poil de la nuque un peu plus long j psus petit et jambes plus hautes que la panthre. On le dresse, aux Indes , pour la chasse , comme les chiens j la panthre s'y emploie aussi dans quelques contres. Le Coitgiiar y Puma, ou yrtenda Lio?i d^ Amrique, ( Felis discolor. L. ) BufF. , YHI, xix. Roux, avec de petites taches d'un roux un peu'plus fonc qui se distinguent difficilement. De toute l'Amrique, o il dvaste les basses-courS; etc. Le Mlas ou Panthre noire. ( Felis mlas. Peron.) Noir, a taches simples d'un noir plus profond. Des Indes^ orientales. (i) Buffon a mconnu le jaguar , qu'il a pris pour la panthre de rancierr continent, et il n'a pas bien distingu la panihre et le lopard j c'est pourqtioi on ne peut citer positivement ses pi, xi , xii , xiri et xiv du- imitime volume. TOME I. I l62 MAMMIFRES. Ij'Ocelot. ( Felis paradalis. L. ) Buff. , XUI , pi. XXXV, XXXVI (l). Plus bas sur jambes que les prcdens, gris , de grandes taches fauves bordes de noir formant des bandes obliques sur les flancs. De toute l'Amrique. Parmi les espces infrieures, on doit distinguer les lynx, qui se font remarquer aux pinceaux de poils dont leurs oreilles sont ornes. Le Ljjx commun ou Loup ce/v/er des fourreurs. ( Felis Ijnx. L. ) Buff., Vin, XXI. Fauve rousstre le plus souvent tachet de noirtre , la queue trs-courte. De tout l'ancien continent : il se trouvait autrefois en France, et il n'y a pas trs-long-temps que les derniers ont disparu d'Allemagne. Le Ljnx du Canada, ( Felis canadensis. Geoff. ) Buff. , Supp. III, XLIV. Gris blanchtre avec quelques taches, brun ple, parat former une espce distincte. Le Chat eervier des fourreurs. {Felis ruja, Gld. ) Schreb., CIX, B. Fauve rousstre, mouchet de bruntre, des ondes brunes sur les cuisses, un peu plus petit que le lynx. Des Llals- Unis. Le Lj'ix de marais, Ly^nx boit ^ etc. {Felis cha.u^ G!d. ) Schreb., CX. Bruce., "voj. pi. xxx. Gris brun jauntre, le derrire des quatre jambes noirtre, habite les marais du Caucase, de la Perse, de l'Kgvpte, de l'Abyssinie, chasse aux oiseaux d'eau , etc. (t' N. E. Selon d'Azzai , les deux prtendus jaguars de Bufr. VIll , |l \ x.\iii^ et suppl. l , xxxix, ne seraient que des ocelot mal repr- senis^ nia'jS c-lio assertion est-doutcusc. 3 CARNASSIERS. l6 Le Caracal. (Felis caracal. L. ) Buff. , IX, xxiv. et Supp. III, XLV. Roux vineux presque uniforme. De Peise et de Turquie , etc. . . . c'est le vrai lynx des anciens. Les espces infrieures, dont les oreilles n'ont pas de pinceaux de poils, ressemijlent plus ou moins notre chat domestique, telles sont Le Serval. [Felis serval. L. ) BulF., XMI, xxxv. Grand comme un Ijnx, jauntre, taclies irrgulires noires. Le Jaguarondi, {Felis jaguarondi.) Azzara, vq}\ pi. x. Allong et tout entier d^un brun noirtre. Tous deux vivent dans les forts de l'Amrique mridionale. liC Chat ordinaire. ( Felis catiis. L.) BufF. , VI, i et suiv. Est originaire de nos forets d'Europe. Dons son tat sauvage, ilest gris brun avec des ondes transverses plus fonces , le dessous ple , le dedans des cuisses et des quatre pales jauntre , trois bandes sur la queue et son tiers infrieur noirtre. En domesticit, il varie, comme chacun sait, en couleurs, en longueur cl en linesse de poil, mais infiniment moins que le chien; aussi esl-il beaucoup moins soumis et moins attach. LES AMPHIBIES Formeront la troisime et dernire des pe^ tites tribus , dans lesquelles nous divisons les carnivores ; lenrs pieds sont si courts , et telle- ment envelopps dans la peau , qu ils ne peu- vent 5 sur terre , leur servir qu ramper ; mais comme les intervalles des doigts y sont remplis 1 64 M A 31 :.1 1 F R E s. par des membranes , ce sont des rames excel- lentes , aussi ces animaux passent-ils la plus grande partie de leur vie dans la mer , et ne viennent terre que pour se reposer au soleil , et allaiter leurs petits. Leur corps allong , leur pine trs-mobile , et pourvue de muscles qui la flchissent avec force , leur bassin troit , leur poil ras et serr contre la peau, se runissent pour en faire de bons nageurs , et tous les d- tails de leur anatomie confirment ces premiers aperus. On nci a encore distingu que deux genres, les phoques et les morses. Les Phoques. (Pioca. Z.) Ont quatre ou six incisives en haut ^ quatre en bas, des canines pointues et des mcbelires au nombre de vingt , vingt-deux ou vingt-quatre , toutes tran- clianles ou coniques , sans aucune partie tubercu- leuses ; cinq doigts tous les pieds , dont ceux de devant vont en dcroissant du pouce au petit doigt, tandis qu'aux pieds de derrire, le pouce et le petit doigt sont les plus longs , et les interm- diaires les plus courts. Les pieds de devant sont en- velopps dans la peau du corps jusqu'au poignet, ceux de derrire presque jusqu'au talon. Entre ceux- ci est une courte queue. La tte des phoques res- semble celle d'un chien , et ils en ont aussi Tin- telligence et le regard doux et expressif. On les ap- CARNASSIERS. lG:> prvoise aisment, et ils s'attachent bientt ceux qui les nourrissent. Leur langue est lisse , et clian- cre au bout; leur estomac simple, leur ccuni court , leur canal long et assez gal. Ces anim.aux vivent de poisson ; ils mangent toujours dans l'eau ^ et peuvent fermer leurs narines quand ils plongent ;, au moyen d'une espce de valvule. Comme ils plon- gent assez long- temps , on a cru que le trou de botal restait ouvert chez eux comme dans les ftus ; mais il n'en est rien : il y a cependant un grand sinus vei- neux dans leur foie, qui doit les aider plonger, en leur rendant la respiration moins ncessaire au mouvement du sang. Leur sang est trs-abondant et trs-noir. Les Phoques proprement dits, ou sans oreilles extrievires. Ont des incisives pointues dont les externes cVen haut plus lonj^ues que les autres, des molaires tranchantes et plusieurs pointes ; tous leurs doigts jouissent d'un certain mouvement et sont termins par des ongles pointus placs sur le bord de la membrane qui les unit. Le Phoque commun. {Phoca intiiina.lj.) Bufi'. ^XIl^ XLv et Supp. YI, XLvi. Long de trois cinq pieds, d'un gris jauntre plus ou moins onde ou tachet de brun selon l'ge. Il devient blanchtre dans sa vieillesse. Commun sur nos cotes, il se trouve assez loin dans le nord. On assure mme que c'est cette espce qui habite la mer Caspienne et les grands lacs d'eau douce de la Russie et de la Sibrie , mais il ne parat pas que cettte assertion soit fonde sur une comparaison exacte. l66 MAMMIFKES. Le Phoque croissant. {Phoca groenlnndica. ) Egede. Gronl fg. A, pag. 62. Gris jauntre, lacliel de bran dans sa jeunesse, marqu ensuite d'une charpe brune et oblique sur cbaque flanc, long de cinq pieds. De la mer Glaciale. lu^e Phoque ventre blanc , Moine. ( Ph. monachus. Gni. ) Buff. , Supp. VI, pi. XIII (i). Long de dix douze pieds, brun noirtre, yentre blanc. De la Mditerrane , et plus particulirement de l'Adriatique. Le Phoque trompe^ {Ph. leonina. L. ) Lion marin d'Anson , Loup marin de Pernetty, Elphant marin des Anglais et de Peron, etc. . . . Peron, doj-, 1. xxxii. Long de vingt vingt-cinq pieds, brun, le museau du mle teriiin par une trompe ride qui se renlle dans la colre. Il est commun dans les parages mridionaux de la mer Priclfique^ la Terre-de-Feu, la nouvelle Zlande , au Clnli , etc On le poursuit cause de l'buile abondante qu'il fournit. Ij^ Phoque capuchon, {Phoca cristata. Gva.. Phoca leonina. Fabric. ) Egede. Groenl. , pi. vi. Long de buit pieds , une sorte de capucbon mobile adhrant au sommet de la tte, et dont il se recouvre les veux et le museau quand il est menac. De la mer Glaciale. Les Phoques oreilles exlcrieures. ( Otaries. Peron. ) Mriteraient de faire un genre ri part, parce qu'outre les oreilics e:slrieures saillantes , ils ont les quatre incisives suprieures mitoyennes double tranchant (forme qu'on n'a (1) C'est le mme individu qu'a dcrit lermann , soc. des nat. de Beil. IV", XII , ;iiii 5 sous c nom de monachus. CARNASSIERS. 167 s encore remarque dans aucun animal), les externes simples et plus petites, les quatre infrieures fourcliues, toutes les nolaircs simplement coniques, les doigts des nageoires an- trieures presque immobiles , la membrane des peds de derrire se prolongeant en une lanire au del de chaque doigt , tous les ongles plats et menus -, leur poil est moins ras que celui des prcdens. Le Phoque crinire , (^Phocajuhata. Gm. ) lion marin Steller, de Pernetty, etc.. Bulf. , Supp. Yll, xlviii. Long de quinze vingt pieds et plus-, fauve, le cou du mAle revtu de pods plus pais et plus crpus que le reste du corps. On le trouverait dans toute la mer Pacifique, si, comme il le parat, ceux du dtroit de Magellan ne diierent pas de ceux des ilcs Alcu tiennes, IJ Ours marin. ( Pkoca ursina. Gm.) BuIF. , Supp. \II , x.vji. Long de huit pieds, sans crinire, variant du brun au blanchtre. Du nord de la mer Pacifique. On trouve dans celte mer des phoques qui ne diffrent gures de l'ours marin que par la taille et la couleur, tel est le petit phoque noir de Buffon , ( phoca pusilla. ) Buff. ^ XIII , 3^111 , le phoque jaune de Shaw. , etc. Les Morses ( Triciiechu.s. L. ) (i) Ressemblent aux phoques par les mem])res et par la forme gnrale du corps , mais en clifrent beau- coup par la tcte et par les dents. Leur niclioire inf- rieure manque d'incisives et de canines ^ et prend eu avant une forme comprime pour se ])Iacer entre deux normes canfnes ou dfenses qui sortent de la Tncliolre suprieure , et se dirigent vers le bas , ayant quelquefois jusqu' deux pieds de long sur une (i) Trichechus dolfi^ (poil) , nom imagin par Artedi pour le lamantin. G8 MAMMIFRES. paisseur proportionne. L'normit des alvoles n- cessaires pour loger de semblables canines , relve tonf. le devant de la mchoire suprieure en forme de gros mufle renfl , et les narines se trouvent presque regarder le ciel et non terminer le museau. Les mo- laires ont toutes la figure de cylindres courts et tron- qus obliquement. On en compte quatre de chaque cl en haut et en bas ; mais un certain ge il en tombe deux des suprieures. Entre ]es deux canines sont de plus deux incisives semblables aux molaires, et que la plupart des auteurs n'ont pas reconnues pour des incisives , quoiqu'elles soient implantes dasis Fos intermaxillaire, et entre elles en sont en- core, dans les jeunes individus , deux petites et pointues. L'estomac et les intestins des morses sont peu prs les mmes que ceux des phoques. Ils parat qu'ils se nourrissent de fucus aussi-bien que de substances animales. On n'en distingue encore qu'une espce (i) appele Vache marine, Cheval marin j Be'ta h la grande dentj etc, [Trichechus rosmarus. Linu. ) BulT., XII, liv, et mieux Cook, III^'. voj. Elle liabiie toutes les parties de la mer Glaciale, surpasse en grosseur les plus forts taureaux, atteint jusqu' vingt pieds de longueur et est recouverte d'un poil jauntre et ras. On la recherche pour son huile et pour ses dfenses, (i) Cependant M. Shaw souponne qu'il pourrait y en avoir deux , dis- tinuces par des dfenses plus ou moins grosses , plus ou moins conver- gentes. MARSUPIAUX. 169 dont l'ivoire, quoique grenu, peut s'employer clans les arts. On fait aussi, de la peau, d'excellentes soupentes de carrosses (i). LES MARSUPIAUX OU ANIMAUX A BOURSE, Que nous rangeons la fin des carnassiers , comme une quatrime famille de ce grand or- dre , pourraient presque former un ordre a part 5 tant ils offrent de singularits dans leur conomie. La premire de toutes est la production pr- mature de leurs petits , qui naissent dans un tat de dveloppement a peine comparable a celui auquel des ftus ordinaires parviennent quelques jours aprs la conception ; incapables de mouvement , montrant peine des germes de membres et d'autres organes extrieurs , ces petits s'attachent aux mamelles de leur mre , et y restent fixs Jusqu' ce qu'ils se soient dvelopps au degr auquel les animaux naissent ordinairement. Presque toujours la peau de l'abdomen est dispose en forme de poche au tour de ces mamelles , et ces petits, si imparfaits y sont prservs, comme dans une seconde mati ice ^ et mme , long-temps aprs qu'ils ont commenc marcher, ils y reviennent (i) C'est fort mal propos que l'on a runi , avant nous , aux morses, les lamantins et les dugongs, animaux beaucoup plus voisins des ctacs. lyO MAMMIFRES. quand ils craignent quelque danger. Deux os particuliers , attachs au pubis , et interposs dans les muscles de l'abdomen , donnent appui a la poch'e 5 et se trouvent cependant aussi dans les maies et dans les espces o le repli qui forme la poche est a peine sensible. La matrice des animaux de cette famille n'est point ouverte par un seul orifice dans le fond du vagin ; mais elle communique avec ce canal par deux tubes latraux en forme d'anse. Il pa- rait que la naissance prmature des petits tient a celte organisation singulire. Les mles ont le scrotum pendant en avant de la verge , au con- traire des autres quadrupdes. Une autre particularit des marsupiaux, c'est que malgr une ressemblance gnrale de leurs espces entre elles , tellement frappante , que l'on n'en a fait long-temps qu'un seul genre , elles diffrent si fort par les dents, par les orga- nes de la digestion et par les pieds , que si l'on s'en tenait rigoureusement a ces caractres, il faudrait les rpartir entre divers ordres 5 ils nous font passer par nuances insensibles des carnas- siers aux rongeurs , et mme , si l'on n'avait gard qu'aux os propres de la bourse , et que l'on regardt comme des marsupiaux tous les ani- maux qui les possdent , il s'en trouvergiit qu'il MARSUPIAUX. * 171 faudrait placer avec les dentes ; nous les y laisserons en effet sous le nom de monoirmes. On dirait , en un mot , que les marsupiaux forment une classe distincte , parallle celle des cjuadrupdes ordinaires et divisible en or- dres semblables , en sorte que si on plaait ces deux classes sur deux colonnes , les sarigues , dasyures et peramles seraient, vis--vis des car- nassiers insectivores a longues canines, tels que les tenrecs et les taupes ; les plialangers et kail- guroos-rats', vis--vis des hrissons et des mu- saraignes. Les kanguroos proprement dits ne se laisseraient gui-e comparera rien, niais espbas- colomes devraient aller vis-a-vis des rongeurs. ^ Linnaeus rangeait toutes les espces qu'il con- naissait sous son genre didelpJiis , mot qui signifie double matrice. La poche en est cjuel- ques gards une seconde. La premire subdivision des marsupiaux a de longues canines et de petites incisives aux deux mchoires , des arrires-molaires hrisses de pomtes, et en gnral tQus les caractres des dents des carnassiers insectivores ; aussi s'en l'approche t-elle entirement par le rgime. Le pouce des pieds de derrire est opposable, ce cpii a fait aussi nommer ces animaux pcU- mnes y il manque d'ongle j les deux premiers sous-genres ont les quatre autres doigts distincts. l'J'2 MAMMIFERES. Les Sarigues (i). (Didelphis L, ) Ont dix incisives en haut , dont les mitoyennes sont un peu plus longues , et huit en bas ; trois ma- chclires antrieures comprimes , et quatre arrires- mchelires hrisses , dunt les suprieures triangu- laires;, les infrieures oblongues ; en tout cinquante dents , nombre le plus grand que l'on ait encore ob- serv parmi les quadrupdes. Leur langue est hris- se , et leur queue prenante et en partie nue ; leiu- pouce de derrire est long et bien spar des autres doigts. Leur bouche trs - fendue, et leurs grandes oreilles nues leur donnent une physionomie parti- culire. Ce sont des animaux ftides et uocturnes^, dont la marche est lente : ils nichent sur les arbres , et y poursuivent les oiseaux , les insectes y etc.... ^ sans ddaigner les fruits; leur estomac est simple et petit , leur ccum mdiocre et sans boursouflures. Dans certaines espces y les femelles ont une poclie pro- fonde o sont leurs mamelles , et oii elles peuvent renfermer leurs petits. Le Snrigue oreilles bicolores ^ Opossum des Anglo- Am- ricains. [Did. virgiiiiana.) Pcnn. Illst. quadr., 3o2 (2). Presque grand comme un chat, pelage ml de blanc et de noirtre, des soies blanches, les oreilles mi-parties de (\) Carigueia est leur nom l>rasilifn selon Margrave , d'o l'on a fait sarguoi , cerigon , sarigue. On les nomme .'tiicoiir au Paraguay , luani- cou dans les les , opossum aux tats-Unis, ihlaqualzin au Mexique. {7.) C'est le sarigue des Illinois et le sarigue longs poils. Buff. , suppL VII, [)!. xxxiii et xxxiv. MARSUPIAUX. 1-^3 or et tle Liane, la tte presque toute Llanclie; liabite toute l'Amrique, vient la nuit, tlans les lieux ha^its, attaquer les poules, manger leurs ufs, etc. Ses petits, quelquefois au nombre de seize, ne psent qu'un grain en naissant. Quoique aveugles et presque informes, ils trouvent la mamelle par instinct, et y adhrent jusqu' ce qu'ils aient atteint la grosseur d'une souris, ce qui ne leur arrive qu'au cinquantime jour, poque o ils ouvrent les yeux. Ils ne cessent de retourner la poche que quand ils ont la taille du rat. La gestation dans l'utrus n'est que de vingt- six jours (i). Le Crabier on grand Sarigue de Ca/enne , du Brsil^ etc. (Did, jnarsupialis et did. cancriwora. L.) BuiF. , Supp. III, liv. De la grandeur du prcdent, jauntre ml de bruntre, soies brunes, une ligne brune sur le chanfrein II se tient dans les marcages des bords de la mer, o il vit surtout de crabes (2). , Le Quatre-il ou moyen Sarigue de Cdfenne. ( Did, opossum L. ) Buff., X, xlv, xlvi. Chtain ou fauve dessus, blanchtre dessous, une tache jaune-ple au-dessus de chaque ceilj plus grand qu'un grand rat. D'autres espces n'ont point de poches, mais seulement un repli de chaque ct du ventre qui en est le vestige. Elles ont coutume de porter leurs petits sur le dos, les queues entortilles autour de celle de la mre. (1) Voyez la lettre de M. Bartoii M. Roume sur la gestation du sarigue. (2) C'est le prtendu grand philandre oriental de Sba , dont Linn a fait son did. marsupialis. Buffon , qui en a dcrit le mle dans son suppl- ment III, pi. 54, a cru, tort, que la femelle manquait de poche, ce qui a fait tablir , mal propos, une deuxime espce did. cancrivora , Gm. , carcinophaga bodd. j Cayenne on nomme le crabier pian ou puant. 1^4 MAMMIFRES. Le CayopolUn (i). (^Did. caj-opollin , did. phllander et did. dorsigera. L. ) Buff., X, lv. Gris fauve, le lour des yeux et une hanJe sur le nca Ijruns, la queue tacliete de noirtre j grand comme un surmulot. La Marmose (2;. {Did. miirina.) Bufl. , X, lu, lut. Gris fauve, un trait brun au milieu duquel est l'oeil; la queue non tacliete. Moindre qu'un rat. I^e Touan. (Did. hrachjura. ) BulT. , Supp. Yl, lxt. Le dos noirtre ; les flancs d'un roux vif, le ventre bianc, la queue plus courte que le corps. Moindre qu'un rat. Ces trois espces sont de l'Amrique mridionale. Enfin, on en connat une qui a les pieds palme's et doit tre aquatique , on ne sait si elle a une poche ; c'est le Chironhctes. llig. (5j (Dideph, palmata. GeoiF. La petite Loutre de la Guianiie. BuiF. , Supp. III , xxii. Luira memina. Bodd. ) Elle est brune dessus, avec trois bandes transverses grises interrompues dans leur milieu , et blanche dessons; plus grande qu'un surmulot. (1) CayopolUn , nom d'une espce de ce genre qui habite les montagnes du Mexique ^ on l'a applique un peu arbitrairement cette espce-ci. (2) Marmose , nom adopt par Buffon d'aprs une faute d'impression de la traduction franaise de Scba , qui , dans le texte , assure qu'on l'appelle viarinotls au Ersil. 11 est seulement vrai que les Hollandais , du temps d'e Margrave , l'appelaient tai ( e bois , et les Brsiliens tabi ; rat < 'e hois est usei son nom chez les franais de Caycnne ; et Scba aura traduit bosch- ratt" par marmotte. (5) Chironectes nageant avec des mains. v MARSUPIAUX. 1^5 Les Dasyures. (Dasyurus. Geoff. ) (i). Ont deux incisives et quatre mchelires de moins chaque mchoire que les sarigues ; ainsi il ne leur reste que quarante-deux dents , et leur queue , revtue partout de longs poils , n'est pas prenante. Leur pouce de derrire est beaucoup plus court , et semblable un tubercule. Ils vivent la nouvelle Hollande d'in- sectes, de cadavres , et pntrent dans les maisons, o leur voracit est trs-incommode , etc. Leur gueule est moins fendue, leur museau moins pointu, et leurs oreilles velues , plus courtes que dans les sarigues. Ils ne grimpent point aux arbres. Le Dasj'ure tte de chien. (Did. cjnocepjiala.) Harris., Soc. Lin., IX, xix. Grand comme un chien (trois pieds et demi de long sans la queue qui en a prs de deux), queue comprime, pelage gris. Le Dasjure hriss. ( Did. ursina. id. ib. ) , A longs poils noirs grossiers-, avec quelques taches blanches irrgulirement places (2). Il habite avec Je prcdent le nord de la terre de Diemen. Le Dasjure longue queue. [Vas. macrouriis. GeoiF., Peron, i;(y". pi. xxxiir. ) Grand comme une marie, queue longue comme le. corps', k pelage brun tachet de blanc sur le corps et sur la queue. (i) Dasyurus , queue velu , ociCv et fOf. Voy. les Min. de M. Geoff. ann. tluMus. lil , p. 355 , et XV , p. 3or. (2) jM Harris lui donne huit incisives en haut, dix en bas ^ la queue lyreiTKnt prenante et nue en dessous. Il fera peui-uc un nouveau sous- geme quand on le connatra mieux. 1^6 MA]\MIFFvES. Le Dasj'ure de 3Iaug, Olivtre , tachet de blanc , sans taclies la qiieue ^ un peu moindre que le prcdent. Le Dasyiire de TTliiie. [Did, viverrina, Sliaw. , Gen., zool. CXL ) Whlte, Bot. b. , App. 286. Noir tachet de blanc , sans taches la queue , d'un tiers moindre que le premier. Le Tapoa-Tafa. White, Bot., b. , app. 281. Gristre uniforme. Le Dasyure pinceau, {Did. penicillata. Shaw.) Gen. ^ Zool. , 1. Il, pi. cxiii. Gris^ la queue revtue de soies noires et rudes. Le Dasyure nain. Moindre qu'un rat, cendr rousstre, le pouce plus long, les dents plus gales et plus contigus qu'aux prcdens. Du sud de la terre de Diemen. Les Pramles (i). (Perameles. Geoff. ) Thjlaciso 11%. Ont le pouce de derrire court comme les dasyures , et les deux doigts qui le suivent runis par la peau jus- qu'aux ongles ; le pouce et le petit doigt de leurs pieds de devant ont la forme de simples tubercules leurs incisives suprieures sont au nombre de dix, dont les externes pointues et cartes , les inf- (i) Pera-meles de mles, Llaireau et pra , bourse. Leur figure a en petit quelque chose du blaireau. "Voy. le Mcm. de M. Geoff. , ann. du Mus. . tome IV. Thylacis ^[hctKO, bourse MARSUPIAUX. inn y / reures de six seulement ; mais leurs molaires sont les mmes que dans les sarigues : on leur compte donc quarante-huit dents. Leur queue est velue et non pre- nante : ils vivent aussi dans FAustralasie. Leurs grands ongles , presque droits^ annoncent qu'ils creu- sent la terre , et leurs pieds de derrire assez longs ^ que leur course peut tre rapide. Le Pramle museau pointu. {Perameles nasutus. G. ) Ann. du Mus. ^ lY. A museau Irs-alloug , oreilles pointues , pelage brun-gristre. Il ressemble, aii premier coup-d'ceil, un tenree. La seconde subdivision des marsupiaux porte la mchoire infrieure deux longues et larges incisives pointues et tranchantes par leur bord, couches en avant, et auxquelles il en rpond six a la mchoire suprieure. Leurs canines su- prieures sont encore longues et pointues; mais ils n'ont pour canines infrieures que des dents si petites , qu elles sont souvent caches par la gencive ; le dernier sous-genre n'en a mme quelquefois point du tout en bas. Leur rgime est en grande partie frugivore ; aussi leurs intestins , et surtout leur ccum , sont-ils plus longs que dans les sarigues ; ils ont tous le pouce grand , tellement spar des autres doigts qu'il a l'air dirig eu arrire , pres- TOME I, - 2 178 MAMMIFRES. que comme celui des oiseaux. Il est sans ongles, et les deux doigts qui le suivent sont runis par la peau jusqu' la dernire phalange. Cette dis- position a valu ces animaux le nom de Phalangers. (^Phalangista. Cuv. ) Les Phalangers (1) proprement dits. {Balantia, lUig.) N'ont pas la peau des flancs tendue ; ils ont cLaque mchoire de chaque ct quatre arrire - molaires prsentant chacune quatre pointes sur deux rangs , en avant une grosse conique comprime, et, entre celle-ci et la canine suprieure, deux petites et pointues , auxquelles rpondent les trs-petites d'en bas dont nous avons parl : leur queue esttoujours prenante. Les uns l'ont en grande partie calUeuse. Ils vivent dans les Moluques sur les arbres, o ils cherchent des insectes et des fruits. Quand ils voient un homme , ils se suspendent par la queue , et l'on parvient en les fixant les faire tomber de lassitude. Ils rpandent une mauvaise odeur, et cependant on mange leur chair. On en connat de blanchtres, de gris tachet de noirtre , de roux avec une raie brune le long de l'pine (qui paraissent les plus communs), de bruns avec le croupion blanc j mais on n'a pas encore suffisamment d- (i) Le nom de phaanger a t donn par Buffon la seule espce con- nue de son temps cause de la runion de deux doigts du pied. Celui de philander n^est pas, comme on 1.; croirait, driv du grec , mais du mot p- landor , qui, en malais, signifie lapin, et fjue les habiians d'Amboine donnent une espce de kanguroo. Sba et Brisson l'ont appliqu indis- tinctement tons les animaux bourse. Les phalangers s'appellent , dans les Molnques, couscous ou coussous. Les premiers voyageurs ne les ayant pas suffisamment distingus des sarigues , avaient donn lieu de croire que ce dernier genre tait commun aux deux contiuens. Balantia , de (icLXkvlloV bourse. MARSUPIAUX. I^g termin les limites de leurs espces. La dnomination de didelphis orieitalis y Linn. , les embrasse toutes. (Buff., XIII, X, XI. ) Dans d'autres^ qui jusqu' prsent ne se sont trouvs qu'a a nouvelle Hollande ^ la queue est velue jusqu'au bout. Le Phalanger renard. ( Did. lemurina et vulpina. Sliaw. ) Bruno de Yiq. d'Az., Wbile; voy. 278. Grand comme un fort ciat ou mme comme un raton , gris-brun, plus ple dessous , queue en grande partie noire. Le Phalanger de Cook. ( Cook , dern. Voy. , pi. viii . ) Moindre qu'un cliat, gris-rousstre , blanc dessous, roux aux flancs, un intervalle blanc vers le bout de la queue. Les Phalangers volans. ( Petaurus. Sbaw.) ( PhalaTigistUi Iliger. ) Ont la peau des flancs plus ou moins tendue entre les jam- bes, comme les polatoucbes parmi Jes rongeurs, ce qui leur permet de se soutenir en l'air quelques instans , et de faire des sauts plus tendus. Ils ne se trouvent aussi qu' la nouvelle Hollande. Quelques-unes de leurs espces ont encore des canines in- frieures, mais trs - petites. Leurs canines suprieures et leurs trois premires molaires , tant en haut qu'en bas, sont trs-pointues ; leurs arrire -molaires ont chacune quatre pointes. Le Phalager volant riaiii, ( Did. pfgmcea. Shaw. , Gen zool. , pi. cxiv. ) De la couleur et presque de la taille d'une souris ; les poils de la queue disposs lis-rgidirement des deux cts comme les barbes d'une plume. D'autres manquent de canines infrieures , et les suprieures l8o MAMMIFRES. sont trs-petites. Leurs quatre arrire -molaires prsentent aussi quatre pointes ^ mais un peu courbes en croissant, ce qui est peu prs la forme de celles des ruminans. En avant , il y en a deux en haut et une en bas moins compliques : cette structure les rend plus frugivores encore que tous les pr- cdens. Le grand Phalanger volant. {Did. petaurus. Sbaw. , Gen. zool. ; pi. cxii. White. Yoy. 288. ) Ressemble au taguan et au galopithque par la taille j sa fourrure est douce et bien fournie , et sa queue longue et aplatie. Il y en a de diverses nuances de brun ) d'autres sont varis ; et d'autres blanchtres. Le Phalanger volant longue queue. {Did. macroura. , ib.) Brun fonc dessus , blanc dessous, grand comme un sur- mulot , queue grle , une fois et demie longue comme le corps. Notre troisime subdivision a les incisives^ les canines suprieures , les deux doigts runis aux pieds de derrire comme la seconde ; mais elle manque de pouces postrieurs et de canine^ infrieures. Elle ne comprend qu'un seul genre. Les Kanguroos-Rats. (^HjpsjprjTiiniis. IHg. ) Les derniers animaux de cette famille qui con- servent quelque chose des caractres gnraux des carnassiers. Leurs dents sont peu prs les mmes que dans les pbaiangers ^ et ils ont encore (i) Vr\, ^'^ 1^ Bulefin des se. , n 7-?. , an XI. RONGEURS. 187 limer , les rduire , par un travail continu , en molcules dlies , en un mot, les ronger ^ de l le nom de rongeurs que l'on donne aux animaux de cet ordre -, c'est ainsi qu'ils attaquent avec succs les matires les plus dures , et se nourrissent souvent de bois et d'corce. Pour mieux remplir cet objet , ces in- cisives n'ont d'mail qu'en avant , en sorte que leur bord postrieur s'usant davantage que l'an- trieur 5 elles sont toujours naturellement tail- les en biseau ; leur forme prismatique fait qu'elles croissent de la racine a mesure qu'elles s'usent du tranchant , et cette disposition crotre est si forte , que si l'une d'elles se perd ou se casse ^ celle qui lui tait oppose n'ayant plus rien qui la comminue, se dveloppe au point de devenir monstrueuse. La mchoire in- frieure s'articule par un condyle longitudinal , de manire n'avoir de mouvement horizontal que d'arrire en avant et vice versa , comme il convenait pour l'action de ronger ; aussi les molaires ont-elles des couronnes plates dont les minences d'mail sont toujours transver- sales pour tre en opposition au mouvement horizontal de la mchoire, et mieux servir la trituration. Les genres 011 ces minences sont de simples l88 MAMMIFRES. lignes 5 et oii la couronne est bien plane 5 sont plus exclusivement frugivores ; ceux dont les dents ont leurs eminences divises en tubercules mousses sont omnivores; enfin, le petit nombre de ceux qni ont des pointes attaquent plus vo- lontiers les autres animaux et se rapprochent un peu des carnassiers. La forme du corps des rongeurs est en g- nral telle que leur train de derrire surpasse celui de devant , en sorte qu'ils sautent plutt qu'ils ne marchent ; cette disposition est mme dans quelques sous-genres aussi excessive que dans les kanguroos. Les intestins des rongeurs sont fort longs ; leur estomac simple , ou peu divis , et leur ccum souvent trs-volumineux , plus mme que l'estomac. Cependant le sous-genre des loirs manque de cet intestin. Dans toute cette classe , le cerveau est pres- que lisse et sans circonvolutions ; les orbites ne sont point spares des fosses temporales qui ont peu de profondeur ; les yeux se dirigent tout-a-fait de ct ; les arcades zygomatiques ^ minces et courbes en en bas , annoncent la faiblesse des mchoires ; les avant-bras ne peu- vent presque plus tourner et leurs deux os sont souvent l'unis; en lua mot^ l'infriorit de ces RONGEURS. 189 animaux se montre dans la plupart des dtails de leur organisation. Cependant 5 les genres les plus nombreux qui ont de plus fortes clavicules , jouissent encore d'une certaine adresse , et se servent de leurs pieds de devant pour porter les alimens a leur bouche. Nous en ferons notre premire division. Le genre le plus remarquable de cette division est celui des Castors. (Castor. L.) Que Ton distingue de tous les autres rongeurs par leur queue aplatie horizontalement , de forme presque ovale et couverte d'caills. Ils ont cinq doigts tous les pieds : ceux de derrire sont runis par des membranes, et il y a un ongle double et oblique celui qui suit le pouce. Leurs mchelires, au nombre de quatre partout et couronne plate, ont l'air d'tre faites d'un ruban osseux repli sur lui-mme, en sorte qu'on voit une chancrure au bout interne et trois l'externe dans les suprieures et l'inverse dans les infrieures. Les castors sont dassez grands animaux dont la vie est toute aquatique ; leurs pieds et leur queue les aident galement bien nager. Comme ils vivent principalement d'corces et autres matires dures, leurs incisives sont trs - vigoureuses et repoussent fortement de la racine mesure qu'elles s^usent en avant; aussi s'en servent -ils pour couper toutes sortes d'arbres. IQO MAMMIFRES. De grosses poches glanduleuses, qui aboutissent leur prpuce, produisent une pommade d'une odeur forte employe en mdecine sous le nom decastoreuf?i. Dans les deux sexes, les organes de la gnration aboutissent l'extrmit du rectum, en sorte qu'il n'y a qu'une seule ouverture extrieure. Le Castor du Canada. ( Castor Jher. ) BufF. , VIII, xxxvi. Surpasse le blaireau par sa taille ; c'est de tous les qua- drupdes celui qui met le plus d'industrie la fabrication de sa demeure, laquelle il travaille en socit dans les lieux les plus solitaires du nord de l'Amrique. Les castors cboisissent des eaux assez profondes pour ne pas geler jusqu'au fond, et, tant qu'ils peuvent, des eaux courantes, parce qu'en coupant le bois au-dessus, e cou- rant l'amne o ils veulent. Ils soutiennent l'eau une gale bauteur paj:* une digue de toutes sortes de branches mles de pierres et de limon, qu'ils renforcent tous les ans, et qui finit par germer et se changer en une vritable baie. Les huttes particulires servent deux ou trois familles et ont deux tages : le suprieur sec pour les animaux, l'infrieur sous l'eau pour les provisions d'corces. Il n'y a que celui-ci d'ouvert, et la porte donne sous l'eau sans communication avec la terre. Ces huttes sont faites de branches entrelaces et oarnies de limon. Les castors ont d'ailleurs plusieurs terriers le long du rivage, o ils se rfugient quand on attaque leurs huttes. Leurs htimens ne leur servent que l'hiver j l't ils s'parpillent et vivent chacun pour soi. On apprivoise aisment le castor, et on l'accoutune d vivre de matires animales. Le castor du Canada est d'un brun-rousstre uniforme y sa fourrure est, comme on sait, trs-rceherche pour le RONGEURS. igi feutrage. Il y en a de blonds, de noirs et quelquefois de blancs. Nous n'avons pu encore constater, malgr des compa- raisons scrupuleuses, si les castors ou bivres qui vivent dans des terriers le long du Rhne, du Danube, du Weser et d'autres rivires, sont diffrens par l'espce de celui d'Amrique , ou si le voisinage des hommes est ce qui les empche de btir. Linnus etPallas semblent avoir runi en un seul bloc , sous le nom de Rats. (Mus. L.) Tous les rongeurs pourvus de clavicules qui n ont pu tre dislingus par quelque marque extrieure trs-sensible, d'o il rsulte qu'on ne peut leur assi- gner de caractre commun , si ce n^est tout au plus celui des incisives infrieures pointues qu'indique le premier de ces naturalistes ; encore faut-il, pour qu'il soit juste, sparer, comme nous le faisons^ les rats- taupes et les hlamys ou pdtes. Les autres rats se laissent trs-bien subdiviser, parles mchelires, en plusieurs sous-genres qui peuvent tre rpartis en trois petits groupes. 1 Ceux qui ont les molaires prismatiques ou couronne plate et traverses dans toute leur hauteur par les lames d'mail, structure que nous retrouverons dans les cblais, les livres, et que nous observerons jusque dans les lphans^ INous leur appliquons le nom gnrique de Campagnols. Cuv. { .Irvicola. ) Attendu que tous ceux que l'on connat ont trois m- chelires partout , formes chacune de cinq ou six , et jgT. 3IAMMIFRES. quelquefois huit prismes triangulaires placs alternatiyemeat sur deux lignes. Une premire subdivision comprend Les Ondatras. (Fiber. Cuv. ) Ou campagnols pieds palms, longue queue com- prime et cailleuse, dont on ne connat bien qu'une espce. I U Ondatra ou Rat musqu du Canada. ( Castor zibeticus. Lin. 3IUS zibeticus. Gm. ) Buff. ^ X , i. Grand comme un lapin, d'un gris-rousstre : ils construi- sent en hiver, sur la glace, une hutte de terre , o iL habi- tent plusieurs , allant par un trou chercher au fond les ra- cines d'acorus qui servent les nourrir. Quand la gele ferme leurs trous , ils sont rduits se manger les uns les autres. Cette habitude de btir, est ce qui a fait rapporter l'ondatra au genre du castor par quelques auteurs. La seconde subdivision est celle des ^ Campagnols ordinaires. ( Arvicola.. Lacep. Hypudus. Iliger. ) Qui ont la queue velue , et peu prs de la longueur du corps. heRat d'eau, [Mus amphibius.) Buff. YII, xliii. Un peu plus grand qu'un rat commun , d'uu gris-bruu fonc , la queue de la longueur du corps ; habile au bord des eaux , et creuse dans les terrains marcageux pour chercher des racines ; mais il nage et plonge mal (i). Le Campagnol ou petit Rat des champs. {31us arvalis. Lin.) Buff., YlI,xLvii. Grand comme une souris, cendr-rousslre, la queue un peu moindre que le corps. Il habite des trous qu'il creuse (i) lue mus tcrrestris , Lin. \e schermauss d'Hermann , nomm mal propos scherman,^2o: Btiff.Suppl, VII , ixx , ne sont que ds rats d'eau. RONGEURS. . 19.3 dans les cliamps , et o il ramasse du grain pour l'hiver : quelquefois il se multiplie excessivement et cause de grands dgts. Le Campagnol de prs. ( Mus conomus. Pall. } Glires. , XIY, A. Sclireb. , Cuv. Un peu plus fonc et queue un peu plus courte : il ha- 33ite une petite chambre en forme de four, creuse sous le gazon-, d'o plusieurs canaux troits et branchus le condui- sent en diverses directions -, d'autres canaux communiquent avec une seconde cavit o il amasse des provisions. De toute la Sibrie. On croit l'avoir trouv en Suisse et dans le midi de la France (i). La troisime subdivision sera celle des Lemmings. Cuv. ( Georychus. lliger. ) (2) Qui ont la queue et les oreilles trs-courtes , et les doigts de devant particulirement propres creuser. Les deux premires espces ont cinq ongles bien distincts aux pieds de devant, comme les rats-taupes et les livres- sauteurs. Le Lemmi?ig. {Mus lemmus. ln. ) Pall. , Glir. , XII, A., B. , Schreb. , cxcxv. Espce du nord , de la taille d'un rat, pelage vari de jaune et de noir, trs-clbre par les migrations qu'elle fait de temps en temps, sans poques fixes et en tri upes innom- brables. On dit qu'ils marchent alors en ligne droite sans que rivire, montagne ni aucun autre obstacle les arrte, et qu'ils dvastent tout sur leur passage. Leur habitation ordinaire parat tre sur les bords de la mer glaciale. - . f ^. mm -.. ^ > I m u I 1^ - - Il - - - 11^ (1) Ici vienaent encore probablement les 31. saxatilis , alliarius , rutilas , greg.iUs et socialis. (Pall. Gllr. ) Mais les M. lagunis ei torquatus sont plutt des lemmings. (2) Tsei>^V')(^o , fouissant la terre. TOME I. l3 I()4 MAMMIFRES. Le Zocor. ( Iffus aspalax. Gm. ) Pail. y Glir. , X ^ SclireL ^ cev. Gris-rousstre , les trois ongles mitoyens de devant longs ^ arqus, comprims et tranclians pour couper la terre et les racines ; les membres courts , la queue presque nulle , les yeux excessivement petits. DeSibrie, o il vit toujours sous terre comme les taupes et les rats-taupes , et se nourrit prin- cipalement de bulbes de divers liliacs(i). La troisime espce , comme tous les autres animaux compris sous le grand genre des rats, n'a qu'un rudiment depouce au s pieds de devant. C'est Le Lemming de la baie d'Hudson. ( Mus Hudsoniiis. Gm. ) Sclireb. , cxcvi. D'un cendr clair de perle , sans queue ni oreilles ex- ternes : les deux doigts du milieu, aux pieds de devant du mle", ont l'air d'avoir les ongles doubles , parce que la peau du bout du doigt est calleuse, et fait une saillie sous celle de l'ongle ; conformation qui ne s'est encore rencontre que dans cet animal. Il est grand comme un rat, et vit sous terre au nord de l'Amrique. ?," Les rats dont les mcbelires se divisent ds leur base en racines, mais dont la couronne plate oflPre encore des lignes transverses saillantes et creuses ; aussi trs-frugivores : on en reconnat deux sous-genres. JjeS EcHIMYS. (ECHIMYS. Gcoff. ) LONCHERES. IligCF. (2) Ont quatre mcbelires partout , prsentant en bas cbacuiie 1 quatre lames transverses, runies deux deux par un bout ; en liant trois seulement , dont deux runies. Ce sont des ani- maux d'Amrique qui , avec une forme peu prs la mme que celle de nos rats, ont le plus souvent des poils aplatis, (i) Le Mus talpinus , P#1I. , appartient trs-vraisemblablemeiit cette subdivision plutt qu'aux spaJax , mais nous ne l'avons pas pu examiner. (2) Echirnys , rat pineux j lonhres , porle-Iauce. RaNGEURS. iq5 largis , roifles et termins en pointe ^ en un mot de vrais pi- quans plats comme des lames d'pes. VEchinijs queue dore. Lrot queue dore, e BuITon. {Iljsirix chrjsuros. Schreb. ) BufF. , Sup.VII, lxxu. Presque grand comme un lapin , brun-marron , ventre blanc , une crte de poils allongs , et une, bande longitu- dinale blanche sur la itte ; queue longue ;, noire , sa moiti postrieure jaune. De la Guiane. iJEchinvys roux, ( Ptat pineux de d'Azzara.) Voy. pi. xiir. Grand comme un rat, gris-rousstre , queue moindre que le corps. De Cayenne , du Paraguay : il se creuse de longs boyaux souterrains. Les Loirs. ( Myoxus. Gmel. ) Ont aussi quatre mchelicres , partout divises par des bandes transverses ; mais leur poil est doux et leur queue ve- lue et mme toufiPue. Ils vivent sur les arbres, se nourrissent de fruits 7 et passent dans nos climats l'hiver dans un sommeil lthargique. Dans ce nombreux ordre des rongeurs, c'estle seul genre qui manque de ccum. Nous en possdons trois espces en France. Le Loir, ( Mus glis. Lia. ) (i). BuiT. ^ YIII, xxiv. Grand comme un rat, gris-brun cendr dessus , blanchtre dessous, du brun plus fonc autour de l'il, de fortes moustaches, la queue bien fournie sur toute sa longueur, et presque dispose comme celle d'un cureuil. Des forts du midi de l'Europe. C'est probablement ce rat que les anciens engraissaient , et dont ils faisaient leurs dlices. () Le M. (Jryas de quelques auteurs , Schreb. CCXXV. B. , ne nous pa^ rat point diffrer du loir. Myoxus , rat museau pointu. igij ' MAMMIFRES. Le Lrot. ( IT. nitela. Gm.) BufF. ^Ill , xxy. Un peu moindre que le prcdent, gris-brun dessus, blan- chtre dessous , du noir autour de l'il , qui rgne en s'lar- gissant jusqu| l'paule; la queue touffue seulement au bout ^ noire, avec l'extrmit blanche. / Le Miiscardin. ( Mus avellanarius. Lin. ) Bufl. , YII , xxvi. De la taille d'une souris, roux-cannelle dessus, blan- chtre dessous , les poils de la queue aussi un peu disposs en barbe de plumes. 5** Les rats dont les mchelires , plus ou moins tubercu- leuses , n'offrent pas aussi nettement des sillons transverses. Ils sont plus omnivores que les autres. Leurs sous-genres sont jfl plus nombreux. Les Kydromys. (Geoff. , An. du Mus. , tom. YI , pag. 86 et suivantes. ) Se distinguent d'abord de tous les autres rats par leurs pieds de derrire , palms aux deux tiers ; leurs molaires ont aussi un caractre particulier , en ce que leur couronne , oblique- anent quadrangulaire , est creuse dans son milieu comme une cuiller. Ils sont aquatiques. On en a envoy de la Guiane des individus ventre blanc , et d'autres ventre fauve , qui ont tous le dessus brun-fonc , la queue longue , noire la base , et blanche dans sa moiti postrieure. Ils sont quelquefois doubles du surmulot. ( Hj^droiiiys leucogaster et H. Chrj^sogaster. Geoff. ) On croit aussi pouvoir rapporter ce genre un animal de l'Amrique septentrionale, dont la peau vient par mil- liers en Europe pour l'usage des chapeliers, et dont les ca- ractres n'ont pu cependant encore tre examins par les anatORiisles. C'est le ' Quoitija de d'Azzara. {Mus coypus. MoWn. eiOmel. ) Qui vit dans des terriers ; aux bords des rivires , dans unt RONGEURS. 197 grande partie ce l'Amrique mridionale ; npproclie du cabiai par la taille , et lui ressemble par la couleur du poil , mais s'en dislingue par la finesse de ce poil , et surtout du duvet de sa base, par sa longue queue y le nombre de ses doigts^ etc.... Les Rats proprement dits. ( Mus. Cuv. ) *Ont partout trois molaires tubercules mousses , dont l'an- trieure est la plus grande ; leur queue est longue et cail- leuse. Ces espces sont fort nuisibles par leur fcondit et la voracit avec laquelle elles rongent et dvorent des substances . de toute nature. Il y en a trois qui sont devenues irs-commu- nes dans les maisons ; savoir : La Souris. ( Mus musculiis. Lin.) Buf*. ; YIl, xsxix. Connue de tous les temps et de tout le monde, li Rat ordinaire. ( Mus rattus. Lin. ) Buff. Ylf , xxxvr. ^ Dont les anciens n'ont point parl , et qui parat avoir pntr en Europe dans le moyen ge. 11 est plus que double de la souris dans toutes ses dimensions. Son pelage est noirtre. "Le Surmulot. [Mus decumanus. Pall.) Buff., VIII, xxvii. Qui n'est arriv en Europe que dans le dix-buitime sicle, et qui est aujourd'hui plus commun que le rat Paris et dans quelques autres grandes villes. Plus grand d'un quart que le rat, il en diffre encore par son poil brun-rousstre et par sa queue proportion plus longue. Ces deux grandes espces paraissent originaires d'orient; nos vaisseaux les ont transportes partout aussi-bien que la souris. La Tartarie orientale et la Chine ont un rat gal au surmulot, queue un peu plus courte, mchoires plus fortes, d'une teinte blonde, (c'est le if/, caraco. Pallas.) Giir., XXIII; Schreb., CLXXVIL gS MAMMIFRES. 11 y en a un autre aux Indes encore d'un quart plus fort que le surmulot, brun-rousslre , un peu plus ple la tte, (le rat perchai de BufF. , Supp. YII, lxix.) On a moins observ les espces de la taille de la souris. La Souris du Caire. ( M. Caliirinus. Geoff. , Descr. de l'Eg. mammif.)a des piquans au lieu de poils sur le dos j Arislote l'avait dj remarqu. Nous ne connaissons en France qu'une espce qui vive loin des maisons ; c'est le mulot {M. sjlvaticus,) Buff. ^ YJI, XLi, lequel ne surpasse gure la souris et s'en dislingue par son pelage roux. Il dvaste les bois et les cbamps (i). Les Hamst'ers. (Cricetus. Cuv.) Ont les mmes dents que les rats, mais leur queue est courte et velue ^ et les deux cts de leur bouche sont creuss , comme dans certains singes, en sacs ou en abajoues, qui leur servent transporter les grains qu'ils recueillent dans leur demeure souterraine. Le Hamster commun , 3Iarmotte a" Allemagne ^ etc. {M. cricetus. L.) BuiGT.^ XIII, xiv. Est plus grand que le rat, gris-rousstre dessus, noir aux flancs et dessous, avec trois taches blanchtres de chaque ctj ses quatre pieds sont blancs, ain^i qu'une tache sous la gorge et une sous la poitrine : il y en a des individus tout noirs. Cet animal , si agrablement vari en couleur , est un des plus nuisibles qui existent cause de la quantit de grains qu'il ramasse, et dont il remplit son trou, qui a quelquefois jusqu' sept pieds de profondeur. Il est commun (i) AceUe division appartiennent probablement il-/, agrarius , ni. mi- nulus , }?i. soricinus , tu. vagus , m. beUiUnus , m. purnilio , m. striatus , m. baiharus de Pal! . On ne peut encore Lien classer , ni le 772. pilo- rides , ni aucun des rats indiqus plutt que dcrits par Molina , parce qu'ils ne sont pas assez bien connus. C'est encoreici que devra venir l'norme espce du mus giganteus. Lin, Trans. Y , xxviii. nONGEURS. ^99 clans toutes les contres sablonneuses qui's'tencent depuis le nord de l'Allemagne jusqu'en Sibrie. Ce dernier pays produit beaucoup de petites espces d hamsters que M. Pallas a fait connatre (i). Une des espces les plus extraordinaires , si elle tait com- pltement authentique , serait le mus hiirs irais , de Shaw , originairedu Canada , cendr , dont les poches, quand elles sont remplies, sortiraient des deux cts de la bouche et surpasseraient la tte en grosseur. On lui donne cinq ongles devant , dont les trois du milieu trs-longs et propres fouir , et quatre derrire ; sa queue est courte et sa taille approche de celle du surmulot. Les Gerboises. (Dipus. Gmcl. ) Ont les mcmes dents que les rats, une longue queue touffue au bout, une tte large, de grands yeux saillans, et surtout des extrmits postrieures d'une longueur dmesure en comparaison de celles de devant 5 ce qui les a fait nommer rats deux pieds par les anciens. En efl'et , elles ne vont gure que par grands sauts sur leur| pieds de derrire. Leurs pieds de devant ont cinq doigts; dans ceux de derrire, le mta- tarse des trois doigts du milieu n'est form que d'un seul os, comme ce qu'on appelle le tarse des oiseaux; il y a en outre, dans certaines espces, de petits doigts latraux {?-). Elles vivent dans des terriers et tombent en une lthargie profonde pendant l'hiver. (1) M. accedula , arenarius , phus , songarus , fuiuncuhis. Pall. Glir. et Schreb. (2) Le nnis longlpes de Lin. , ou meridianus de Pall. , parat devoir' for- mer un nouveau sous-genre. Le twnaricinus s'y joindra probablement, si ce n'est pas un loir : nous n'avons vu ni l'un ni l'autre. Il est vraisembla- ble qu'il faudra y rapporter le m, gerbillus d'Olivier , le ji. canadensis de Pennant et de bliaw ^ et le dipus indiens. Linn. Trans. Vill , vu. Ce * .sont les gerbiUas de Desmarels , et les mtriones d'Iiliger. ^00 MAMMIFRES. Le Gerhoa [M. sagitta.) BulF. , Supp A'I, xxxix et xl. A trois doigts seulement, grande comuie un rat, d'un fauTe-clalr dessus, blanche dessous, le flocon de la queue noir, le bout blanc. Depuis la Barbarie jusqu'au nord de la mer Caspienne. J/Alactaga. {M.jacuJus. ) Pall. , Glir._, XX, Scbreb.^ CCXX\I1I. A deux petits doigts latraux (), les oreilles plus longues que la prcdente, mais peu prs les mmes couleurs. M. Pallas en a observ de trois grandeurs diffrentes, depuis celle du lapin jusqu' celle du rat : ce sont peut-tre autant d'espces. On trouve l'une ou l'autre depuis lai Syrie jusqu' l'Ocan oriental et jusqu'au nord de l'Inde. Nous nous voyons obligs de sparer des rats et d'tablir tout--fait comme genres les trois genres suivans : Les Rats-Taufes. (Spalax. Giildensledt. ) (2) m Ont les mmes mchelires que les rats, les hamsters et les gerboises, mais leurs incisives sont trop grandes pour tre recouvertes par les lvres; Textrmit des infrieures est en coin, c'est--dire, tranchant transverse rectiligne et non en pointe; tous leurs pieds ont cinq doigts courts et cinq ongles plats et menus; leur queue est trs-courte ou nulle, aussi- bien que leur oreille extrieure. Ils vivent sous terre, y creusent comme les taupes quoiqu'avec des nslru- inens bien moins puissans , levant la terre comme (1) C'est par une erreur de Sam. Gmelin que Buffon a cte' induit don- ner Talactaga quatre doigts aux pieds de derrire ; il en a cinq. (2) Aspaax , spalax y noms grecs de la taupe. r.ONGEURS. ^O elles , mais se nourrissant seulement de racines ; aussi leur il est-il excessivement petit. Le Zemni, Slepez, ou Rat^Taupe aveugle. [^I. t/phlus. L.) Pall., Glir., YIII, Schreb. , CCVI. JN'a mme point du tout d'il visible au dehors ; mais quand on enlve sa peau, on trouve un trs -petit poiqS noir qui parat organis comme un il, sans pouvoir servir la vision puisque la peau passe dessus sans s'ouvrir ni s'amincir , et sans j avoir moins de poils qu'autre part. Cet animal singulier a d'ailleurs un air tout--fait informe par sa grosse tte anguleuse sur les cts^ par ses pieds courts et parce qu'il n'a aucune queue. A peu prs de la taille de notre rat , d'un cendr tirant sur le roux, il bah ite tout l'orient de l'Europe et les parties voisines de l'Asie jusqu'en Perse. U se pourrait , comme le ditM. Olivier , qu'il et donn aux anciens l'ide de faire la taupe lout--falt aveugle. Les Rats-Taupes du Cap. (Orycter. Fr. Cuv. Bathyergus. lilig) () Avec la forme, les pieds et les incisives tronques des prcdens, ont quatre mchelires partout et les postrieures profondment chancres au ct externe; leur il est, quoique petit, dcouvert, et ils ont une courte queue. On en connat deux espces. Le Rat- Taupe des Du7ies. {Mus maritimus. L.) Bul". ^ Supp. VI , xxxviir. D'un gris blanchtre , presque de la taille d'un lapin, Le petit Rat-Taupe du Cap, ( M, Capensis, ) BufF. , Supp. XI, xxxvr. Brun, une tacie autour de l'il, une autour de l'oreille^ (i) Bathyergus , qui travaille dans la piofondcur. Oryclcre ^ fonceur. '202 MAMMIFRES. une au vertex et le bout du museau blanc; grand comms un cochon d'Inde. Tous deux sont communs dans les environs du Cap de Bonne-Esprance^ et j creusent tellement la terre, qu'il est dangereux d'y courir cheval (i). Les HelA3iys, Fred. Cuv, vulgairement livres- sauteurs, (Pedetes. llig. )(2) Que l'on a placs jusqu'ici avec les gerboises, leur ressemblent en effet par leur tte large, leurs gros yeux, leur longue queue, et surtout par la petitesse de leur train de devant et la grandeur de celui de derrire, quoique la disproportion en soit beaucoup moindre que dans les vraies gerboises. Les caractres particuliers des hlamys sont quatre mchelires par- tout composes chacune de deux lames, cinq doigts aux pieds de devant arms d'ongles trs - longs et pointus, et quatre leurs grands pieds de derrire, tous distincts, mme par les os du mtatarse, et termins par des ongles larges et presque semblables rr des sabots. Ce nombre de doigls est l'inverse de celui qui est le plus gnral parmi les rats. Leurs incisives infrieures sont tronques et non pointues comme celles des vraies gerboises et de tous les autres animaux compris sous le genre des rats, les seuls rats- taupes excepts. On n'en connat qu'une espce du Cap de Bonne- (i) M. lUiger spare le M. Capensls du Bathyergus , ou m, maritimus , pour le mettre avec le m. Hudsonius , et Vaspalax ou ses Georychus. Mais la coiilormation du mus Capensis est absolument la mme que celle du m. maritimns, ainsi que nous nous en sommes assure's, {lyjlelamys f rat-sauteur. Pedetes , sauteur. RONGEURS. 203 Esprance, grande comme un lapin, fauve -clair, queue ouiFue , noire au bout ( mus cafer, Pall. Dipus cafer. Gm.) BuET. , Supp. Yl , XLi. Grnelin avait dj spar du genre des rats Les Marmottes, ( Akctomys. Gm. ) (i) Qui ont avec les incisives infrieures pointues des autres animaux compris dans ce grand genre , cinq mchelires de chaque ct en haut et quatre en bas toutes hrisses de pointes; aussi quelques espces se dterminent-elles aisment manger de la chair et prennent-elles des insectes aussi-bien que de l'herbe. Ce sont des animaux jambes courtes, queue velue mdiocre ou courte, tte large et aplatie, qui passent l'hiver en lthargie dans des trous profonds dont ils ferment l'entre par un amas de foin. Ils vivent en socit et s'apprivoisent aisment. On en connat trois espces dans l'ancien continent : La Marmotte des Alpes. ( M. Alpinus. L. ) BufF. , YIII, XXVIII. Grande comme un lapin , queue courte , pelage gris- jauntre, avec des teintes cendres vers la tte. Elle vit dans les hautes montagnes immdiatement au-dessous des neiges perptuelles. La Marmotte de Pologne ou Bobac. {M. hobac. L. ) j^Pall., Glir. , V, Sclireb. , GGIX. Grande comme la prcdente, gris-jaunatre , avec des teintes rousses vers la tte. Habite les montagnes peu leves et les collines depuis la Pologne jusqu'au Kamt^chalka creuse souvent dans les terrains les plus durs. ^ _ 4^:^ (i) ArcLo-mys , rat-ours. / 204 MAMMIFRES. Le Souslik ou Zizel, (M. ciiillus. L.) Buff., Supp., II, XXXI. Joli petit animal gris-brun^ onde ou tacliet de Liane par gouttelettes, qui se trouve depuis la Bolime jusqu'en Sibrie. Il a un got particulier pour la cbair, et n'pargne pas mme sa propre espce. L'Amrique en a aussi quelques espces (i). Les Ecureuils. (Sciurus. L. ) Que Ton a toujours regards comme un genre part;, se font reconnatre par leurs incisives inf- rieures trs - comprimes , et par leur queue lon- gue , garnie de poils longs et pars , dirigs sur les cts comme des barbes de plumes. Ils ont quatre doigts devant et cinq derrire. Quelquefois le pouce de devant se marque par un tubercule. On leur compte partout quatre mchelires tuberculeuses , et une trs-petite en avant y en haut y qui tombe de bonne heure. Ce sont des animaux lgers , vivant sur les arbres , y nichant , se nourrissant de fruits , dont la tte est large , et les yeux saillans et vifs. On en compte beaucoup d'es[)ces dans les deux continens. U Ecureuil commun. {Sciurus vilgaris.) Buff., VII, xxxn. D'un roux vif, les oreilles termines par un bouquet de poils ; ceux du nord deviennent d'un beau cendr-bleutre en biver , et donnent alors la fourrure appele /?^f//-gns : il y en a aussi des varits brunes et noires. (i) Arct. mouax. Buff. Supplment III , :xxvni. A. emptra. Shrcb. CCX. RONGEURS. 205 Les espces d'Amrique n'ont pas de pinceaux aux oreil- les. Tels sont ^^ JJEcureuil gris de Caroline, ( Sciuriis cinereus. Lin. ) Petit-Gris de Buff. , X , xxv. Plus grand que le ntre , cendr , ventre Liane. \J Ecureuil masque , du mme pays. ( Se. capistratus. Bosc. ) Se. cinereus, SchreL. ccxiii , B. Cendr , tte noire , museau , oreilles et ventre Lianes. L'un et l'autre varient par plus de Lrun ou de noir, et de- Tiennent quelquefois tout noirs (i). La plupart des espces de l'ancien continent sont auas destitues de ces pinceaux. L'une des plus Lelles est Le grand Ecureuil des Indes, ( Se. maximus et maerou- rus (2). Gm. ) Buff., Sup. , VII, lxxii. Presque aussi grand qu'un chat, noir dessus, flancs efe sommet de la tte d'un Leau marron vif j la tte, tout le dessous du corps et le dedans des memLres jaune ple ; une Lande marron derrire la joue. Il LaLite sur les palmiers, et se plat surtout au suc laiteux des noix de coco. Il y a aussi dans les pays cLauds quelques cureuils re- narquaLles par les Landes longitudinales dont leur pelage egt vari. Tels sont Le Barharesque. ( Se. getulus. L. ) Buff. , X, xxvii. Dont les Landes s'tendent jusque sur la queue. Le Palmiste. ( ^s^. palmarum. L. ) Buff. X , xxvi. Il est proLaLle qu'il faudra distinguer des cureuils certaines espces qui ont des aLajoues comme les Lamsters, et qui pas- (1) Le Se. vulpinus y le caroinensis et le niger n'en paraissent que des varits. (2) Il sufllt de comparer les figures de Pennant et de Sonnerai pour juger qu'elles reprsentent le mme aaima!. 20G MAMMIFRES. sent leur vie dans des trous souterrains V Tamias lUqer. ) Tel est l^^ le suisse, (^c. striaus. Lin. ) BufF. , X , xxviii. Qui se trouve dans tout le nord de l'Asie et de l'Amri- que , surtout dans les forts de pins. Sa queue est moins fournie que dans l'cureuil d'Europe , ses oreilles rases , et son pelage brun avec cinq raies noires et deux blanchtres. U Ecureuil de la haied'Eudson. {Se. Hadsonius.) Sclireb. ccxiv. A pelage brun-roux, avec une seule raie noire sur chaque flanc y en parat trs-voisin. On devra probablement distinguer encore les giierlinguets , espces de l'Amrique mridionale , longue queue, presque ronde , scrotum norme et pendant. BufF. , Sup. ^ VII , lxv , I-XVl (i). On a dj spar Les POLATOUCHES. ( pTEROMYS. CuV. ) Auxquels la peau de leurs flancs , s'tendant entre les jambes de devant et celles de derrire , donne la facult de se soutenir en l'air quelques instans, et de faire de trs-grands sauts. Leurs pieds ont de longs appendices osseux qui soutiennent une par- tie de celte membrane latrale. Il y en a une espce en Pologne , en Russie et en Sibrie. ( Sciurus volans. ) Scbreb. , ccxxtii. Gris-cendr dessus, blanche dessous ;, grande comme uiY rat , la queue de la moiti de la longueur du corps seule- ment : elle vit solitaire dans les forets. Une du nord de l'Amrique. (i) Nous avons U'ouv cepeudaut aux tamia et aux guerllnguets les mmes molaires qu'aux cureuils et qu'aux polatouches. RONGEURS. 207 ( Se. volticcella. ) BulF. , X, xxi. Gris-rousstre dessus, hlanclie dessous , moindre que la prcdente, queue seulement d'un quart moindre que le corps : elle vit en troupes dans les prairies tempres de l'A- mrique septentrionale. Une dans l'arcliipel des Indes, presque grande comme un cliat -, le mle d'un beau marron vif dessus , roux dessous j la femelle brune dessus , blanclitre dessous. C'est le ( Se. petaurista. ) Ta^uan, Duff. , Sup. ^ II , xxi , et YI , X.XVTI. Mais ce mme archipel en produit aussi une petite. ( Se. satina, ) Brun fonc dessus, blanc dessous, qui se dislingue sur- tout des autres petites espces, parce que sa membrane forme, ainsi que dans le taguan , un angle saillant trs-aigu der- rire le poignet. Enfin M. GeofFroi a aussi spar avec raison de ce genre Les Aye-Aye. Geoff. (Cheiromys. Cuv. ) (i) Dont les incisives infrieures encore beaucoup plus compri- mes, et surtout plus tendues d'avant en arrire que dans les cureuils , ressemblent des socs de charrue j leurs pieds ont tous cinq doigts , dont quatre de ceux de devant sont excessivement allongs, et, dans ce nombre , le mdius est beaucoup plus grle que les autres ; dans les pieds de derrire , le pouce est opposable aux autres doigts ; en sorte qu'ils sont cet gard ^ parmi les rongeurs , ce que sont les sarigues parmi les carnassiers On ne connat qu'une es^jce d'aje-aye dcouverte Ma- dagascar par Sonnera t. . (Sciurus Madagascariensis.) Gm. , BulF. , Sup , YII , lxviii. Grande comme un livre , d'un brun ml de jaune , queue longue et paisse, garnie de gros crins noirs, grandes () Pteromys f rAt Ril. Chiromys : rat main. 208 MAMMIFRES. oreilles nues. C'est un animal nocturne , dont les mouve^ mens sont pnibles , et qui vit claus un terrier. Il se sert de son doigt grle pour porter les alimens sa bouche. La seconde division des rongeurs , com- prend les genres qui n'ont que des rudimens de clavicules. Le plus facile distinguer est celui des PoPtC-Epics. (Hystrx. Lin.) Qui se font reconnatre au premier coup-d'il par les piquans roides et aigus dont ils sont arms comme les hrissons parmi les carnassiers. Ce sont des ani- maux quatre mclielires partout , cylindriques , marques sur leur couronne de quatre ou cinq em- preintes enfonces. Leur langue est hrisse d'caills pineuses. On leur compte quatre doigts devant et cinq derrire , arms de gros ongles. Ils vivent dans des terriers ^ et ont beaucoup des habitudes des la- pins. Leur voix grognante j jointe leur museau gros et tronqu , sont ce qui les a fait comparer au porc, l^e Porc-Epic commun o\x a crinire. [Hjst, cristata.h.) Buff. ;, XII; LI , i-ii. Plus grand qu'un livre , ijdes pines trs-longues et trs- fortes sur l dos j une crinire de longues soies sur la tte et sur la nuque j la queue courte , termine par des tuyaux ouverts , ports sur des pdicules , et qui sonnent beaucoup quand l'animal les secoue. D'Ilalie , de Grce, (3e Barbarie, mme des Inde-s orientales RONGEURS. 20g X'G Porc-Epic queue prenante. ( Flist. prehensiiis'h.) Cuendu. Mai g. , Hoilzllaquatzin , Herm. (i). A queue longue et prenante y dpourvue d'pines dans sa iioiti postrieure -, les pines courtes partout. Des parties chaudes de l'Amrique , o il se tient souvent sur les arbres. Le Porc-Epic queue en pinceau. { Flist. Jasciculata. L.) A queue longue , termine par un faisceau d'pines ap- platies comme des lanires de parcliemin les pines du corps aplaties comme des lames d'pej. Des Indes , au del du Gange (2). Le Porc-Epic velu. (Hist. orsata. L. ) Urson de BuiFon , XII , l.Y. A queue mdiocre, les pines eu grande partie cacies dans le poil. Du nord de l'Amrique. Les Livres. ( Lepus. Lin. ) Ont aussi un caractre trs-dislinclif , en ce que leurs incisives suprieures sont doubles, c'est--dire que chacune d'elles en a par derrire une autre plus petite. Leurs molaires , au nombre de cinq partout^ sont formes chacune de deux lames verticales sou- des ensemble, et il s'en trouve en haut une sixime simple et trs-petite. Il ont cinq doigts devant, qua- tre derrire , un norme ccum cinq six fois plus (1) Ce mot veut dire en inexicain sarigue pineux, parce qu'il a !a queue prenante du sarigue. C'est le coemlou longue queue. Bui. Suppl. VII , pi. Lxxvrii. (3) C'est le porc-plc de Malaca. Ruff. Suppl. VII , lxxvii. UhysLrlx macroura. Seb. I , pi. lu et Schreb. CLXX, doit lui ressembler beaucoup. Seulement on reprsente les laaires de sa queue cowrae formes de plu- sieurs renflemens qui resseiblcnt autant de grains de riz. TOM. I, l4 a I O M A 31 1^1 1 F R E s. grand que Festomac , et garni en dedans d'une lame spirale qui en parcourt la longueur. L'intrieur de leur bouche et le dessous de leurs pieds sont garnis de poils comme le reste de leur corps. Les LivJiES proprement dits. ( Lepus. Cuv. ) Ont des oreilles longues, une queue courte, les peds de derrire bien plus longs, des clavicules imparfaites, l'espace sous orbitaire perc en rseau dans le squelette. Les espces en sont assez nombreuses, et si semblables en- tre elles , qu'il est difficile de les caractriser. Le Lii^re commun^ (Lepus iimidiis. L.) Buff. , Yll , xxxviii. D'un gris-jauntre, les oreilles plus longues que la tl d'un dixime, cendres en arrire, noires la pointe, a queue de la longueur de la cuisse , blancbe , avec une ligne noire en dessus. Tout le monde connat cet animal, dont la cbair noire est agrable et le poil utile. 11 vit isol , ne se terre point, cou- clie plate terre, se fait cbasser en arpentant la plaine par de grands circuits, et n'a pu encore tre rduit en do- mesticit. Le Livre variable. {Lepus variabilis, Pall.) Schreb. ccxxxv, B. Un peu plus grand que le commun , oreilles et queug^ un peu plus courtes; celle-ci toute blancbe en tout temps y le reste du pelage gris en t et blanc en biver. Cet ani- mal , qui se trouve au nord et sur les hautes montagnes d midi de l'Europe , a les murs du livre commun , mais sa chair est insipide. Le Lapin. ( Lepus cuniculus, L.) BuiF. , YI , l. Moindre que le livre, les oreilles un peu plus courtes que la tte, et la queue moindre que la cuisse ; pelage gri- jnuntre , du roux la nuque , gorge et ventre blancbtres, oi-eillcs grises sans noir , du brun sur la queue. RONGEURS. 211 Cet animal , originaire d'Espagne , est aujourd'hui r- pandu dans toute l'Europe. Il vit en troupes dans des ter- riers, oii il se rfugie aussitt qu'il est poursuivi. Sa chair , blanche et agrable , diffre beaucoup de celle du livre. En domesticit , le lapin multiplie infiniment , et prend de* couleurs et des poils trs-varis. Les pays trangers fournissent plusieurs espces que Von ne distingue de notre lapin qu'en y mettant beaucoup d'at- tention. Telles sont Le Lapin de Sibrie. ( Lepus tola. Gm.) Schreb. ccxxxiv. Qui tient une sorte de milieu entre le livre et le lapin pour les proportions , et surpasse quelquefois le premier par sa taille. Sans faire des terriers , il se rfugie dans les fentes des rochers ou autres cavits. Le Lapin d* Amrique, ( Lepus Americanus et Brasilien- sis. Gm. ) Lepus nanus. Schreb. , ccxxxiv y B. De la taille et presque de la couleur du ntre , pieds rousstres , sans noir ni aux oreilles ni la queue j niche dans les troncs d'arbres , et remonte souvent dans leur creux jusqu' leurs branches. Sa chair est insipide et molle. D'autres ont avec notre livre une ressemblance tout aussi marque. Tel est Le Livre d'Afrique. (^Lepus Capensis. Gm.) Geoff. ^quadr. d'Egypte. A oreilles plus longues que la tte d'un cinquime ^ pres- que de la taille et de la couleur de notre livre ; pieds rousstres un peu plus longs. 11 parat se trouver d'une extrmit de l'Afrique l'au- tre j du moins celui d'Egypte n diffre-t-il pas de celui du Cap. Les Laoomys. Cuv. ( Laoomys. ) ( i ) Ont les oreilles mdiocres, les jambes peu diffrentes entr (i) Lagcmys , rat-livre. 212 MAMMIFRES. elles j le trou sous-oibitaire simple , des clavicules presque parfaites, et manquent de queue : ils font entendre souvent une voix fort aigu. On n'en a encore trouv qu'en Sibrie , et c'est Pallas qui les a fait connatre. (Glir. , pag. i et suiv. ) Le Lagomj'S nain. [Lepus pusillus.) Pall. j Glir. , I, Sclireb. , CCXXXVII. Gris-brun j grand comme un rat d'eau ; vit dans de petits terriers, en des contres fertiles , de fruits et de bourgeons. Le Lagonrys gris. ( Lepus ogotonna. ) Pall. ^ Glir. , III , Sclireb., ccxxxix. ^ Gris trs-ple , a pieds jauntres, un peu plus grand que le prcdent; niclie dans des tas de pierres, des fentes de rochers , etc...., o il amasse du foin pour l'hiver. Le Lagomj'-s pica: { Lepus Alpinus. ) Pall. , Glir. ; II , Sclireb. , ccxxxviii. Grand comme un cochon d'Inde , roux-jauntre ; habite les sommets les plus levs des montagnes, o il passe l't choisir et scher les herbes dont il fait sa provision d'hiver. Ses tas de foin, quelquefois hauts de six ou sept pieds, sont vme ressource prcieuse pour les chevaux des chasseurs de zibelines. Aprs les deux genres des porcs-pics et des li- vres , il en vient que Linnus et Pallas runissaient sousle nom deCAviA, mais auxquels il est impossible de trouver d'autre caractre commun et positif que celui de leurs clavicules imparfaites , quoique les espces qui les composent ne manquent pas d'ana- logie entre elles pour rha])itude du corps et pour les murs. Elles sont toutes du nouveau continent. Les Cabiais. ( Hydrochoerus. Erxleben. ) Ont quatre doigts devant et trois derrire , tous RONGEURS. 2l3 arms d'ongles larges et runis par des membranes ; quatre mchelires partout , dont les postrieures plus longues , composes de nombreuses lames sim- ples et parallles; les antrieures de lames fourchues vers le bord externe dans 'les suprieures , vers Tin- terne dans les infrieures. On n'en connat qu'une espce. Capfhara de Marg. Capij-goua de d'Azz. Cawia capibara de Lin. Cahiai de BufF. , XII , xlix. Grande comme un coclion de Siam, museau trs-pais^ jambes courtes , poil grossier, brun jauntre , sans queue : elle habite en troupes dans les rivires de la Guiane et des Amazones. C'est un bon gibier, et le plus grand des rongeurs. Le castor seul en approche pour la taille. Les Cobayes , vulgairement Cochons d'Inde. ( Anoema. Fred. ^ Cuv. ) ( Cavia. lUig. ) Reprsentent les cabiais en petit; mais leurs doigts sont spars ^ et leurs molaires n'ont chacune qu'une lame simple et une fourchue en dehors dans les su- prieures, en dedans dans les infrieures. On n'en connat qu'une espce , BufT. , YIII^ i, trs- multiplie aujourd'hui en Europe , oii on en lve dans les maisons , parce qu'on croit que son odeur chasse les rats. Elle y varie en couleur comme tous les animaux domestiques. 11 y a lieu de penser qu'elle vient d'un animal d'Amrique nomm aperea , de mme taille et de mme forme y mais pelage entirement gris-rousstre. On le trouve dans e& bois au Brsil et au Paraguay. 2l/^ MAMMIFRES. Les Agoutis. Cuv, ( Ciiloromys. Fred. Cuv. Dasyprocta. Illig. ) Ont quatre doigts devant, trois derrire, quatre mchelires partout presque gales, couronne plate irrgulirement sillonne, contour arrondi, chancr au bord interne dans les suprieures, Texterne dans les infrieures. Ils ressemblentypar leur naturel et par leur chair ^ nos livres et nos lapins, qu'ils repr- sentent en quelque sorte aux Antilles et dans les parties chaudes de TAmrique. JJ Abouti ordinaire. [Cavia acuti. L.) Buff. , Vll, t. A queue rduite un simple tubercule, poil brun , fauve sur la croupe dans le mle, grand comme un livre. IJAcouchi. {Cavia acuchi Gm. ) BufF., Supp. II,xxxvi. A queue de six ou sept vertbres, poil brun dessus, fauve dessous , grand comme un lapin. Les Pacas. (Coelogenus. Fred. Cuv.)(i) Ont, avec des dents assez semblables celles es agoutis, un trs-petit doigt de plus qu'eux au bord interne du pied de devant et un de chaque cot, galement trs-petit, au pied de derrire, ce qui leur fait cinq doigts partout. On remarque en outre une cavit creuse dans leur joue et qui s'enfonce sous un rebord form par une arcade zjgomatique trs-large et trs-saillante. On dit que leur chair est fort bonne. Il y en a une espce ou varit fauve et une brnne toutes deux tachetes de blanc. ( Cavia paca. L.) Buff. , X, xliii, Supp. III , XXXV. ^111 , Il _-- I ra il - -^ ^^ -^ (i) Anma , sans oxcQ\chloroniys , rat-jaune; dasyprocta , fesse velue j clogenus , joue creuse j /ij(//v cnocnis , cochon d'eau. r^ ii:> CINQUIME ORDRE DES MAMMII RES. LES DENTS Ou quadrupdes sans incisives , formeront notre dernier ordre d'animaux onguiculs. Quoique runis par un caractre ngatif seule- ment 5 ils ne laissent pas que d'avoir entre eux quelques rapports positifs , notamment de gros ongles qui embrassent l'extrmit des doigts et se rapprochent plus ou moins de la nature des sabots ; de plus une certaine lenteur , un d- faut d agilit 5 occasionn par des dispositions de leurs membres faciles apercevoir ; mais ces 'apports laissent encore des lacunes assez mar- ([ues pour que Tordre doive se diviser en trois tiibus. Les Tardigrades Formeront la premire. Ils ont la face courte. Leur nom vient de leur excessive lenteur, suite d'une structure vraiment htroclite, oii la na- ture semble avoir voulu s'amuser produire quelque chose d'imparfait et de grotesque. Le seul genre encore existant ou Les Paresseux. (Bradypus. L.) Ont des molaires cjliudiiques et des canines algues. 2l6 MAMMIFRES. plus longues que ces molaires, deux mamelles sif la poitrine et des doigts runis ensemble par la peau, et ne se marquant au-deliors que par d'normes ongles comprims et crochus, toujours flchis vers le dedans de la main ou la plante du pied. Leurs pieds de derrire sont articuls obliquement sur la jambe et n'appuient que par le bord externe \ les phalanges de leurs doigts sont articules par des gynglymes serrs, et les premires se soudent un certain ge aux os du mtacarpe ou du mtatarse : ceux-ci finissent par se souder ensemble faute d'usage. A cette incommo- dit dans l'organisation des extrmits, s'en joint une non moins grande dans leurs proportions. Leurs bras et leurs avant-bras sont beaucoup plus longs que leurs cuisses et leurs jambes , en sorte que , quand ils marchent, ils sont obligs de se traner sur leurs coudes ; leur bassin est si large et leurs cuisses telle- ment diriges sur le ct, qu'ils ne peuvent rapprocher les genoux. Leur dmarche est l'effet naturel d'une structure aussi disproportionne (i). Ils se tiennent sur les arbres et n'en quittent un qu'aprs l'avoir dpouill de ses feuilles, tant il leur est pnible d'en gagner un autre ; on assure mme qu'ils se laissent tomber de leur branche pour s'viter le travail d'en (i) M. Carlisle a observ que les artres des membres commencent par se diviser en une infinit de ramuscnles , qui se runissent ensuite en ua tronc d'o partent les branches ordinaires. Celte structure se rencontrant aussi dans les loris, dont la dmarche n'est gure moins paresseuse , il serait possible qu'elle exert quelque influence sur la lenteur des mouvemens. Au reste , les loris , l'orang-outang , le coaita, tous animaux trs-lents, se font tous remarquer par la longueur de leurs bras. DENTS. 217 descendre. Ils ne font qu'un petit qu'ils portent sur le dos. Les viscres de ces animaux ne sont pas moins singuliers que le reste de leur conformation. Leur estomac est divis en quatre sacs assez analogues aux quatre estomacs des ruminans , mais sans feuillets ^ ni autres parties saillantes Fintrieur , tandis que leur canal intestinal est court et sans ccum. TJy^. {Bradypus tridactjlus, L. ) BuIF. , XIII, V et VI. Est l'espce o la lenteur et les dtails d'organisation qui la produisent sont ports au plus haut degr. Il a trois doigts ou plutt trois ongles chaque pied; le pouce et le petit doigt rduits de petits rudimens cachs sous la peau et souds au mtatarse et au mtacarpe; la clavicule, aussi rduite un rudiment, est soude l'acromion. Les bras ont le double de longueur de ses jambes; le poil de sa tte^ de son dos et de ses membres est long, gros et sans ressort^ presque comme de l'herbe fane, ce qui lui donne un air hideux. Sa couleur est grise, souvent tachete sur le dos de brun et de blanc : plusieurs individus portent entre les paules une tach d'un fauve vif que traverse une ligne longitudinale noire. On ignore s'ils forment espce. Sa taille est celle d'un chat, et il porte une trs-courte queue. C'est le seul mammifre connu jusqu' ce jour qui ait neuf vertbres cervicales. UUnaii. (Bradj-ps didacijlus. Lw) Buff.^ XII, i. Qui n'a que deux ongles aux pieds de devant et point de queue du tout, est un peu moins malheureusement or- ganis que l'a. Ses bras sont moins longs, ses clavicules compltes ; il ne se soude pas un si grand nombre d'os ses pieds ni ses mains; son museau est plus allong, etc. 9.1 (S MAMM IF RE S. Il est de moiti plus grand que Ta et d'un gris-bru uniforme qui prend quelquefois une teinle rousstre. Ces deux animaux sont originaires des parties chaudes de l'Amrique. Ils seraient probablement dtruits depuis long-temps par les nombreux carnassiers de ce pays, s'ils n'avaient quelque dfense dans leurs ongles (i). M. Shaw, Gen. zooL, a dcrit, sous le nom de hradypus ursinus (Pbochilus. IHiger), un animal originaire des Indes, conduit vivant en Angleterre , de la taille et peu prs de la forme d'un ours , cinq doigts arms d'ongles tous les pieds, sans incisives, avec des canines et des molaires; mais celles-ci sont ingales entre elles, ce qui parat dj indiquer une diffrence gnrique d'avec les paresseux. Il est trs-intressant d'avoir une anatomie de ce singulier animal (2). La deuxime tribu comprend Les Edents ordinaires A museau pointu. Les uns ont encore des mchelires. Il y en a deux genres , Les Tatous. (Dasypus. L.) (3) Sont trs-remarquables parmi tous les mammifres^ par le test cailleux et dur , compos de compartimens (1) Il est singulier que le par. didactyle ii*aitpas t connu avant Se'ba , et qu'on se soit obstin long-temps d'aprs cet ignorant collecteur , le dire cie Cejlan. Erxleben l'a soutenu d'Afrique , parce qu'il prenait pour lui le poto de Bosmann , qui est un galago. (Voyez ce dernier genre. ) II est de fait que l'unau ne vient que de TAmrique mridionale. (a) M. Buchaaan , Voy. dans le Mysore , tome II, p. 198, assure que c'est un vritable ours > et qu'il se nourrit de fourmis blanches , de fruits de sorgho , etc. (3) Tatou est leur nom brasilien. On les nomme aussi (j/uirquincho. Les Espagnols les appellent xlv. A douze ou treize bandes intermdiaires , la queue longue et couverte d'caills tuiles, les compartimens carrs plus larges que longs. C'est le plus grand des tatous ; il a quelquefois plus de trois pieds sans la queue. Les Orcytropes. (Orycteropus. Geoff.) (i) Ont t long-temps confondus avec les fourmiliers , parce qu'ils usent^e la mme nourriture, ont la mme forme de tte, et que leur langue est aussi un peu extensible 3 mais ils s'en distinguent parce qu'ils ont des dents mchelires et que leurs ongles sont plats, propres fouir et non pas tranchans. La structure de leurs dents est diffrente de celle de tous les autres quadrupdes; ce sont des cylindres solides traverss, comme des joncs cannes , selon leur longueur, d'une infinit de petits canaux; leur estomac est simple, musculeux vers le pj'lore,leur'ccum petit et obtus. On n'en connat qu'une espce. UOryctrojje du Cap. {Mj-rmecophaga Capensis. Pall.) Buff.^ Supp. Yl, XXXI. Que les Hollandais de cette colonie nomment cochon de terre. C'est un animal de la taille du blaireau , bas sur jambes, poil ras, gris -bruntre, queue plus courte que le corps, galement rase; il a quatre doigts devant, cinq derrire. Il liabite dans des trous qu'il creuse avec une extrme facilit. On mange sa chair. Les autres dents ordinaires n'ont point ^^-^ ~ I I I - .^ .^i - I 111^ W P^ I II I . (i) Orycteropus , qui a les pieds propres fouir. 222 MAMMIFRES. de mchelres, et par consquent aucune sorte de dents ; il y en a aussi deux genres. Les Fourmiliers. (Myrmecophaga. L. ) Sont des animaux velus, long museau termin par une petite bouche sans aucune dent, d'o sort une langue filiforme, qui peut s'allonger beaucoup, et qu'ils font pntrer clans les fourmilires et les nids des termites, o elle relient ces insectes par le moyen de la salive visqueuse dont elle est enduite ; leurs ongles de devant forts et trancbans , qui varient en nombre selon les espces , leur servent dchirer les nids de termites et leur fournissent une assez bonne dfense. Dans l'tat de repos , ces ongles restent toujours demi-ploys en dedans , rpondant une callosit du poignet ; aussi l'animal ne pose-t-il le pied que sur le ct. L'estomac des fourmiliers est simple et musculeux vers le pylore, leur canal mdiocre et sans ccum (i). Ils vivent tous dans les parties chaudes et tempres du Nouveau -Monde, et ne font qu'un petit qu'ils ont rhabitude de porter sur le dos. Le Tamanoir. {Mjrmecopha^a jubata.) BufF., X, XXIX, et Supp. III, Lv. Long de plus de quatre pieds, quatre ongles devant, cinq derrire , queue garnie de longs poils dirigs verti- calement dessus et dessous, pelage gris-brun, avec une (i) Daubenton a fait connatre dans le F. didactyle deux trs-petiis ap~ pendices qui peuvent, la rigueur, tre pris pour des caecums. Je me fcuis assur qu^ils n'exitent point dans le tamandua. DENTS. 223 bande oblique noire borde de blanc sur cbaque paule ; c'est le plus grand des fourmiliers. On assure qu'il se dfend mme contre le jaguar. 11 babile les lieux bas, ne grimpe point aux arbres, marche lentement. Le Tamandua. (Mj-rmecophaga tamandiia. Cuv. Mfrrn. tetradractjla et tridactyla, L.) Schreb., LXYI. A forme et pieds du prcdent, mais de plus de moiti moindre ; sa queue poil ras, prenante et nue au bout, lui sert se suspendre aux branches des arbres. Il y en a de gris- jauntres , avec une bande oblique sur l'paule , sensible seulement par le reflet , de fauves bande noire , de fauves bande, croupe et ventre noirs ^ enfin , d'entirement noi- rtres. On ne sait pas encore si ces diffrences tiennent aux espces. Le Fourmilier deux doigts. ( Mj-rm. didactfla. Lin, ) Buff. X,xxx. Grand comme un rat , poil laineux , fauve , une ligne rousse le long du dos , queue prenante et nue au bout , deux ongles seulement devant , dont un trs-grand , quatre der- rire (i). Les Pangolins (2). ( MANis.'Lin.) vulgairement Fourmiliers caillcux* Manquent de dents , ont la langue trs-extensible, et vivent de fourmis et de termites , comme les four- (i) Le myrmecophaga tridactyla , L. Sba, pi. F. n'est qu'un taman- dua mal reprsente. Le m. striata , Shaw. Buff. Suppl. III, pi. ivi , est un coati dfigur par l'empailleur. (a) Pangoeling j dans la langue de Java , signifie , selon Sba, un ani- mal qui se roule en boule. On le nomme au Bengale badjarkita ou reptile de pierre j on l'appelle aussi carpe de terre. De matelol hollandais Ta- liaient nomm diable de Formose , etc. 2^4 MAMMIFRES. miliers proprement dits ; mais leur corps ^ leurs membres et leur queue sont revtus de grosses cailles tranchantes y disposes comme des tuiles , et qu'ils relvent en se mettant en boule quand ils veulent se dfendre de quelque ennemi. Tous leurs pieds ont cinq doigts. Leur estomac est lgrement divis dans le milieu : ils manquent de ccum. On n'en trouve que dans l'ancien continent. Le Pangolin a queue courte. ( M. pentadactjla. Lin. M. hraclijura. Erxl.) BufF.^ X, xxxiv. Long de trois ou quatre pieds , queue moindre que le corps. Des Indes orientales. C'est le Phattagen d'Llien , lib. XVI , cap. YI. Le Pangolin longue queue. PJiatagin de Buff. ( M.telra- dacljla j Lin. M. macroura , Erxl. ) Buft". , X, xxxiv. Long de deux trois pieds , queue du double plus lon- gue que le corps , les cailles armes de pointes. Du S- ngal, de Guine j etc. (i), La troisime tribu des dents comprend les animaux que M. Geoffroy dsigne sous le nom de Monotrmes , parce qu'ils n'ont qu'une ouverture extrieure pour la semence ^ l'urine et les autres excrmens. Leurs organes de la gnration prsentent des anomalies extraordi- naires ; quoiqu'ils n'aient point de poche sous le ventre , ils portent sur leur pubis les mmes os surnumraires que les carnassiers marsu- (i) Nous avons constalc la patiie dn pangolin longue qucttc par le rap- port de M. Adanson et d'aunes voyageurs. DENTS 229 paiix ; les canaux dfrens se rendent dans rurtre,qu s'ouvre dans le cloaque la base de la verge , et celle-ci n'est point perce , n'est pas mme creuse d'un sillon pour conduire la se- mence. Ils n'ont pour toute matrice que deux canaux ou trompes qui s'ouvrent sparment dans Turtre , lequel donne dans le cloaque. Comme enfin il a t impossible jusqu' pr- sent de leur dcouvrir des mamelles , on eu- est savoir si ces animaux sont vivipares ou ovipares. Ils ne prsentent pas moins de singu- larits dans leur squelette, surtout cause d'une sorte de clavicule commune aux deux paules , place avant la clavicule ordinaire et analogue la fourchette des oiseaux. Enfin , outre leurs cinq ongles tous les pieds , les mles portent ceux de derrire un ergot particulier attach sur l'astragale, et comparable celui de cer- tains galinacs. Ces animaux n'ont pas de conque externe l'oreille et leurs yeux sont fort petits. Les monotrmes ne se trouvent qu' la Nou- velle-Hollande 5 oi ils n'ont t dcouverts cjue depuis que les Anglais s'y sont tablis. On a connait deux genres. TOME I > 2 26 MA m M I F Px E s. Les Echidns. (Echidna. Cuv. Tachyglossus. Illig. ) autrement Fourmiliers pineux. Leur museau allong , termin par une petite bou- che, contient une langue extensible comme celle des fourmiliers et des pangolins. Aussi vivent-ils de fourmis comme ces deux genres. Ils n'onl point de dents; mais leur palais est garni de plusieurs ranges de petites pi- nes diriges en arrire. Leurs pieds courts ont cliacun cinq ongles trs4ongs , trs -robustes et propres creuser, et tout le dessus de leur corps est couvert d'pines comme celui du hrisson. Il parait qu'au moment du danger , ils jouissent galement de la facult de se rouler en boule. Leur queue est trs- courte; leur estomac est ample, et presque globu- leux , et leur ccum mdiocre; leur verge se termine par quatre tubercules. On en connat deux espces. JEchidn pineux. {Echidna histrix. ) { Ornithorhjnchus histrix. Home. Myrinecophaga aculeata. Sliaw. Tout couvert de grosses pines. UEchidn soyeux. ( Echidna setosa, ) ( Ornit/tor. setO" sus. Ho aie. ) Couvert de poils, parmi lesquels les pines sont demi- cacties. Les Ornithorinques. ( Ornithorhynchus. Blumenbach. Platypus. Shaw. ) Leur museau allong , et en mme temps singuli- rement largi et aplati , offre la plus grande ressem- blance extrieure avec le bec d'un canard , d'autant | )lus que ses bords sont garnis de mme de petites lames D ENTES. l'in transverses. 11 n'y a de dents que dans le fond de la bouclie , au nombre de deux partout, sans racines , couronnes plates , et composes, comme celles de Torictrope , de petits tubes verticaux. Les pieds de devant ont une membrane qui non-seulement runit les doigts, mais dpasse beaucoup les ongles 3 dans ceux de derrire , la membrane se termine la racine des ongles , deux caractres qui , avec la queue aplatie, font des ornithorinques des animaux aqua- tiques. Leur langue est en quelque sorte double , une dans le bec , hrisse de villosits, et une autre sur la base de la premire, plus paisse , et portant en avant deux petites pointes charnues. L'estomac, est petit, oblong, et a le pylore prs du cardia. Le ccum est petit : on voit dans l'intestin beaucoup de lames saillantes et parallles. La verge n'a que deux tubercules. Les ornithorinques luibitent les ri^ vircs et les marais de la Nouvelle-Hollande , prs du port Jackson. On n'en connat que deux espces-, l'une poil rous- stre , menu et lisse. ( Ornithohjndus paradoxus. Bluin. ) L'autre poilhruo-noirtre, aplati etcipu. Peut-tre ne sont - ce que des varits d'ge. Yoy. de Prou , I ^ pi. xxxiv. SIXIME ORDKE DES MAMMIFRES. LES PACHYDERMES, Les dents terminent la srie des animaux ODgnIculs 5 et nous venons le voir qu'il en est 228 Mammifres. quelques-uns dont les ongles sont si grands et enveloppent tellement rextrmit des doigts , qu'ils se rapprochent jusqu' un certain point des animaux sabots. Cependant ils ont encore la facult de ployer ces doigts autour des divers objets et de saisir avec plus ou moins de force. L'absence entire de cette facult caractrise les animaux sabots; se servant de leurs pieds uni- quement comme de soutiens , ils n'ont jamais de clavicules ] leurs avant-bras restent conti- nuellement dans l'tat de pronation , et ils sont rduits a patre les vgtaux ; leurs formes comme leur genre de vie offrent beaucoup moins de varits que celles des onguiculs ; et Ton ne peut gure y tablir que deux ordres , ceux qui ruminent et ceux qui ne ruminent point; mais ces derniers, que nous dsignons en commun sous le nom de pachydermes ^ didmet- tent quelque subdivision en familles. La premire sera celle des Pachydermes trompe et dfenses^ ou Proboscidiens (i). Qui ont cinq doigts a tous les pieds, bien complets dans le squelette , mais tellement encrots dans la peau calleuse qui entoure le ( I ) Les probosc idiens ont divers rapports avec certains rongeurs j i *' leur grandes incisives i 2 leurs mcfielires formes souvent de lames parallles^ 5" la forme de plusieurs de Ipurs os , etc. PACHYDERBES. 2 2g ped 5 qu'ils n'apparaissent au dehors que par les ongles attachs sur le bord de cette espce de sabot. Les canines et les incisives proprement dites leur manquent , mais dans leurs os inci- sifs sont implantes deux dfenses qui sortent de la bouche et prennent souvent un accroisse- ment norme. La grandeur ncessaire aux al- voles de ces dfenses rend la mchoire sup- rieure si haute et raccourcit tellement les os du nez, que les narines se trouvent dans le squelette vers le haut de la face ; mais elles se prolongent dans l'animal vivant en une trompe cylindrique, compose de plusieurs milliers de petits muscles diversement entrelacs , mobiles en tout sens , doue d'un sentiment exquis , et termine par un appendice en forme de doigt. Cette trompe donne l'lphant presque eiutant d'adresse que la perfection de la main peut en donner au singe. Il s'en sert pour saisir tout ce qu'il veut porter a sa bouche et pour pomper sa boisson , qu'il lance ensuite dans son gosier, en y recour- bant cet admirable organe , et il supple ainsi un long cou, qui n'aurait pu porter cette grosse tte et ses lourdes dfenses. Au reste, les parois du crne contiennent de grands vides qui ren- dent la tte plus lgre ; la mchoire infrieure n'a point d'incisives du tout ; les intestins sont 2 3o MAMMIFRES. trs-volumineux , Testomac simple , le coecuni norme , les mamelles , au nombre de deux seulement , places sous la poitrine. Le petit tette avec la bouche et non avec la trompe. On ne connat dans la nature vivante qu'un genre de proboscidiens , qui est celui des r Elphans. ( Elephas. L. ) Lequel comprend les plus grands des niammilres terrestres. Le service tonnant qu'ils tirent de leur trompe , la fois instrument agile et vigoureux , organe du tact et de l'odorat , contraste avec leur as- pect grossier et leurs lourdes proportions ; et comme il se joint une physionomie assez imposante , il a coniribu a faire exagrer fintelligence de ces ani- maux. Aprs les avoir tudis long-temps , nous n'a- vons pas trouv qu'elle approcht de celle du chien ni de plusieurs autres carnassiers. D'un naturel d'ail- leurs assez doux, les elphans vivent en troupes sous la conduite des vieux mles. Ils ne se nourrissent que de vgtaux. Leur caractre distnctif consiste en des mche- lires dont le corps se compose d'un certain nombre de lames verticales , formes chacune de substance osseuse , enveloppes d'mail , et lies ensemble par une troisime substance appele corticale , sembla- bles en un mot celles que nous avons vues dans les cabiais et dans plusieurs autres rongeurs. Ces m- cheliressesucc(Vient,non pas verticalement, conme lds mchelicres de remplacement succdent nos PACHYDERMES. 2'yl mclielires de lait, m s d'arrire en avant, de fa- on qu' mesure qu'une dent s'use , elle est en mme temps pousse en avant par colle qui vient apris; en sorte que l'lpliant a tantt une , tantt deux nta- clielirts de c^aqjie ct , quatre ou huit en tout, selon leri poques. Les premires de ces dents ont peu de iatnes , et celles qui leur succdent en ont toujours davantage. On ditque certains elphans clian- gent airisi jusqu' huit fois de mclielires. lis ne chan- gcleux compltement rduite^ l'tat domestique (f). Le Chameau deux bosses. {Camelus bacrianus. L.) BuIF., XI, xxu. Originaire du centre de l'Asie , et qui descend beaucoup moins vers le midi que Le Chameau une seule bosse. ( Camelus dromedariur, L. ) Buir., XI, IX. Qui s'est rpandu d'Arabie dans tout le nord de l'Afrique et dans une grande partie de la Syrie , de la Perse, etc. Le premier est le seul qu'on emploie en Turqueslan, au Thibet, etc.-, on en conduit jusque prs du lac Bacal. Le second est assez connu par sa ncessit pour traverser le dsert et comme seul moyen de liaison des pays qui y confinent. Le chameau deux bosses va mieux daas les terrains humides; il est plus grand et plus fort que l'autre. Dans le temps de la mue, il se dpouille enlirement de son poil. C'est le chameau une seule bosse qui porte le plus loin la sobrit. Le dromadaire en est proprement une va- rit plus lgre et plus propre la course. La chair et le lait des chameaux servent la nourriture^ (i) Pallas rapporte , sur la foi des Buchares et des Tartares , qu'il y a des chameaux sauvai:;es daus 1rs ddsert du milieu de l'Asie 5 mais il faut remarquer que les Calmouques, par principe de religion, donnent la. ii!)eit toutes FOi'tes d'animaux. RUMINANS. !l5l et leur pol au vtement des peuples qui les possdent. Tous deux deviennent presque inutiles dans les terrains pierreux. Les Lamas. (Auchenia, Illiger. ) Ont les deux doigts spars et manquent de loupes. On n'en connat aussi que deux espces bien distinctes , l'une et l'autre du Nouveau-Monde, et beaucoup plus petites que les deux prcdentes. Le Lama ou, dans l'tat sauvage, Guanaco. (Camelus llacma, L. ) BulF. , Supp. YI, xxvii. Grand comme un cerf, pelage grossier et chtain, qui varie de couleur en domesticit. C'tait la seule bte de somme du Prou quand on en lit la conqute ; il porte cent cinquante livres, mais ne fait que de petites journes. La Figogns ou Paco. ( Camelus Ficunna, L. ) Buff. , Supp. VI ^ XXVIII. Grande comme une brebis, couverte d'une laine fauve, d'une finesse et d'une douceur admirables, qui donne des toffes prcieuses ; elle pend en longues soies sOus la poitrine. Les Cievrotains. ( Moschus. L. ) Beaucoilp moins anomaux que les chameaux, ne diffrent des ruminans ordinaires que par Tabsence des cornes, par une longue canine, de chaque ct I de la mchoire suprieure, qui sort de la bouche dans les mles, et enfin parce qu'ils ont encore dans leur squelette un pron grle qui n'existe pas mme dans les chameaux. Ce sont des animaux charmans par leur lgance et leur lgret. Le Musc, {Moschus moschiferus, L.) Buff. , Supp. VI , XXIX. Est l'espce la plus clbre. Grande comme un cbevreuil, presque sans queue ) elle est toute couverte d'un poil si gros 252 ' MAMMIFRES. et si cassant, qu'on pourrait presque lui donner le nom d'pines ; mais ce qui la fait surtout remarquer, c'est la poche situe en avant du prpuce du mle, et qui se remplit de celle substance odorante si connue en mdecine et en parfumerie sous le nom de musc. Celte espce parait propre cette rgion pre et pleine de rochers, d'o descentlenl la plupart des fleuves de l^Asle, et qui s'tend entre la Sibrie , la Chine et le Tliibet. Sa vie est nocturne et solitaire , et sa timidit extrme. C'est au Thibet et au Tunquin qu'elle donne le meilleur musc; dans le nord, cette substance n'a presque pas d'odeur. Les autres chevrotains n'ont point de bourse musc. Ils vivent tous dans les pays chauds de l'ancien Con- tinent (i) ; ce sont les plus petits et les plus lgans de tous les rurainans (2), Tout le reste des rumnans a , au moins dans le sexe inle , deux cornes ^ c'est-a-dre , deux prominences plus ou moins longues des os frontaux , qui ne se trouvent dans aucune autre famille d'animaux. Dans les uns ces prominences sont revtues d'un tui , de substance lastique 5 compo- se comme de poils agglutins ^ qui croit par couches , et pendant toute la vie; on donne en particulier le nom de corne la substance de cet tui 5 et lui-mme porte celui de corne (1) Le moschus Americanus , tabli d'aprs Sba , n'est qu'un jeune ow une femelle d'un des cerfs de la Guiane. (1) Moschus pYgtnus , Buff. XH, xlii. Moschus memina , Schreb. ccxliii. Moschus Javaiiicus , BuiY. supp. VI, xxx* RUMINANS, 253 creuse. La prominence qu'il enveloppe crot comme lui pendant toute la vie et ne tombe ja- mais. Telles sont les cornes des bufs j des moutons , des chres et des antilopes. Dans d'autres , les prominences ne sont en- veloppes cjue d'une peau velue , qui se conti- nue avec celle de la tte , et qui ne se dtruit point 5 ces prominences ne tombent pas non plus ; la seule girafe en a de telles. Enfin 5 dans le genre des cerfs , les promi- nences couvertes pendant un temps d'une peau velue comme celle du reste de la tte ;> ont a leur base un anneau de tubercules osseux , qui, eu grossissant , compriment et oblitrent les vais- seaux nourrissiers de cette peau. Elle se dess- che et est enleve ; la prominence osseuse mise nu 5 se spare au bout de quelque temps du crne auquel elle tenait ; elle tombe , et l'ani- mal demeure sans armes. Mais il lui en repousse bientt de nouvelles , d'ordinaire plus grandes que les prcdentes, et destines subir les mmes rvolutions. Ces cornes , purement os- seuses, et sujettes des changemens priodi- ques 5 portent le nom de bois. Les Cerfs. (Cervus.) ^ Sont donc tous les ruminans dont la tte est arme de boisj mais^ si l'on excepte l'espce du rhenne^ 254 MAMMIFRES. les lemelles en sont toujours dpourvues. La substance de ce bois, quand il a acquis tout son dveloppement, est un os trs-dense sans pores ni sinus; sa figure varie beaucoup selon les espces, et mme, dans chaque espce , selon Tge. Les cerfs sont des animaux trs-rapides la course, vivant gnralement dans les forets, d*herbes, de feuilles, de bourgeons d'arbres, etc. ^ On distingue d'abord les espces bois aplati en tout ou en partie ; savoir : UJElan, {C. alces. L. ) Elk ou Elend dans le nord de l'Europe, Moose-Deer des Anglo-Amricains, Orignal ^ des Canadiens. BuiF. , Supp. VII, lxxx. Grand comme un cheval et quelquefois davantage, jambes leves, museau cartilagineux et renfl ; une espce de goitre ou de pendeloque diversement configure sous la gorge j le poil toujours trs-roide , et d'un cendr plus ou moins fonc. Le bois du mle, d'abord eu dague, ensuite divis en lanires, prend, l'ge de cinq ans, la forme d'une lame triangulaire , dentele au bord externe et porte sur un pdicule. Il crot avec l'ge jusqu' peser cinquante ou soixante livres, et avoir quatorze andouillers ou dente- lures chaque corne. L'lan habite en petites troupes les forts marcageuses du nord des deux conlinens ) sa peau est prcieuse pour les ouvrages de chamoiserie. Jj^Ehenne, ( C. Tarandus.) Buff. , Supp. III, xvjii, his. Grand comme un cerf, mais jambes plus courtes et plus grosses; les deux sexes ont des bois diviss en plusieurs branches, d'abord grles et pointues, et qui finissent avec l'ge par se terminer en palmes largies et denteles ; son poil, brun en t, devient presque blanc en hiver. Le rhenne n'habite que lescontres glaciales des deux Continens. C'est l'animal si clbre par le service qu'en lirenl les BUMINANS. 255 Lapons, qui en ont de nombreux troupeaux, les conduisent l't dans les montagnes de leur pays , les ramnent l'hiver dans les plaines , en font leurs btes de somme et de trait, mangent leur chair , leur lait , se vtissent de leur peau , etc. Le Daim. ( C, Dama. L. ) Buflf. , YI, xxvii etxxviii. Moindre que notre cerf, en hiver d'un brun-noirtre , en t fauve tachet de blanc , les fesses en tout temps blanches, bordes de chaque ct d'une raie noire , la queue plus longue qu'au cerf, noire en dessus, blanche eu dessous- Le bois du mle est rond sa base avec un andouiller pointu , aplati et dentel en dehors dans le reste de la longueur j pass un certain ge, il rapetisse et se divise irrgulirement en plusieurs lanires. Cette espce , qui est le plaiiceros et non le dama des anciens, est commune dans tous les pays d'Eu- rope j il s'en trouve quelquefois une varit noire sans taches. Les espces bois ronds sont plus nombreuses; celles de^ pays temprs changent aussi plus ou moins de couleur en hiver. Le Cerf commun, {Cervus elaphus,) Buff., YI, IX, X, XII. A pelage en t fauve-brun , avec une ligne noirtre , et de chaque ct une range de petites taches fauve-ple le long de l'pine ; en hiver, d'un gris-brun uniforme; la croupe et la queue en tout temps fauve-ple. Il est naturel des forets de toute l'Europe et de l'Asie tempe're. Le bois du mle est rond et vient la seconde anne ; d'abord en forme de dagues , il prend ensuite plus de branches ou d'andouillers mesure qu'il avance en ge, et se couronne d'une espce d'empau- mure de plusieurs petites pointes. Le trs-vieux cerf noircit, et les poils de son col s'allongent et se hrissent, et c'est alors \ ce qu'Aristote nomme /2i/7pe7a/7/?AX\i ,\e ^ouazou poucou de Dazzara , il serait de la taille de notre cerf, de couleur rousstre , avec le dessus de la queue et le bout des pieds noirs, et recliereherait les lieux humides. C'est son bois que Pennant reprsente sous le nom de cervus Mexicanus. Le gouazou pita de Dazzara que nous avons au Musum , est plus petit qu'un chevreuil , d'un roux marron vif , avec du blanc au botit de la mchoire infrieure. Nous avons encore vu deux ttes h dagues simples , d'un fauve-gris , l'une de la taille d'un daim, l'autre de celle d'un chevreuil. Celle-ci porte le nom de. eariacou Cayeuae. huminns, 2^9 Les Ruminans a cornes creuses. Sont plus nombreux que les autres, et l'on a t oblig de les diviser en genres d'aprs des caractres assez peu importans, tirs de la forme de leurs cornes, et des proportions de leurs di- verses parties. M. Geoffroy y a joint avec avantage ceux que donne la substance de la prominence frontale ou du noyau osseux de la corne. Les Antilopes. (Antilope. ) (i). Ont la substance de leur noyau osseux solide et sans pores ni sinus , comme le bois des cerfs. Elles ressemblent d'ailleurs aux cerfs par les larmiers , par la lgret de leur taille et par la vitesse de leur course. C'est un genre trs-nombreux , qu'on a t oblig de subdiviser principalement d'aprs la forme des cornes. a. Cornes anneles , double ou triple courbure , pointes en avant , ou en dedans, ou en haut. La Gazelle. {^Ant. dorcas. Lin. ) BufF. , X ^ xxiii, A cornes rondes , grosses , noires ; la taiile et la forme l- gantes du clievreuil ; fauve-clair dessus ^ blanc dessous , une bande brune le long de cliaque flanc , un bouquet de poils chaque genou , une poche profonde chaque aine. (i) Ce nom n"'est pas ancien 5 il est corrompu d'antholopos , que l'on trouve dans Eustathius , auteilr du temps de Constantin. La gazelle com- mune a t bien dcrite par lien sous le nom de doras , qui est propre- ment celui du chevreuil Gazd est arabe. 200 MAMMIFRES. Elle vit dans tout le nord de l'Afrique y en troupes innom- brables y qui se mettent en rond quand on les attaque , et prsentent les cornes de toute part. C'est la pture ordinaire du lion et de la panthre. La douceur de son regard fournit des images nombreuses la posie galante des Arabes. La Corinne. {^Ant.corinna. Gm. ) BuiF.XlI, xxvn. N'en diffre que par des cornes beaucoup plus grles. Ce n'est peut-tre qu'une varit. Le Kevel. ( Ant, kevella. Gm. ) Buff. , XH , xxvi. Est encore peu prs semblable ; mais ses cornes sont comprimes leur base , et ont des anneaux plus nom- breux. On ne prtend le distinguer lui-mme de Vahu d Kmpfer , ou tsejyrain des Persans et des Turcs ( y^nt. suh- gutturosa, Gm.) , que parce qu'on a remarqu celle-ci un lgre saillie sous la gorge. Le Dseren des Mongoles, Iloang-j^ang. , ou Chvre jaune des Chinois. ( Ant. guiturosa. Pall.) Scbreb. , cclxxv. Prsente encore peu prs les mmes distributions de couleurs et les mmes cornes que la gazelle proprement dite j mais sa taille approche de celle du daim, et le mle a une forte protubrance produite par son larynx, et une poche assez grande sous le ventre. La femelle n'a pas de cornes. Cette espce vit en troupes dans les plaines arides du milieu de l'Asie , et ne peut souffrir l'eau ni les forts. Le Springbock ou Gazelle bourse. ( Ant. euchore. Forster. ) Buff. , Sup. , YI , pi. xxi. Remplit de ses troupes le midi de l'Afrique. Plus grande que la gazelle , mais de mme forme et de mme couleur , elle se distingue par un repli de la peau de la croupe , garni de poils blancs , qui s'ouvre et s'largit chaque saut qu'elle fait. RUMINANS. 261 Le Saga. ( AnL Saga. Pall.) Colus de Strabon. Schreb. , CCLXXVI. Qui habile la Hongrie et le midi de la Pologne et de la E-issie, a encore les cornes comme la gazelle , mais jaun- tres et transparentes. Il est grand comme un daim. Son pe- lage, fauve en t, devient d'un gris-blanchtre en hiver; son museau cartilagineux , gros , bomb , narines Irs- ouvertes , le force de patre en rtrogradant. 11 se runit quelquefois en troupes de plus de dix mille. U Antilope des Indes, {Ant, cen^icapra.VW.) Buff., Sup., YI, XVIII et XIX. Encore Irs-semblable la gazelle ; mais ses cornes sont courbes trois fois. On en fait aux Indes des armes offen- sives, en les unissant deux deux , les pointes opposes. La femelle n'en porte pas (i). b. Cornes anneles , double courbure, mais en sens con- traire des prcdentes , et la pointe en arrire. Le Bubale des anciens ( Ant. bubalis. Lin. ) , vulg. Fche de Barbarie. Buff. , Sup. VI, xiv. A proportions plus lourdes que les autres espces , tte longue et grosse, de la taille d cerf, pelage fauve, ex- cept le bout de la queue , qui est termin par un flocon noir. Commune en Barbarie. Le Caama j ( Ant. caama. Cuv. ) , vulg. Cerf du Cap chez les Hollandais. BufF. , Sup., VI, pi. xv. Semblable la prcdente , mais courbures des cornes plus anguleuses ; le tour de leur base , une bande sur le bas (i) A cette subdivision appartiennent encore Vant, pourpre (ant. py- garga ) Schr. CCLXXIII, et le coba ( ant. Senegalensis) dont on ne con- nat que les cornes. Buff. XII, pi. xxxii , 2 , moins qu'il ne soit le mme que le Palah de Samuel Daniels , Afric. Scener. pi. ix , cas o il ressemblerait beaucoup la gazelle , mais serait plus grand. 202 MAMMIFRES. du clianfrein, une ligne sur le cou, une bande longltodinae sur chaque jambe et le bout de la queue noires. Commune au Cap. c. Cornes anneles, droites ou peu courbes. JJOrjx ( ^nt. Orjx. Pall. ) , mal propos nomm Pasan par Buffon, Sup., VI, pi. xvii. Chamois du Cap des Hollandais. Grand comme un cerf; cornes grles^, longues de deux ou trois pieds , droites , pointues , rondes, anneles oblique- quement au tiers infrieur , plus petites dans la. femelle ; poil cendr ; tte blanche bariole de noir ; une bande noire sur l'pine et une chaque flanc j une tache marron fonc sur l'paule et une sur les cuisses ) la queue longue et noirtre , et le poil de l'pne dirig vers la nuque. Cet ani- mal singulier est l'oryx d'Elien , et c'est sur quelque indi- vidu qui aura perdu une corne, que l'on se sera fait l'ide de la licorne , si fameuse par les discussions qu'elle a oc-^ casionnes. On le trouve au nord du Cap et dans l'intrieur de l'Afrique. Ses sabots , plus longs qu'aux autres es- pces, lui donnent la facilit de grimper sur les rochers , et il frquente en effet de prfrence les contres monta- gneuses (i). d' Cornes anneles , courbure simple , la pointe en arrire JJuntilope bleue {Ant. leucopha. Gm. ), vulg. Chvre bleue , nomme mal propos Tseiran , Buff. , Supplem. YI , pi. XX. Un peu plus grande que le cerf, d'un cendr-bleutre. (i) "Vant. leucoryx , Schr. CCLVI. B, et Vant. gazeUa ne paraissent que des var. de Voryx , mais le klip-springer ( ont. orcotragus ) Buffon , Supp. VI , pi. XXII , la gritnme ( ant. grimmia ) id. ib. III , pi. xiv , et le guevey{ant, pygtnea ) ont des cornes courtes , si peiv courbes , qu'on pourrait les rapporter cette section. Le duiher ou chvr plongeante du Cap , qu'AlIamand avait confondu avec la grinune ,'ei Vourebi {ant. $o^ paria , Schr. CCLVI) paraissent en tre trs-ijisins. RUMINAN5. 263 lescornes grandes dans les deux sexes , uniformment cour- bes , et plus de vingt anneaux. JJjdntiope chevaline, {jint, Equina. Geoff. ) Grande comme un cheval, gris-rousslre, tte brune, une tache blanche devant chaque il, une crinire sur le cou , etc. e. Cornes anneles, courbure simple , la pointe en avant. luQNan^uer^Ant dama. Lin. ) , probablement le Dama de Pline. BuiF. , XII, pi. xxxiv. Grand comme un chevreuil , fauve , le cou , le dessous du corps et le derrire blancs. Du Sngal (i). f. Cornes arte spirale. Le Canna. {Jlnt.oreas.VdW..") Elan du Cap des Hollandais, nomm mal propos Coudons par Buff. , Supp. VI, pi. XII. Grand comme les plus forts chevaux, de grosses cornes coniques droites entoures d'une arte spirale, pelage gristi'e , une petite crinire le long de l'pine , une espce de fanon sous le cou, la queue termine par un flocon. Il vit en troupes dans les montagnes au nord du Cap (2). Le Coudons, ( Ant, strepsiceros. Pall.) nomm mal propos Condoma par Buff., Supp. VI, pi. xiii. Grand comme un cerf, gris-brun ray en travers de blanc, de grandes cornes au mle seulement, lisses , (1) A cette subdivision appartiennent encore le nagor (ant. redwica. ) , Buff. XII , pi. XLVi ,' le rict-reehock ou ani^ de roseaux ( mit. eleotragus , Schr. CCLXVI , ant. arimdinacea. Shaw. ) Buff. Supp. VI , pi. xxiir et XXIV. Cette espce est probablement la mme que le koh (anL.hob) dont on n'a que les cornes. Buff. XII , pi. xxxii , f. i. Le griesbock , le steenboch t le beekhock de Forster (Buff. supp. VI, p. 186) doivent y appar- tenir galement. {2) Prs du canna doivent tre placs le guib. {ant. scripta ). Buff. Xl pi. XLj le boscli'bock ( ant. sy4vatica) , Bi\ff. Supp. VI , xxv. nG^ 3IAMMIFRES. triple courbure, avec une seule arte longitudinale lgre- ment spirale ; une petite barbe sous le menton j une crinire le long de l'pine; vit isol au nord du Cap. g. Cornes lisses. Le JV/lgau. {Anl. picta et trago-cameus,) BuflP. , Supp. YI, pi. X et XI. Grand comme un cerf et plus ; les cornes courtes re- courbes eu avant ; une barbe sous le milieu du cou ; le pelage gristre ; des anneaux noirs et blancs aux pieds. La femelle n*a point de cornes. Cette espce est des Indes. Le Chamois. ( Ant, rupicapra, L. ) Buff., XII , pi. xvi , Ysard dans les Pyrnes. Le seul ruminant de l'occident de l'Europe que l'on puisse comparer aux antilopes, a cependant des caractres particuliers; ses cornes droites ont leurs pointes subitement courbes en arrire comme un hameon ; derrire chaque oreille, sous la peau, est un sac qui ne s'ouvre en dehors que par un petit trou. La taille du chamois est celle d'une grande chvre; il a le pelage brun-fonc avec une bande noire descendant de l'il vers le museau. Il court avec la plus grande agilit parmi les rocbers escarps, et se lient en petites troupes dans la rgion moyenne des trs-hautes montagnes. Le Gnou ou JViou. {^Ant, gnu. Gm.) Buff., Supp. VI, pi. VIII et IX. Diffre encore plus que le chamois des antilopes ordinaires et semble mme, au premier coup d'oeil, un monstre compos de parties de diffrens animaux. Il a le corps et la croupe d'un petit cbeval; couvert de poils bruns; la queue garnie de longs poils blancs comme celle du cheval, et sur le cou une belle crinire redresse, blanche sa base , noire au bout des poils. Ses cornes, rapproches et largies leur base comme celles du buffle du Cap, descendent en dehors RUMINANS. 265 t remontent par leur pointe ; son mufle est large ; applatl et entour d'un cercle de poils saillans; sous sa gorge et sous son fanon court une seconde crinire noire *, ses pieds ont toute la lgret de ceux du cerf. Les deux sexes ont des cornes. Cet animal vit dans les montagnes au nord du Cap, ou il parat assez rare, et cependant les anciens en ont eu quelcjue connaissance (i). Les trois genres restans ont le noyau osseux de leurs cornes occup en grande partie par des cellules qui communiquent avec les sinus frontaux. La direction de leurs cornes a donn les motifs de leurs divisions. ,?.; Les Chvres. (Capra. L.) Ont les cornes diriges en haut et en arrire; leur menton est gnralement garni d'une longue barbe et leur chanfrein concave. UjEgagre ou Chure sauvage. ( Capra gagrus. Gm.) Cuv., Mnag. du Mus., in-8, II, 177. Qui parat la souche de toutes les varits de nos chvres domestiques, se distingue par ses cornes tranchantes en ayant, trs-grandes dans le mle, courtes et quelquefois nulles dans la femelle ; ce qui arrive aussi dans les deux espces de bouquetins. Elle habite en troupes sur les mon- tagnes de Perse , o elle est connue sous le nom de paseng , et peut-tre sur celles de plusieurs autres pays^ mme dans les Alpes. Le hzoard oriental est une concrtion que l'on trouve dans ses intestins. (i) C'est probablement lui qui a donn lieu h leur catohlepas. Voyex Pline , lib. VIII , c. xxxii ; et iEIien , lib. VII , c. V. 266 MAMMIFRES. Les boucs et les clivres cloraesliques (capra hircus) varient l'infini pour la taille , pour la couleur, la longueur, et la finesse du poil ; pour la grandeur, et mme le nombre des cornes. Les cbvres d'Angora, en Cappadoce, ont le poil le plus doux et le plus sojeux. Les clivres de Guine , dites mambrines, et de Juida sont trs-petites et ont les cornes couches en arrire. Tous ces animaux sont robustes, capricieux , vagabonds , tiennent de leur origine monta- gnarde, aiment les lieux secs et sauvages, et se nourrissent d'herbes grossires ou de pousses d'arbustes. Ils sont trs- nuisibles aux forts. On ne mange gure que le chevreau -, mais le lait de chvre est utile dans plusieurs maladies. La chvre peut porter sept mois ; sa gestation en dure cinq ^ elle fait d'ordinaire deux petits. Le bouc engendre un an ; un seul suffit plus de cent chvres j il est vieux cinq ou six ans. Le Bouquetin. [Capra ibex. L.) Buff. , XII, pi. xiii. A de grandes cornes carres en avant et marques de nuds saillans et transverses. Il habite les sommets les plus levs des hautes chanes de montagnes dans tout l'ancien continent. Le Bouquetin du Caucase. (Capra Caucsica.) Guldenst. Act, petrop. , 1779, II, pi. xvi, xvii. Se distingue par de grandes cornes triangulaires , obtuses mais non carres en avant , noueuses comre celles du prcdent. Les deux espces se mlent avec la chvrs domestique (i). ^ Les Mou-jons. (Ovis. L. ) Ont les cornes , diriges en arrire et revenant plus ou moins en avant, en spirale; leur chanfrein est (1) Ajoutez : le bouquetin crinire d'Afrique, Taraitze , Sim. ? Daniels , Afric. Scenerys, pi. xxiv. RU MIN ANS. 267 gnralement convexe, et ils manquent de barbe. Ils mritaient si peu d'tre spars gnriquement des chvres, qu'ils produisent avec elles des mtis fconds. Il y a, comme dans le genre du bouc, plusieurs races ou espces sauvages assez voisines. UArgall de Sibrie. ( Osf. ammon, L. ) Pall. , SpiC; XI, I. Dont le mle a de trs-grosses cornes base triangulaire arrondies aux angles, aplaties en avant , stries en travers, et la femelle des cornes comprimes et en forme de faux ; son poil d't est ras, gris-fauve; celui d'hiver pais , dur, gris-rousstre, avec du blanc ou du blanchtre au museau, la gorge et sous le ventre. 11 y a en tout temps, comme au cerf, une espace jauntre autour de la queue qui est fort courte. Cet animal habite les montagnes de toute l'Asie, et devient grand comme un daim. Le Moujlon ou Mufionc de Sardaigne , Muffbli de Corse. JBuff. , XI, pi. xxix. Ne parat en diffrer que parce qu'il ne devient pas aussi grand, et que sa femelle n'a des cornes que rarement et fort petites. On dit qu'il se trouve aussi en Crte. 11 y en a des varits noires en tout ou en partie, et d'autres plus ou moins blanches. Il est croire que Le Mouflon d^ Amrique, ( Oc. moniana. ) Geoff. , Ann. Mu5-,I, pi. Lx. Schreb., CCXIY, D. Est de l'espce del'argaliquiapupasserla mer sur la glace. Ses cornes sont trs-grosses et forment mieux la spirale que dans l'argaji ordinaire'. nSS Mammifres. Le Mouflon d^ Afrique. ( Ov, iragelaphus. Cuv. ) Pen., n^ XII, Shaw.; pi. ccii^ 2. A poil rousstre doux, avec une longue crinire pendante sous le cou et une autre chaque poignet ; la queue courte-, parat tre une espce distincte. Elle habite les contres rocailleuses de toute la Barbarie , et M. Geoffroy l'a observe en Egypte. C'est du mouflon ou de l'argali que l'on croit pouvoir driver les races innombrables de nos btes laine, animaux qui, aprs le chien, sont soumis plus de varits. Nous en avons en Europe laine commune, de taille grande ou petite, cornes grandes, petites, manquant dans les femelles ou dans les deux sexes, etc. Les varits les plus intressantes sont celle d'Espagne , laine fine et crpue, grandes cornes spirales dans le mle, qui com- mence se rpandre dans toute l'Europe j et celle d'An- gleterre, laine fine et longue. La varit la plus rpandue dans la Russie mridio- nale a la queue trs -longue. Celles des Indes et de Guine, qui ont aussi la queue longue, se distinguent par leurs jambes leves , leur chanfrein trs-convexe , leurs oreilles pendantes, et parce qu'elles n'ont pas de cornes et ne sont couvertes que d'un poil ras. Le nord de l'Europe et de l'Asie a presque partout des petits moutons queue fort courte. La race de Perse, de Tartarie et de Chine a la queue entirement transforme en un double globe de graisse ; celle de Syrie et de Barbarie l'a, la vrit, longue, mais aussi charge d^une grosse masse de graisse. Dans toutes deux, les oreilles sont pendantes, les cornes grosses aux bliers , mdiocres aux moutons et aux brebis , et la laine mle de poils. Le mouton est partout prcieux par sa chair, par son suif, par son lait, par sa peau, par son poil et par son BUMINANS. 269 fumer; ses troupeaux bien emplo;)s portent la fertilit partout. L'agneau se sevr deux mois, se chtre six, change ses dents de lait entre un et trois ans. La brebis peut porter un an ; et produit jusqu' dix ou douze; sa gestation est de cinq moisj elle met bas deux petits. Le blier, pubre " dix-huit mois, suffit trente brebis : on l'engraisse vers huit ans. Les Boeufs. (Bos. L.) Ont les cornes diriges de ct et revenant vers le haut ou en avant, en forme de croissans; ce sont d'ailleurs de grands animaux mufle large, taille trapue, jambes robustes. Le Buf ordinaire. {Bos taurus. I^. ) BuJDT., IV, xiv. A pour caractre spcifique un front plat, plus long que large , et des cornes rondes places aux deux extrmits de la ligne saillante qui spare le front de l'occiput. Dans les crnes fossiles qui paraissent avoir appartenu cette espce dans l'tat sauvage, ces cornes se recourbent en avant et vers le bas; mais dans les innombrables varits domestiques^ elles ont des directions et des grandeurs fort diffrentes, quelquefois mme elles manquent tout--fait. Les races ordinaires de la zone torride ont toutes une loupe de graisse sur les paules, et il y en a dans le nombre qui ne sont gure plus grandes que le cochon. Tout le monde connat l'utilit de ces animaux pour le labourage , et celle de leur chair, de leur suif, de leur cuir et de leur lait; leur corne mme s'emploie dans les arts. La vache porte neuf mois et peut produire dix-huit; le taureau deux ans. On doit couper le buf dix-huit mois ou deux ans et l'engraisser dix. tj Aurochs es Allemands, Zubr. des Polonais. Bosurus de Gm. ) l/rus ou Bison des anciens. Gesn. , clvii. Passe d'ordinaire , mais k tort , pour la souche sauvage de 270 MAMMIFRES. nos btes cornes. Il s'en distingue par son front bomb, plu ^ large que haut ^ par l'attache de ses cornes au-dessous de la crte occipitale^ par la hauteur de ses jambes, par une paire de ctes de plus, par une sorte de laine crpue qui cou-^ vre la tte et le cou du mle , et lui forme une barbe courte sous la gorge , par sa voix grognante. C'est un animal farou- che , rfugi aujourd'hui dans les grandes forts marca- geuses de laLithuanie , desKrapacsetdu Caucase , mais qui vivait autrefois dans toute l'Europe tempre. C'est le plus grand des quadrupdes aprs le rhinocros. Le Bison d^ Amrique , Buff'alo des Anglo - Amricains* {Bos bison. Lin. Bas Americanus. Gm. ) Buff. , Sup- pm. III, V. N'a pas encore t suffisamment compar avec l'aurochs ; ses jambes et sa queue paraissent plus courtes , les poils de sa tte et de sa barbe plus longs , etc. Il habite dans toutes les parties tempres de l'Amrique septentrionale. Le Buffle. {^Bos bubaluSi Lin. ) BulF. XI, xxv. Originaire de l'Inde , et amen en Egypte ;, en Grce, en Italie pendant le moyen ge, mais inconnu des anciens, a le front bomb , plus long que large , les cornes diriges de ct, et marques en avant d'une arte longitudinale sail- lante. C'est un animal difficile dompter , mais d'une grande vigueur , et qui aime les lieux marcageux et les plantes grossires dont on ne pourrait nourrir le buf. Son lait est bon , son cuir trs-fort , mais sa chair peu estime. 11 y en a aux Indes une race dont les cornes ont jusqu' dix pieds d'envergure : on l'appelle arrii dans Tlndostan, C'est le bos arni de Shaw. Le Yack. ( Bos grunniens. Pall.) Buffie queue de chenal , Fche grognante de Tartarie y etc. Schreb. , ccxcix , A. B. Est ime espce de petite taille , dont la queue est entire- ment garnie de longs poils comme celle du cheval , et qui RUMNANS. ( !^7I a aussi une longue crinire sur le dos : sa tte parat res- sembler celle du buffle ; maison n'a pas suffisamment d- crit ses cornes. Cet animal y dont JElien a dj fait mention^ est originaire des montagnes du Thibet. C'est avec sa queue qu'on a fait d'abord ces tendards qui sont encore en usage parmi les Turcs pour distinguer les officiers suprieurs. Le Buffle du Cap. ( Bos Cajf'er. Sparm.) Scbreb. , ceci. A les cornes trs-grandes , diriges de ct en en bas j re- montant de la pointe , aplaties , et tellement larges leur base, qu'elles lui couvrent presque tout le front, ne lais- sant entre elles qu'un espace triangulaire dont la pointe est en haut. C'est un trs-grand animal , d'un naturel eicessi- vement froce, qui habite les bois de la Cafrerie. Le Buf musqu cfjimrique. {Bos moschatus. Gm. ) Schreb., cccii. La Tte. Buff. , Sup.VI, m. A les cornes rapproches et diriges comme le prcdent, mais se rencontrant sur le front par une ligne droite ( la femelle les a pl-us petites et cartes ) ; il ^st bas sur jambes, couvert d'un poil touiFu qui pend jusqu' terre. Sa queue est extrmement courte. Il rpand avec plus de force l'odeur musque commune tout ce genre : on ne le voit que dans les parties les plus froides de l'Amrique septentrionale ; mais il parat que son crne et ses os ont quelquefois t ports par les glaces jusqu'en Sibrie. Les esquimaux se font des bonnets avec sa queue , dont le poil;, retombant sur leur visage , les garantit des mousquites. HUITIEME ORDRE DES MAMMIFERES. ' LES CTACS Sont les mammifres sans pieds de derrire^ leur tronc se conlinue avec une queue paisse 272 MAMMIFRES. que termine une nageoire cartilagineuse hori- zontale 5 et leur tte se joint au tronc par un cou si court et si gros qu'on n'y aperoit aucun rtrcissement , et compos de vertbres cervi- cales trs-minces et en partie soudes entre elles. Enfin, leurs extrmits antrieures ont les os 7 .^ racconrcis , aplatis et envelopps dans une membrane tendineuse qui les rduit a de vri- tables nageoires. C'est presque en tout la forme extrieure des poissons , except que ceux-ci ont la nageoire de la queue verticale. Aussi les ctacs se tiennent-ils constamment dans les eaux ; mais comme ils respirent par des pou- mons , ils soift obligs de revenir souvent la surface pour y prendre de l'air. Leur sang chaud 5 leurs oreilles ouvertes l'extrieur , quoique par des trous fort petits , leur gnra- tion vivipare , les mamelles au moyen des- quelles ils allaitent leurs petits ^ et tous les d- tails de leur anatomie les distinguent d'ailleurs suffisamment des poissons. Leur cerveau est grand et ses hmisphres bien dvelopps : le rocher, ou cette partie du crne qui contient l'oreille interne , est spare du reste de la tte, et n'y adhre que par des ligamens. Ils n'ont jamais d'oreille externe ni de poils sur le corps. CTACS. 2^3 La forme de leur queue les oblige la flchir de haut en bas pour leur mouvement progr^'s- sif, et les aide beaucoup pour s'lever dans^ i'ean. Aux genres que Ton a compt jusqu' nou^i parmi les ctacs , nous en ajoutons que Ton confondait autrefois dans le genre des morses. Ils forment notre premire famille , ou Les Ctacs herbivores. Leurs dents sont a couronne plate , ce qui dtermine leur genre de vie , lequel les engage souvent sortir de Teau pour venir ramper et patre sur la rive ; ils ont deux mamelles sur la poitrine et des poils aux moustaches , deux circonstances qui de loin , quand ils font sortir verticalement leur partie antrieure hors de l'eau, ont pu leur faire trouver quelque ressem- blance avec des femmes ou des hommes, et ont probablement donn lieu aux fables des tritons et des sirnes. Quoique dans le crne les narines osseuses s'ouvrent vers le haut , elles ne sont perces dans la peau qu'au bout du museau. Les Lamantins, ou plutt Manates. (Manatus. Cuv. ) Ont le corps obloiig , termin par une nageoire ovale allonge ; les mcheliies, au nombre de huit partout , couronne carre ^ marque de deux col- TOME I. iH 274 ^^ A M M I F R E S. liaes transverses ; point d'incisives ni de canines dans l'ge adulte; rliais dans les trs-jeunes, on trouve deux fort petites dents pointues dans les os inter- maxillaires , lesquelles disparaissent prompternent. On voit des vestiges d'ongles sur les bords de leurs nageoires , dont ils se servent encore avec assez d'a- dresse pour ramper et pour porter leurs petits ; ce qui a fait comparer ces organes des mains , et a valu ces animaux le nom de manates , d'o l'on a fiiit par corruption celui de lamantins. Leur estomac est divis en plusieurs poches , leur ccum se partage en deux branches , et ils ont un colon lioursoufl ; tous caractres d'herbivores. On les nomme aussi, cause de leur genre de vie, hufy vache marine , et cause de leurs ma- melles , femme marine , etc. ( Trichechus manatus. Lin. ) Buff., XJII, Lvii. On les trouve vers l'emLouchure des rivires , dans les parties les plus chaudes de la mer Atlantique , et il parat que ceux des rivires d'Amrique diflerent spcifiquement de ceux d'Afrique. Ils parviennei,it quinze pieds etplugde longueur. Leur chair se mange. Les Dugongs. Lacep. (Halicore. Hig) (i) Ont le.* mchelires comme composes chacune de deux cnes runis par le ct ; les dents implan- tes dans leur os incisif , se conservent et croissent au point de devenir de vraies dfenses pointues , mais qui restent en grande partie couvertes par des lvres charnues et hrisses de moustaches. Le corps " '' I I ! Il .M^l > Il I I ^. .^ (i) Naiioore j fille de m^ CTACS. 2'jb 65t allong , et la queue termine par une nageoire en forme de croissant. On n'en connat qu'une espce, qui habite la mer des Indes , et que plusieurs voyageurs ont confondue avec le lamantin. On l'a aussi nomme sirne y vache marine , etc. (Re- nard, Poiss. des Indes, pi. xxxiv, f. i8o. ) Les Stellres. Cuv. (Rytina. Illig. ) (i) Paraissent n'avoir de chaque ct qu'une seule ma- chelire compose , couronne plate et hrisse de lames d'mail. Leurs nageoires n'ont pas mme ces petits ongles qu'on observe sur les lamantins. Selon Steller , qui les a dcrits le premier , leur estomac se- rait aussi beaucoup plus simple (2). On n'en connat qu'une espce ^ qui se tient dans la partie septentrionale de la mer Pacifique. La deuxime famille , o LES CTACS ORDINAIRES. Se distinguent de,s prcdens par l'appareil singulier qui leur a valu le nom commun de souffleurs. C'est qu'engloutissant ;, avec leur proie , dans leur gueule trs-fendue , de grands volumes d'eau , il leur fallait une voie pour s'en dbarrasser ; elle passe dans les narines au moyen d'une disposition particulire du voile r-rwMjM !_! - 1 1 - I ~ - . - - - -^ I (1) Rytina ,xxA. (2) Nov. comm. pelrop 11^ 294 et suiv. On n'en a pas deGgnre, > 276 MAMMIFRES. du palais , et s'amasse dans un sac plac a Tori- fice extrieur de la cavit du nez, d'o elle est chasse avec violence par la compression de muscles puissans , au travers d'une ouverture fort troite perce au-dessus de la tte. C'est ainsi qu'ils produisent ces jets d'eau qui les font remarquer de loin par les navigateurs. Leurs narines , sans cesse trav^erses par des flots d'eau sale , ne pouvaient tre tapisses d\ine membrane assez dlicate pour percevoir les odeurs : aussi n'y ont-ils aucune de ces lames saillantes des autres animaux ; le neri ollactif est extrmement petit , et s'ils jouissent du sens de l'odorat , il doit tre fort oblitr. Leur la- rynx, en (orme de pyramide , pntre dans les arrire-narines , pour recevoir l'air et le con- duire aux poumons sans que l'animal ait besoin de sortir sa tte et sa gueule liors de l'eau ; il n'y a point de lames saillantes dans leur glotte , et leur voix doit se rduire de simples mugisse- mens.Ils n'ont plus aucun vestige de poils, mais tout leur corps est couvert d'une peau lisse sous laquelle est ce lard pais et abondant en huile , principal objet pour lequel on les recherche. Leurs mamelles sont prs de l'anus , et ils ne peuvent rien saisir avec leurs nageoires. Leur estomac a cinq et quelquefois jusqu' CTACS 277 sept poches distinctes ; au lien d^niie seule rate ils en ont plusieurs petites et globuleuses ; ceux qui ont des dents les ont toutes coniques et semblables entre elles ; ils ne mclient point leur nourriture , mais Tavalent rapidement. Deux petits os suspendus dans les chairs prs de Tanus , sont les seuls vestiges d'extrmits postrieures qui leur restent. Plusieurs ont sur le dos une nageoire verti- cale de substance tendineuse , mais non sou- tenue par des os. Leurs yeux aplatis en avant ont une sclrotique paisse et solide ; leur lan- gue n'a que des tgumens lisses et mous. On pourrait encore les subdiviser en deux petites tribus : ceux dont la tte est en propor- tion ordinaire avec le corps , et ceux qui Font dmesurment grande ; hi premire comprend les dauohins et les narvals. Les Dauphins. ( Delphinus. L, ) Ont des dents aux deux mchoires j toutes sim- ples et presque toujours coniques. Ce sont les plus carnassiers , et , proportion garde , les plus cruels de Tordre. Ils n'ont pas de ccum. Les Tiwjvui^&pi^oprcmet dils. (Delphinus. Cuv. ) Ont la gueule formant en avant de la l Le une espce cfe bec plus Tiince que le rcsle. !2r]S MAMMIFRES. Le Dauphin ordinaire. ( Delphinus delphis, L. ) Lacep. , Cet., pi. XIII, f. 1. A bec dprim , et arm de chaque cot de la mclioire de quarante-deux quarante-sept dents grles, arques et pointues; noir dessus, blanc dessous; long de liuil dix pieds. Cet animal , rpandu en grandes troupes dans toutes les mers, et clbre par la vlocit de son mouvement, qui le fait s'lancer quelquefois sur le tillac des navires , parat rellement avoir t le dauphin des anciens. Toute l'organi-^ satioii de son cerveau annonce qu'il ne doit pas tre d- pourvu de la docilit qu'ils lui attribuaient (i). Le Dauphin bec mince, (Delph. rostratus. Shaw. ) A tte plus bombe et bec plus comprim , plt*s grle, avec seulement vingt-une, vingt-deux ou vingt-trois dents coniques de chaque ct et chaque mchoire ; ses teintes sont plus pales , ce qui lui a valu le nom de dauphin blanc. On le dit des mers d'Amrique (?.). Le grand Dauphin ( Delphinus tursio. Bonnalerre. ) j vulg. le Soudeur. Lacep. , xv , f . 2. A bec court, large , dprim; de vingt - une vingt-trois dents partout , coniques , et souvent mousses. Il y en a des individus de plus de quinze pieds de longueur , et il parat qu'il s'en trouve dans la Mditerrane comme dans l'O- can (3). Nous doutons qu'il soit le mme que le nesarnak ou delph. iursio de Fabricius. * (i) J'ai plusieurs ttes de daupiin qui ont constamment trente-sept dents partout , et qui appartiennent probablement une espce particulire. (2) On n'a encore grave que sa tte et grossirement. Duhamel , Pches part. II, sect. X, pi. X j f. 4- (3) La haleine ou capidolio , de Belon , et Vorca , du mme ameur , qui pourrait bien tre celui des anciens , appartiennent aussi la division des dauphins bec , et surpassent les espces ci-dessus par la taille ; mais leurs caractres ne sont pas suffisamment dtermine's. Le dauphin/res de Bon' naterre se rapporte probablement l'un des deux. CTACS. 2^9 Les Matsouins. (Phocoena. Cut. ) N'ont point de bec , mais le museavi court et uniformment "boniL. Le Marsouin commun , Porpess des Anglais. ( DepJi. pho- cna.h.) (il. Lcep.. xiii , f. 2. A dents comprimes, Irancliantes, de fi^ire arrondie, au nomlire de vingt-deux vingt-cinq de chaque ct chaque mchoire -, noirtre dessus , blanc dessous. C'est e plus petit des ctacs, et il n'atteint que quatre cinq pieds de longueur. Il est fort commun dans toutes nos mers, o il se lient en grandes troupes. UEpaulard des Saintongeois , Buts kopf et Schwerdt JiscJi des Hollandais et des Allemands , Grampus des Anglais (2). {Delph, orca et Delph. gladiaU>r.) Lacep. , XV, I , et moins bien, v, 5. A dents grosses , coniques, un peu crochues , au nombre de onze partout, les postrieares aplaties transversale- ment ; le corps noir dessus , blanc dessous 3 une tache blan- chtre sur l'oeil , en forme de croissant ; la nageoire dor- sale leve et pointue. C'est le plus grand des dauphins ; qui a souvent de vingt vingt-cinq pi^^ls , et l'ennemi le plus cruel de la baleine. Ils l'attaquent en troupe , la harclent jusqu' ce qu'elle ou- vre la gueule , et alors lui dvorent la langue (5). , (i) Marsouin est corrompu de Tallemand nxeersehwein , cochon de ^ mer. Porpess , du latin perus piscis. (9.) Grampus est corrompu du franais grand poisson. Butts kopf , ou plutt boots kopf , feigniie que sa tte est faite comme une chaloupe. ^chwcvdt-Jisch , poisson sabre , h cause de sa nageoire dorsale. (5) L'paulard ventru de Bonnaterre, Lacep. XV, 3, n'est fond que sur une figure de Hunier , faite probablement d'aprs un animal enfl , parce qu'il commenait se gter, et que Hunter lui-mme regardait comme rpatilard. Ajoutes le d, globiceps , Cuv. Ann. Mus.] 280 MAMMIFRES. hts Delphtnaptrs. ( Lacep. ) Diffrent des marsouins seulement en ce qu'ils n'ont pas de nageoire dorsale. Le Jjl'iga ou Epaulard blanc , Huitfisck des Danois. ( Delph. Leucas^ Gm. Delph. albicanSy Fabr. ) * A neuf dents partout , grosses et mousses an bout , peau d'un blanc-jauntre ; grand comme l'paulard. De tonte la mer Glaciale, d'o il remonte assez avant dans les rivires (i). IjEs JiYPERooDo^s. (Lacep. ) (2) Ont le corps et le ninseau peu prs conforms comme les daupliins])r(>prementdilsj mais ils n'ont que deux petites dents en avant de la niclioire iiifrieure , qui ne paraissent pas tou- jours au dehors; leur palais est hriss de petits luberLules. On n'en connat qu'une espce , qui atteint de vingt vingt-cinq pieds de longueur, et peut-tre davantage: elle s'est pche dans la Manche et dans la mer du !Nord y et a souvent t nomme baleine bec (3;. Les Narvals. ( Monodon. L.) N'ont aucunes dents proprement dites, mais seu- lement de longues dfenses droites et pointues, im- () RonJclct reprsente , sous le nom e peis-muar et de seneette , un ctact^ tr?-sein>.lal>le an bluga , mais ne dit pas qu'il soit blanc. II lui applique aussi le nom italien de capidolio. Ce serait un delphinaptie de plus , si sa figure u'tait pas faite d imagination j mais je Je crains d'au- tant plus , que ce nom de mular appartient proprement au cachalot. Au reste , c'est aussi le bluga qui a donne lieu tablir un petit cachalot blanc , patcp qu'il perd prompttance qui fait le principal profit de leur pche, leur corps n'tant pas garni de beaucoup de lard ; mais ces cavits sont trs-diffrentes du vritable crne^ lequel est assez petit, plac sous leur partie postrieure, et contient le cerveau comme l'ordinaire. Il parat (t) Physeter, 5\issi-hicn quephysalus, igni^e Sviif/leifi'' Cachalot^esi^c nom employ par les Basques. CTACS. 283 que des canaux remplis de ce sperma-ceti , autrement nomm blanc de baleine ou adipocire , se distribuent dans plusieurs parties du corps en communiquant avec les cavits qui remplissent la masse de la tte; ils s'entrelacent mme dans le lard ordinaire qui rgne sous toute la peau. La substance odorante si connue sous le nom d'ambre gris, parat tre une concrtion qui se forme dans les intestins des cachalots, surtout lors de certains tats maladifs, et, ce qu'il parait, principalement dans leur ccum. Les espces de cachalots ne sont rien moins que Lien tltermines. Celle qui parat la plus commune , qui est le cachalol macrocpJiale de Shaw et de Bonnaterre (Lacp., X) (i), n'a qu'une minence calleuse au lieu de nageoire dorsale. Sa mchoire infrieure a de chaque ct vingt vingt- trois dents ^ et il y en a de petites coniques caches sous les gencives de la suprieure ; son vent est unique et non double comme celui de la plupart des autres ctacs; il n'est pas non plus symtrique , mais se dirige vers le ct gauche, et se termine de ce ct sur le devant du museau, dont la figure est comme tronque (2), quoi l'on ajoute que l'il gauche est de beaucoup plus petit que l'autre, et que les pcheurs cherchent attaquer l'animal de ce ct. Cette espce est rpandue dans beaucoup de mers , si c'est elle qui fournit, comme on le dit, tout le sperma-ceti et l'ambre gris du commerce, car on tire ces substances du nord et du midi. On a pris de ces cachalots sans nageoire dorsale jusque dans la mer Adriatique (5). () Ce n'est pas le macrocphale de Linn. {>.) Nous avons Vrifi sur deux crnes ce dfaut de symtrie de l'vcnt annonc par Dudlcy , par Anderson et par Swediauer , ce qui nous porte croire Tingalit des yeux dont parle Egde. (3) Nous ne voyons aucune diffrence relle entre ce cachalot dont on a 284 MAMMIFRES. Les Phystkes, (Lacp. ) Sont des cachalots avec une nageoire dorsale. On ne les dislingue entre eux en deux espces , niicrops et tursio , ou miilar , que d'aprs le caractre quivoque de dents arques ou droites , aigus ou obtuses (1). On trouve de ces pliystres dans la Mditerrane aussi- bien que dans la mer Glaciale; ces derniers passent pour les ennemis les plus cruels des phoques. Les Baleines (Bal^ena. L. ) Egalent les cachalots pour la taille et pour la graudeur proportionnelle de la tte, quoique celle-ci ne soit pas si renfle en avant ; mais elles n'ont aucunes dents. Leur mchoire suprieure, en forme de carne ou de toit renvers, a ses deux cts garnis de lames de bonnes figures et plusieurs parties du squelette , et celui de Roherson (Trans. phil. vol. LX ) dont Bonnaterre a fait une espce sous le nom de tnmipo , qui aux Berraudes s'applique un cachalot sans dterminatioii plus prcise. Quant au petit cachalot, P. catodon de Linn., on ne cite, outre la taille , d'autre diffrence qne des dents plus aigus , ce qui peut tenir l'ge. Le physeter macrocephalus de Linn , cach. cylindrique e Bonna- terre {genre physale de Lacep. ) aurait un bon caractre dans la position recule de son vent j mais il ne repose que sur une mauvaise figure d'An- dcrson. Ijolbicans de Brisson , hudfish d'Egde et d'Anderson , dont Gmelia a fait une varit du niacrocphale , n'est que le dauphin bluga, dont les dents suprieures tombent de bonne heure comme nous nous en sommes assurs. (1) On n'en connat un peu positivement qu'un diaprs une mauvaise figure de Bayer ( Act. nat. cur. ll , pi. i. ) faite sur un animal chou Nice. C'est trs-vagiiejnent qu'on lui a appliqu le nom de viular ; le mular de INieremberg est bien un cachalot , mais rien ne prouve qtie ce soit plutt une espce qu'une autre. CTACS. 285 transvei ses minces et serres , a ppeles fanons , formes d'une espce de corne fibreuse, effiles leur bord, qui servent retenir les petits animaux dont ces normes ctacs se nourrissent. Leur mchoire infrieure, soutenue par deux branches osseuses arques en dehors et vers le haut, sans aucune armure, loge une langue charnue fort paisse, et enveloppe, quand la bouche se ferme , toute la partie interne de la mchoire suprieure et les lames cornes dont elle est revtue. Ces organes ne permettent pas aux baleines de se nourrir d'animaux aussi grands que leur taille le ferait croire. Elles vivent de poissons et plus encore de vers, de mollusques et de zoophytes, et Ton dit qu'elles en prennent principalement de trs-petits qui s'em- barrassent dans les filamens de leurs fanons. Elles ont un ccum court. La Baleine franche, {Bal. mysticetus (i). L. ) Lacp.J, Cet., I, fig. I. Le plus grand des animaux connus, a son norme lle obtuse en avant , presque aussi haute que longue , et ne s (i) Le (pahctivet d'Aristote et d'vElien ,qui tat l'ennemi des dauphins , v parat avoir l an grand ctac arm de dents; Aristoie n'a connu de vraie baleine que son mysticetus qui , avait ( dit-il) des soies dans la bouche au lieu de dents 5 c'est probablement la baleine gorge ride de la Mditer- rane. On doit croire cependant que Juvnal entend la baleine fianchs dans ce vers : Quanta delphinis halcena Iritannica major / Mais les Latins en gcndral ont appliqu le nom de baleine d'une manire vague tous les grands ctacs , comme les peuples du Nord font encore du nom de whale on wall et de ses drivsj remarque essentielle pour ceux qui lisent leurs crits. 286 Mammifres. porte point de nageoire sur le dos-, c'est elle que son larcf, pais souvent de plusieurs pieds, et donnant une immense quantit d'huile, fait poursuivre chaque anne par des flottes entires. Assez hardie autrefois pour se faire prendre dtins nos mers, elle s'est retire petit petit jusque dans le fond du nord;, oi le nombre en diminue chaque jour. Outre son huile, elle fournit encore au commerce ces fanons noirtres et flexibles, longs de huit ou dix pieds, connus sous le nom de ctes de baleines , ou simplement de baleines ; chaque individu en a huit ou neuf cents de chaque ct du palais. On dit que ce monstrueux ctac ne se nourrit que de trs-petits mollusques qui fourmillent, il est vrai, dans les mers qu'il habite. La baleine atteint quatre-vingts ou cent pieds de longueur et autant de circonfrence; Sa gueule a vingt pieds d'ouverture, et son petit a autant de longueur au moment de sa naissance; un seul individu donne cent vingt tonneaux d'huile; des coquillages s'at- tachent sur sa peau et s'j multiplient comme sur un rocher j il y en a mme, de la famille desbalanus, qui pntrent dans son paisseur ; ses excrmens sont d'un beau rouge qui teint assez bien la toile. Le Nord-Caper, (BaL glacialis. Klein.) Lacp. pi. II et m. Aus^i long, mais plus mince, et museau plus pointa que la baleine, a beaucoup moins de lard et est plus agile et plus difficile prendre; aussi ne se livre-t-on sa pche que quand celle de la baleine n'a pas russi. Il est commun sur les ctes de Norvge et prs du Cap-Nord, d'o il a tir son nom. Il dvore beaucoup de poissons. D'autres espces (les balmoptres. Lacp.) ont une na- geoire sur le dos; elles se subdivisent encore selon qu'elles ont le ventre lisse ou rid. Les Balnoptres ventre lisse. Sont trs-voisines des baleines proprement dites. On n'eA onn caille molle et renfle, et presque toujours les doigts dentels au bord, et de courtes membranes entre les bases de ceux de devant. Ils vivent princi- palement de grains. Les oiseaux de proie ont le bec crochu, pointe aigu et recourbe vers le bas, et les narines perces dans une membrane cpi revt toute la base de ce bec; leurs pieds sont arms d'ongles vigoureux. Ils vivent de chair , et poursuivent les autres oiseaux ; aussi ont-ils pour la plupart le Yol puissant. Le plus grand nombre a encore une petite palmure entre les doigts externes. Les passereaux comprennent beaucoup plus d'espces que toutes les autres familles; mais leur organisation offre tant d'analogie que Ton ne peut les sparer, quoiqu'ils varient beau- coup pour la taille et pour la force. Leurs deux doigts externes sont unis par leur EN GNRAL. 3o3 base et quelquefois par une partie de leur longueur. Enfin, Ton a donn le nom de grimpeurs aux oiseaux dont le doigt externe se porte en arrire comme le pouce , parce qu'en effet le plus grand nombre emploie une conformation si favorable la position verticale pour grimper le long des troncs des arbres (i). Chacun de ces ordres se subdivise en familles et en genres, principalement d'aprs la confor- mation du bec. LE PREMIER ORDRE DES OISEAUX, LES OISEAUX DE PROIE (Accipithes. Lin.) Se reconnaissent leur bec et a leurs ongles crochus 5 armes puissantes au moyen desquelles ils poursuivent les autres oiseaux, et mme les quadrupdes faibles et les reptiles. Ils sont parmi les oiseaux ce que sont les carnassiers parmi les (juadrupdes. Les muscles de leurs cuisses et de leurs jambes indiquent la force de leurs serres ; leurs tarses sont rarement allongs 5 ils (i) Ds mon premier tableau lmentaire j'ai d supprimer Tordre de* pic deLinnaeuSj qui n'a aucua caractre dtermin. M. Illiger a adopt elle suppression. 004 OISEAUX ont tous quatre doigts 5 l'ongle du pouce et celui du doigt interne sont les plus forts. Ils forment deux familles, les diurnes et les noclurnes. Les DlUR^ES ont les yeux dirigs sur les cts ^ une membrane, appele c/r^, couvrant la base du bec 5 dans laquelle sont perces les narines; trois doigts/devant, un derrire sans plumes, les deux externes presque toujours runis leur base par. une courte membrane, le plumage serr ; les pennes fortes ., le vol puissant^ leur estomac est presqu'entirement membraneux, leurs intestins peu tendus, leur ccum trs-court, leur sternum large et com- pltement ossifi pour donner aux muscles de Faile des attaches plus tendues, et leur four- chette demi-circukire et trs-carte pour mieux rsister dans les abaissemens violens de Thu- mrus qu'un \ol rapide exige. Linnus n'en faisait que deux genres, qui sont deux divisions naturelles, les vautours et les faucons. Les Yautours. (Vultur. Lin.) - Ont les veux fleur de tte , les tarses rticuls , c'est--dire , couverts de petites cailles \ le bec al- long , recourb seulement au bout , et une partie DE PROIE. 3o5 plus OU moins considrable de la tte , ou mme du cou ;, dnue de plumes. La force de leurs serres ne rpond pas leur grandeur , et ils se servent plutt de leur bec. Leurs ailes sont si longues^ qu'en mar- chant ils les tiennent demi-tendues. Ce sont des oiseaux lches , qui se nourrissent de charognes plus souvent que de proie vivante ; quand ils ont mang , leur jabot forme une grosse saillie au-dessus de leur fourchette , il coule de leurs narines une humeur f- tide , et ils sont presque rduits une sorte de stu- pidit. Les Vautours proprement dits , ont le bec gros et fort , les narines en travers sur sa base , la tte et le cou sans plu- mes, et un collier de longues plumes au bas du cou. On n'en a encore vu que dans l'ancien continent. "h. Vautour fauve. {F, ful^fus , Gmel. Vultur trencalos y Bechstein. Le Percnopire , Buff. , enl. ^iS , et le grand Vautour , id. , Hist des Ois. , I , in-4 , pi. v (i}. Le Vautour j Albin , III, i. Le Chassefiente , Vail. , Afr. Le Vautour des Indes j Lath. et Sonnerat, etc. ) D'un gris ou brun tirant sur le fauve , le duvet de la tte et du cou cendr , le collier blanc , quelquefois ml de brun ; les pennes des ailes et de la queue brunes, le bec et les pieds plombs. C'est l'espce la plus rpandue ; elle se trouve sur les montagnes de tout l'ancien continent. Son corps gale et surpasse celui du ciene. Le Vautour brun. (V.cinereus et V. monachus , Gm. ) enL 425 V. d'Arabie , Edw, 290. Le Chincou de la Chine ^ (1) W. B. L'histoire du grand vautour est celle de l'espce suivante mais la figure appartieot celle-ci. TOME I. . no 3o6 OISEAUX Vall. , Afr. Arriaii de la Pevrouse. Fautour noir . cen- r y etc. D'un bruii-nolrtre ; le collier remonlaiit obliquement jus-* que vers l'occiput , quia lui-mme une touffe de plumes; les pieds eL la membrane de la base du bec d'un violet bleutre ; non moins rpandu que le prcdent , et encore plus grand: il attaque assez souvent des animaux vivans. IJOricoii. {F. auricidaris. Daud. ) Yall, , Afr., pi. ix ; probab. le Vautour de Pondichry y Sonnerat , it. Il, pi. cv. Daudin y Ann. du Mus. , H , pi. xx. lS[oiratre;,une crte cliarnue longitudinale de chaque ct du cou , au-dessous de l'oreille. De l'Afrique et des Indes orientales (i). ; L'Amrique produit des vautours remarquables par les ca- roncules qui surmontent la membrane de la base de leur bec j celui-ci est gros comme dans les prcdens , mais les narine sont ovales et longitudinales. Ce sont les Saicoramphus de Dumril. Le Roi des Vautours. ( Vult. papa. Lin. ) Enl, 4-^- Grand comme une oie , noirtre dans le premier ge , puis vari de noir et de fauve, enfin manteau fauve et pennes et collier noirs. Les parties nues de sa tte et de son cou sont teintes de couleurs vives y et sa caroncule est den- tele comme une crte de coq. 11 se tient dans les plaines et autres parties chaudes de l'Amrique mridionale. Le Condor ou gra?id Vautour des Andes. ( P^ult. s^rj-phus. Lin. } Humb. , Obs. zool. , pi. viti. Noirtre, une tache sur l'aile et le colher blancs; outre sa caroncule suprieure , qui est grande et sans dentelures, (i) Le vautour aigrette ou des livres ( T'. cristatus. Gm. ) n'esl connu que sur une mauvaise ligure de Gcsuer , faite probablemeni d'aprs quelque espace d'aigle. Le V. iarhavus est le maie que le Iccnuner-geyet i'alco haralus.) BE PROI^ 307 e mAle en a une sous le bec comme un coq , la femelle man- que de toutes les deux. Dans le premier ge, cet oiseau est brun-fauve et sans collier. C'est l'espce si fameuse par l'exagration avec laquelle on parlait de sa taille ; mais M. d HumboUU la rduit celle de notre lmm(^r-gej-er , dont Je condor a aussi les murs. Il babite les plus bautes mon- tagnes de la Cordillire des Andes , dans l'Amrique mri- dionale. Les Percnopteres (t). Cuy. (Gypaetos. Becbslein. Neo- PHRON. Savignj. Cathartes. lUiger. ) Ont le bec grle, long, renfl au-dessus de sa courbure , les narines ovales, longitudinales, et la tte seulement , mais non le cou, dnue de plumes. Ce sont des oieaux de taille mdiocre , et qui n'approclient point, pour la force , des vau- tours proprement dits ; aussi sont-ils encore plus acbarns sur les cbargnes et sur toutes les espces d'immondices, qui les attirent de trs-loin : ils ne ddaignent pas mme les ex- crmens. Le Percnoptre d'Egypte, ( Vult. jiercnopterus , P'ult. leucocephalus et Vult. fuscus. Gmel. ) Enl. 427 et 429. Fuit, de Gingi, Sonn. et Daud. Origourap. Yai. , Afr. Rachamah de Bruce; Poule de Pharaon , en Egypte. Grand comme un coroeau , le mle adulte blanc, pennes des ailes noires ; le jeune et la femelle bruns Cet oiseau se rpand dans tout l'ancien continent, et est surtout fort commuii dans les pays cbauds , qu'il purifie de cadavres. Il suit en grandes troupes les caravanes dans le dsert , pour dvorer tout ce qui meurt. Les anciens gyptiens le respec- toient cause des services qu'il rend au pays, et encore au- jourd'hui on ne lui fait aucun mal; il y a mme des dvol' (i) Percnoptre , ailes noires. Nom de l'espce d'Egypte <^li'*7 ici neiefls. 3o8 OISEAUX musulmans qui lguent de quoi en entretenir un certaits nombre. V^ura ou Urubu. ( Fuit. aura. Lin. ) enl. 187. Grand comme le prcdent , le bec un peu plus court , le corps entier noirtre j commun dans toutes les parties chau- des et tempres de l'Amrique , o il rend les mmes ser- vices que le percnoplre dans l'ancien continent. Les Griffons. (Gypaetos. Storr. Phne. Savig.) Rangs par Gmelin dans le genre y^/co, se rap- prochent davantage des vautours par leurs murs et leur conformation ; ils en ont les yeux fleur de lte , les serres proportionnellement faibles > les ailes demi-cartes dans le temps du repos, le jabot sail- lant au bas du cou quand il est plein ; mais leur tte est entirement couverte de plumes : leurs caractres dislinctifs consistent en un bec trs-fort , droit, cro- chu au bout, renfl sur le crochet; en des narines recouvertes par des soies roides , diriges en avant , et en un pinceau de pareilles soies sous le bec ; leurs tarses sont trs-courts et emplums jusqu'aux doigts, leurs ailes trs-longues ; la troisime penne est la plus longue de toutes. Le Lmmer gejer ( en fronais Vautour des agneaux. ) {Vult.harharus et falco harhatus. Gmel. ) Edw. 106. JVisser. Bruce. Gjpa'te des Alpes. Daud. y II, pi. x. Le plus grand des oiseaux de proie de l'ancien monde, dont il habite , mais en petit nombre, toutes les hautes cha- nes de montagnes ; il niche dans les rochers escarps ; at- taque les agneaux, les chvres, les chamois, et mme, ce qu'on dit , les hommes endormis ; on prtend qu'il lui est arriv d'enlever des eufans : il ne rebue cependant DE PROIE. 309 point la chair morte. Long de prs de quatre pieds , il a jusqu' neuf et dix pieds d'envergure. Son manteau est noirtre , avec une ligne blanche sur le milieu de chaque plume -, son cou et tout le dessus de son corps d'un fauve clair et brillant *, une bande noire entoure sa tte. Il y en a des individus dont le cou et la poitrine sont d'un brun plu ou moins fonc : il parait que ce sont les jeunes. Les Faucons. (Flco. Lin.) Formen t la deuxime et ^ de beaucoup , la plus nom- breuse division des oiseaux de proie diurnes. Ils ont la tte et le cou revtus de plumes ; leurs sourcils for- ment une saillie qui fait paratre l'il enfonc , et donne leur physionomie un caractre tout diffrent de celle des vautours : la plupart se nourrissent de proie vivante ; mais ils diffrent beaucoup entre eux par le coui^age qu'ils mettent la poursuivre. Leur premier plumage est souvent autrement color que celui des adultes , et ils ne prennent ce dernier que dans leur troisime ou quatrime anne ; ce qui en a fait beaucoup multiplier les espces par les natura- listes. La femelle est gnralement d'un tiers plus grande que le mle^ que l'on dsigi|e, cause de cela, sous le nom de tiercelet. On doit subdiviser d'abord ce genre en deux grandes actions. Les Faucons proprement dits ( Falco , Bechstein ) , vulgairement Oiseaux de proie nobles y Forment la premire. Ils sont les plus courageux , propor- tion garde avec leup taille , qualit qui tient la force de leurs armes et de leurs ailes ; en effet leur bec , courbe ds sa base, a une dent aigu chaque ct de sa pointe , et c'est la 3lO ^ OISEAUX seconde penne de leurs ailes qui est la plus longue, la pre-a iire tant d'ailleurs presque aussi longue qu'elle, ce qui rend l'aile entire plus longue et plus pointue. 11 rsulte en- core de l des habitudes particulires : la longueur des pennes de leurs ailes affaiblit son effort vertical , et rend leur vol , dans un air tranquille, trs-oblique en avant j ce qui les con- traint , quand ils veulent s'lever directement , de voler contre le vent. Ce sont les oiseaux les plus dociles, et dont on tire le plus de parti dans l'art de la fauconnerie , en leur apprenant poursuivre le gibier et revenir quand on les appelle. Ils pnt tous les ailes autant et plus longues que la queue. Le Faucon ordinaire. ( Falco communis. Gm. ) (i). Grand comme une poule, se reconnat toujours une sorte fde taclie triangulaire noire qu'il a sur la joue j du reste, il varie pour les couleurs peu prs comme il suit ; le jeune a le dessus brun et les plumes bordes de rovisstre, le des- sous blancbtre, avec des tacbes ovales longitudinales bru- nes. A mesure qu'il vieillit , les tacbes du ventre et des cuis- ses tendent devenir des lignes transverses noirtres ^ et le blanc augmente la gorge et au bas du cou j le plumage fin dos devient en mme temps plus uniforme et d'un brun ray en travers de cendr noirtre ; la queue est en dessus brune , avec des paires de tacbes rousslr s, et en dessous "; avec des bandes ples qui diminuent de largeur avec l'ge j les pieds et la cire du bec sont tantt bleus et tantt jau- ntres. (i) Il faut bien se garder cepend.'nt d'y l'apporter les prtendues varits du falco communis entasses par Graelin ; ainsi la var. ci frisch 74 est une buscj eT id. 75, est une buse patvie ^ g id. 80, l'oiseau Saint-Martin- S id. 76 une buse un peu plus ple que l'ordinaire j K aldrov. une espce trs-distincte , etc. En revanche , les /a/co islandus ^ harharus et peregrinus , pourraient bien n'tre tous que le faucon ordinaire en diffrens tats de mue. DE PROIE. 3ll On peut suivre ces diffrences, eal. , 47^ ^^ jeune; 42i la vieille femelle 3 45o, le vieux mle (i). Ceux qu'on appelle Faucons plerins ^ enl. , 4^'9 {Falco stellaris ^ F. peregrinus j Gm, } , paraissent des jeunes un peu plus noirs que les autres. C'est l'espce clbre qui a donn son nom cette sorte de cbassc o l'on se sert des oiseaux de proie. Elle habite tout le nord du globe , et y niche dans les rochers les plus escarps. Son vol est si rapide , qu^il n'est presque aucun lieu de la terre oii elle ne parvienne. Elle fond sur sa proie verlicalement comme si elle tombait des nues. On emploie le mle contre les pies et autres oiseaux plus petits , et la femelle contre les faisans et mme les livres. !Notre Europe produit encore cinq espces infrieures pour la taille ; savoir : Le Hobereau. ( Falco suhbiiteo. Lin.) enl. , 452. Brun dessus , blanchtre , tachet en long de brun des- sous ; les cuisses et le bas du ventre roux, un trait brun sur la joue. Le Hobereau gris. (Falco rufipes ^ Beseke. F. vespertinus ^ Gm.) Enl., /^5i. Brun dessus , cendr fonc dessous , les cuisses et le bas du ventre roux. La femelle a la tte rousse, et tout le dessus barr de cendr et de noir. IJEme'rillon. ( Falco salon. Lin. ) Enl. , 468. Brun dessus, blanchtre dessous , tachet en long de brun , mme aux cuisses ; le plus petit de nos oiseaux de proie. Le Rochier (Falco lithofalco, Lin.), enl. , 447, cendr dessus, blanc-rousstre , tachet en long de brun (i) Frisch ne donne qu'un jeune faucon , pi. ixxxiii. Edwards donne la vieille femelle, pi. 5. Le Jeune , pi. 4. 3l2 OISEAUX ple dessous ; n'en est que le vieux mle (i). Il niclie dans les rocliers. Jja Cresserelle, {Falco tinnimcidus. Lin.) Enl. , 4^^ et 471. Rousse, tachete de noir en dessus , hlanclie , tachete en long de brun ple dessous , la tte et la queue du mle cen- dres , tiie son nom de son cri aigre, niche dans les vieilles tours, les masures [1], Les Gekfaui^ts. (HiErofalco. Cuv. ) (5). Ont les pennes de l'aile comme dans les autres oiseaux no- bles, dout ils montrent aussi toutes les inclinations; mais leur bec n'a qu'un feston comme celui des ignobles ; leur queue , longue et tale, dpasse notablement leurs ailes, quoique celles-ci soient elles-mmes trs -longues ; leurs tarses courts et rticuls, sont garnis de plumes au tiers suprieur. On n'en connat bien qu'une espce. Le Gerfault. ( Falco candicans , F. cinereus et F. sacer. Gm.) BufF. , enl. 210, 4^69462, et Hist. des Ois. , I , pi. XIV. Edw. , 55. Plus grand d'un quart que le faucon , est le plus estim de tous les oiseaux de fauconnerie. On le tire principale- (i) Je dois celte observation M. Bonnelli. (2) Ajoutez en espces trangres. 1 voisines de la cresserelle F. spar-- t^erius , en). 4^5 , et deux ou trois espces, dont les ailes , semblables d'ailleurs celles des oiseaux nobles pour la proportion relative des plumes , sont plus courtes que la queue. Le chicfuera. Vaillant , xxx. (F. chiquera. Sh.) Le montagnard, id. xxxv. ( F. capensis. Sh.) a Voisines du hobereau. F. crulescens. Edw. io8. F. auranliacus. F. hideritatiis Lath. qui se distingue par une double dent son bec. 3 Voisines du vrai faucon. Le f. hvpp {falcfrontalis. Daud./". ga^ lericulatus. Sh.) Vail. Af. sS.Lef. ca/of^e/zo/re, id. 29. (Y.tibialis.Sh.) (3) Hierax , hiero-falco , faucon sacr , sacre , tous noms tenant l'ancienne vcnratiun des Egyptiens pour certains oiseaux de proie. Gev" Jaull est corrompu ^hiero-faho. DE PROIE. 3l3 ment cln nrd j son plumage ordinaire est brun dessus ^ avec une bordure de points plus ples chaque plume , et des lignes iransverses sur les couvertures et les pennes ; blan- chtre dessous , avec des taches brunes longues , qui , avec l'ge 5 se changent sur les cuisses en lignes transverses ; enfin la queue raye de brun et de gristre ; mais il varie telle- ment par le plus ou moins de brun ou de blanc , qu'il y en a de tout blancs sur le corps, et oii il ne reste de brun qu'une tache sur le milieu de chaque penne du manteau; les pieds et la membrane du bec sont tantt jaunes, tantt bleus (i). La seconde section du grand ^enrefalco est celle des Oiseaux de proie appels ignobles, Parce qu'on ne peut les employer aisment en fauconnerie ; tribu bien plus nombreuse que celle des nobles , et qu'il est ncessaire encore de beaucoup subdiviser. La plus longue penne de leurs ailes est presque toujours la quatrime , et la premire est trs-courte , ce qui fait le mme effet que si leur aile avait t tronque obliquement par le bout, d'o rsulte un vol plus faible , toutes choses gales d'ailleurs ', leur bec est aussi moins bien arm , parce qu'il n'a point de dent latrale prs de sa pointe, mais seulement un lger feston dans le milieu de sa longueur. Les Atgxes. ( Aqutla. Briss. ) Qui en forment la premire famille, ont un bec trs-fort , droit sa base, et courb seulement vers sa pointe. C'est parmi eux que se trouvent les plus grandes espces du genre, et les plus puissans de tous les oiseaux de proie. Les Aigles proprement dits. Cuv. Ont le tarse emplum jusqu' la racine des doigts : ils vivent {\) La huse cendre , Edw. 53. ( Falco cinereus. Gm.) et le s are , Buff. I , XIV, ( Falco saccr. Gm,) ne diffrent en rien de certaine tats du erfault. Je ne vois pas non plus que les pieds jaunes doivent faire distinr guer comme espce le f. Islmdkus , ainsi que la fait Bechsteia. 3l4 OISEAUX dans les montagnes , et poursuivent les oiseaux et les qiiaJru pdes ; leurs ailes sont aussi longues que la queue, leur vol aussi lev que rapide , et leur courage surpasse celui de tous les autres oiseaux. VJigle commun. {Falcofuhus, F. melanatos , F. niger , F. mogilnik.Qm. ) (i). Enl. , 4og. Plus ou moins brun, l'occiput fauve , la moiti suprieure de la que ue blanche , et le reste noir. C'est l'espce la plus rpandue dans toutes les contres montagneuses. \J igie roj'a. ( Falco chrjsalos,) Enl. , 4^<^* 3Ne diffre du prcdent que par sa queue noirtre, mar-^ quc de baudes irrgulires cendres. Cependant c'est sur lui qu'on s'est plu reporter les rcits exagrs que fai- saient les anciens de la force, du courage et de la magnani- mit de leur aigle dor ou royal (2). Le petit uigle ou Aigle tachet. ( Falco nvius et Falco maculatiis. Gni, ) D'un tiers plus petit que les deux autres , brun , queue noire bout blanchtre \ des taches fauve-ple , formant une bande sur les petites couvertures , une au bout des grandes , qui remonte sur les scapulaires , et une au bout des pennessecondaires. Le haut de l'aile est charg de gouttelettes (i) Quelque bizarre que puisse pnratre cette rauhiplication d'espces, elle est cependant trs-vraie. L'espce relle est bien reprsente enl. 4<"'9 > c''ei>t f aie . Juhiis . Dans certains tals de mue , on voit dans son plumage le blanc de la base des plumes. C'est alors/, fidviis canadensis , Ed^v. \. luef. mogilnik nov. comm. petr. XV, pi. xi , ne diflre pas d'une autre manire. Quant au/", tnelanatos , il n'est fond que sur de vagues indi- cations des anciens , et l'on ne cite que la uime pi. enl. /\0^. Enfin le f. niger ou aigle dos noir de Brown, n'est qu'une lgre difirence d'ige. (a) il y a mme ces naturalistes qui croient que Taigle ro^al n'esi qu'un jeune de l'aigle commun j mais on en lve un , depuis plusieurs annes , la mnagerie , qui conserve toujours sa queue baxre de noir et de gris. DE PROIE. 3l5 fauves; le dessous du corps est plus pe'que le dos , et les tar- ses plus grles et moins fournis qu'aux grands aigles. Cette espce est commune dans les Apennins et autres montagnes du midi de TEurope , mais se montre plus ra- rement dans le nord : elle n'attaque que des animaux trs- faibles. On i'a irouve assez docile pour l'employer en fau- connerie ; mais on dit qu'elle se laisse chasser et vaincre par l'pervier. La nouvelle Hollande produit des aigles de mme forme , la queue prs, qui est tage (i). Les A:gles pcheurs. Cuv. ( Hali.:tus. Savigny). Ont les mmes ailes que les prcdens , mais les tarses re- vtus de plumes seulement leur moiti suprieure , et (demi cussonns sur le reste. Ils se tiennent au bord des ri- vires et de la mer, et vivent en grande partie de poisson. l^e P/g argue et VOrfraje. {^Falco ossifragus , F. al' bicilla et F. alblcauus. Gm. ) Ne forment qu'une espce qui , dans ses premires an- nes , a le bec noir , la queue noirtre , tachcle de blan- chtre, et le plumage bruntre , avec une flamme brun-fonc sur le milieu de la plume (cnl., 112 et 4i5), et qui, avec l'ge , devient d'un giis-brun uniforme , plus ple la tte et au cou , avec une queue toute blanche et un bec jaune- ple ( Frisch , lxx. ) ii). En tout temps elle attaque prin- cipalement l<^s poissons. Ou la trouve dans tout le nord du globe. JJ Aigle tte blanche, ( Falco leucocephaliis.) Enl. ; 4^ ' Brun-fonc uniforme, tte et queue blanches, bec (i) Joignez , aux trois aigles d'Europe , le griffard, Vaill. Afr. I. ( F. armiger , Sh.) (2) On a Vrifi plus d'une fois ce changement la mnagerie du Mu- > Scum. Quant au petit pygargue , f. albicmuhis . ce n'est que le rale du grand f. aWlciUa. "^16 OISEAUX jauntre , presque aussi grand que nos aigles communs , vit dans l'Amrique septentrionale, et y poursuit sans cesse le poisson. Il parat qu'il en vient quelquefois dans le nord de l'Europe Dans sa jeunesse il a le corps et la tte brun- cendr. On ne doit cependant pas le confondre avec le vieux pygargue h tte Llanchtre (i). Les Baleusards. ( Pandion. Savigny. ) Ont le bec et les pieds des aigles pclieurs j mais leurs ongles sont ronds en dessous , tandis que dans les autres oiseaux de proie ; ils sont creuss en gouttire ; leurs tarses sont rticuls, et c'est la seconde plume de leurs ailes qui est la plus longue. On n'en connat qu'une espce , rpandue au bord des eaux douces de presque tout le globe , avec peu de variations dans le plumage ; c'est Le Balbusard. ( Falco halitus. Lin. ) Enl. , 4^4 ; et mieux: Catesby, II. D'un tiers plus petit que l'orfraye, blanc, manteau brun , une bande brune descendant de l'angle du bec vers le dos , des taclies brunes sur la tte et la nuque , quelques- unes la poitrine j la cire elles pieds tantt jaunes, tantt bleus. L'Amrique produit des aigles pcbeurs longues ailes comme les prcdens, o une partie plus ou moins considrable des cts de la tte , et quelquefois de la gorge , est dnue de plumes. On leur donne le nom commun de caracara (2). Le Caracara ordinaire. ( Falco brasiliensis j Gm.) Grand comme un balbusard , ray en travers de blanc et de noir , des plumes effiles, blancbes -la gorge, une calotte *. .. . .- (?) Ici doivent se placer le falco pondicerianus , enl. 4 16. Le blagre , Yaill. Afr. 5. {Falc. hlagnis , Sh. ) qui est probablement le /. huco- gasler. Le vocifer , Vaili. Afr. 4< (F. vocifer, Sh.) Le caffre p Vaill. Afr. 6. ( F. vulturiims , Sh.) {1) Azara. Voy. II , p. 5o et suiv. DE PROIE. 3l7 noire , un peu prolonge en huppe ; les couvertures des ailes , les cuisses et le bout de la queue noirtres. C'est l'oi- seau de proie le plus nombreux au Paraguay et au Br- sil (i). Tue petit Aigle gorge nue. {Falco aquilinus.) Enl., 4^7' Noir y le ventre et les couvertures infrieures de la queue blancs , la gorge nue et rouge. Les Harpies ou Aigles pcheurs ailes courtes ( Har- pj'ia , Cuv. ), sont aussi des aigles d'Amrique , qui ont les tarses trs-gros , Irs-fortS; rticuls, et moiti emplums, comme les aigles pcheurs proprement dits , dont ils ne diff- rent que par la brivet de leurs ailes ; leur bec et leurs on- gles sont mme plus forts que dans aucune autre tribu. La grande Harpie d^ Amrique, Aigle destructeur de Daudin, grand aigle de la Guiane de Mauduit ( pro- bablement le Falco harpjia et le F. cristatus yln.) F. harpyia et imperialis , Sh. ) (2) Est un des oiseaux qui ont les serres et le bec les plus ter- ribles -, sa taille est suprieure celle de l'aigle commun ; son plumage est cendr la tte et au cou , brun-noirtre au manteau et aux cts de la poitrine , blanchtre au-des- sous, et ray de brun sur les cuisses : des plumes allonges lui forment une huppe noire sur le derrire de la tte. On le dit si fort , qu'il a quelquefois fendu le crne des hommes coups de bec : les paresseux font sa nourriture ordinaire , et il n'est pas rare qu'il enlve des faons. (1) C'est bien le caracara de Margrave, mais sa description ne le feraiJ pas reconnatre. Oa en trouve une meilleure dans Azzara. Notre carac- tre est pris de la nature. Le y. c/temvay Jacq. beyt. , p. 1 5 , n 11, pour- rait bien n'en tre qu'une varit d'ge. (2) C'est incontestablement Tyzguaulzli de Fernands j mais cet auteur exagre beaucoup sa taille en le comparant un mouton. C'est aussi h v. cristaius d Jacq. , e| pr consquent Ifml, jacquini de GmeL 3l8 OISEAUX Les Aigles-autoues. (Morpiinus. Cuv. ) (i)*' Ont , comme les prccens , les ailes plus courtes que la queue-, mais leurs tarses levs et grles, et leurs doigts fai- Lles , obligent de les en distinguer. Il y eu a qui ont les tarses levs , nus et cuisonns. V Aigle -autour hupp de la Gui ve. (F. Guiannensis. Daud. ) Peut Aigle de la Guiane. Maud. , Encycl. B.essemble singulirement, pour les couleurs et pour la liuppe, au grand aigle pcheur du mnu^ pays-, mais il est moindre pour la taille , et ses tarses lves , nus et cus- sonns , l'en distinguent suffisamment-, son manteau est noi- rtre , quelquefois vari de grisfonc ; son ventre blanc , avec des ondes fauves plus ou moins marques, sa tte et son cou, tantt gris, tantt blancs ; et sa huppe occipitale, longue et noirtre. UUrubitinga. ( Falco uruhiiinga. Lin. ) oir , sans huppe , avec le croupion et la base de la queue blancs. Ce bel oiseau chasse sur les lieux inonds (2). D'autres ont les tarses levs et emplums sur toute leur longueur. 1J Aigle-autour noir hupp d'Afrique. [Huppart. Vail. Afr. I,ii. Bruce, Abjss., ^Vi^-Ry.u. Falco oc cipitalis. Daud.) Grand comme un corbeau , noir, une longue huppe pen- dante de l'occiput j les tarses , le bord de l'aile et des bandes sous la queue blanchtres. Il habite toute la largeur de l'Afrique. (1) Blorphims , nom grec d'une espce intlttcrmine d'oiseaux de proie. (a) Ici vient prol->a]>lement falc. noifcs zedandi ^ Lalh. Syn. If p]. TV. DE PROIE. 3ig X^Jis^te 'autour vari ou Urulaurana (i). Autour hupp , Vail. y Afr. , I , xxvt. Aigle moyen de la Guiane , Maud. , Encycl. Epervier patu d'Azzar. Falco ornatus , Daud. F. superbus et coronatus , Sli. ) Calotte et huppes noires , cts du cou d'un roux-vif, manteau noir vari de gris , onde de blanc ; dessous blanc , ray de noir aux Uancs, aux cuisses et aux tarses; queue noire , avec quatre Landes grises. C'est un bel oiseau de l'Amrique mridionale, qui varie du noir et blanc au brun- fonc (2). Il y a enfin en Amrique des oiseaux bec comme tous les prcdens , tarses trs-courts , rticuls , demi couverts de plumes par devant , ailes plus courtes que la queue , et dont le caractre le plus distinclif consiste en narines presque fer- mes, semblables une fente. On peut en faire une petite tribu sous le nom de Cymindis, Cuv. (5). Tel est Le petit Autour de Cuyenne, Buff. ( Falco Cayennensis Cm.) Enl. , 475 A encore pour caractre propre une petite dent l'en- droit o le bec se courbe. L'adulte est blanc , manteau noir-bleutre , tte cendre , avec quatre bandes blanches sur la queue ; le jeune a le manteau vari de brun et de roux , et la tte blanche , avec quelques taches noires. Les Autours. Cuv- (Astur , Bechstein.DoDALiON, Savigny.) Qui forment la seconde division des ignobles , ont, comme (1) C'est bien srement Vurutaurana de Margrave- mais cet auteur le dit grand comme un aigle , ce qui est un tiers au moins de trop. {1) Ajoutez ici le hlanchard , Vaill. Afr. 3. (F. albescens , Sh.) U ai^\e mouchet {aq. niaculosa. ) Vieill. Amer. 3 bis. (3) Cytniiidis , nom grec d'une espce indtermine d'oiseaux de proie. * iV. B. h'agle de Gottwgue ( f. glaucopis, Menem bejtr. l , pi. vu. ) l une buse commune. Vaille blanc ( F. albus , Sh. John white. Yoy. ) est un autour. 320 OISEAUX les trois dernires tribus des aigles , les ailes plus courtes que la queue; mais leur bec se courbe ds sa base, comme dans tous ceux qui vont suivre. On appelle plus particulirement autours ceux qui ont les tarses cussonns et un peu courts. JJ Autour ordinaire. {Falco palumbarius y enl., 4 18 et 4i , et le jeune, F. gallinarius, enl., 4^5, et Friscli, , l.XXII.) (i). La seule espce de ce pays-ci, est brun dessus, sourcils blanclitres , blanc dessous , ray en travers de brun dans l'adulte ; moucbet en long dans le premier ge; cinq bandes plus brunes sur la queue. 11 gale le gerfault pour la taille , mais non pour le courage , fondant toujours obliquement sur sa proie. On s'en sert cependant en fauconnerie pour des gibiers faibles. Il est commun dans toutes nos collines et montagnes basses. Parmi les autours trangers , on peut remarquer celui de la Nouvelle-Hollande ( Falco nov Hollandi ) , Jonbwbite 35g. Qui est souvent tout entier d'un blanc de neige ; mais il parat que c'est une varit d'un oiseau du mme pays , cen Jr dessus , blanc dessous , avec des vestiges d'ondes grises. On peut encore rapprocber des autours quelques oiseaux d'Amrique ailes courtes et tarses courts, mais rticuls. V Autour rieur ou calotte blanche. ( Falo cacJiinnans , Lin. Nacagua d'Azz. ) Nomm d'aprs son cri ; blanc , le manteau et une bande qui part du tour de l'il et s'unit sur la nuque la cor- respondante , bruns; la queue bandes brunes et blan- -- _ ^ . (i) Probablement aussi f. gyrjalco , f. ^entilis , Gm. , tant les oiseaux de proie sont mal dtermins dans les ouvrages les plus modernes. EN GNRAL. 021, ries. Des marcages de l'Amrique mrlcllonale , o il vit de reptiles et de poissons (i). On rserve le nom d'EpERViER ( Niius , Cuv. ) ceux qui ont les tarses cussonns et plus levs. Notre Epervier commun [FalcQ nisus ^ Lin.); en. , 412 et 4*J7 , A les mmes couleurs que l'autour , mais ses jambes sont plus hautes , et sa talle d'un tiers moindre. Cependant oa l'emploie en fauconnerie. Le jeune a les taches de dessous en flches ou en larmes long'tidinales et rousses , et les plumes de son manteau sont aussi bordes de roux. 11 y a des espces trangres encore plus petites (2}. Mais il y en a aussi de beaucoup plus grandes. Ainsi UEperi^ier chanteur ( Faucon chanteur ^ Yail, , Afr. ^xxyii, Falco musicus j Daud. ), Est grand comme l'autour , cendr dessus , blanc rave ide brun dessous et au croupion. On le trouve en Afrique, ii il chasse aux perdrix , aux livres , et niche sur des ar- bres. C'est la seule espce connue d'oiseaux de proie qui chante agrablement (5). Les Milans. ( Milvus. Bechsten. ) Ont des tarses courts , des doigts et ongles faibles , qui , oinls un bec galement peu proportionn leur taille , en font les espces les plus lches de tout le genre ; mais ils se distinguent par leurs ailes excessivement longues et par leur queue fourchue , qui leur donnent le vol le plus rapide et c plus facile. Les uns ont les tarses trs-courts , rticuls , et demi rs- (i) Ici vient le f. nielanops , Lalh. {1) Comme le gahar , Vaill. Afr. 33. ( F. gahar , Sh.) Le minule , id. 34, ( F. miiiullus , 3h. ) (3) Autres perviers e'trangers. La buse mixte couleur le plomb , Azz. a** 67. Le /a/c. viagnirostris ^ enl. 460 - Le/, olumbarius Caiesb. 5 TOTtE 1 . 2 1 322 OISEAUX vtus de plumes par le Laui , comme la dernire petite tribu des aigles. (Elanus, Savigny. ; Tels sont Le Blac yYil.j Afr. xxxvi et xxxvk. Grand comme un pervier , plumage doux et soyeux , queue peu fourchue, cendr dessus, blanc dessous , les petites couvertures des ailes noirties : le jeune est brun vari de fauve. Cet oiseau est commun depuis l'Egypte jus- qu'au Cap. Il ne chasse gure qu'aux insectes. Le Milan de la Caroline. {Falcofurcatus. Lin. ) Catesb., iv. Blanc , les ailes et la queue noires , les deux pennes ex- trieures de celle-ci trs-longues ; plus grand que le prc- dent. Il attaque aussi les reptiles. Les Milans proprement dits , Ont les tarses cussonns et plus forts. Notre Milan commun, {Falco inilvus , Lin. ) Enl. , 4^2. , Fauve, les pennes des ailes noires , la queue rousse ; ce- lui de tous nos oiseaux qui se soutient en Pair le plus long- temps et le plus tranquillement. 11 n'attaque gure que des reptiles (i). Les Bo?jdres. ( Pernis. Cuv. ) (2). Ont j avec un bec faible de milan , un caractre trs-parti- culier , en ce que l'intervalle entre l'oeil et le bec , qui , dans tout le reste du genre /iZco , est nu, et garni seulement de quelques poils , se trouve chez elles couvert de plumes bien serres et coupes en cailles ; leurs tarses sont demi emplu- ms vers le haut , et rticuls : elles ont du reste la queue (i) Ajoutez le parasite , Vaill. Afr. 22 , ou le milan noir , enl. 472 ^ c'est lejalc. ater , lefalc. gyptius , etiefalc.Jorskahlil Gniel. lefahpara- siticus , Lath. et Shaw. N. I*. hefalc. austriacus Cm. est le jeune du milan commun. (2) Pernis ou perns , dnomination d'une sorte d'oiseaux <\c proie, selua Arislotc. V I^ PU OIE. 32.3 gale, les ailes longues^ le bec courb ds sa base, comme tous ceux qui vont suivre. Nous n'en possdons qu'une espce. La Bondre commune, ( Falco apivorus. ) Enl., 420. Un peu moindre que la buse , brune dessus , difFrem- menl onde de brun et de blaiicbtre dessous, selon les in- dividus : la tte du mle est cendre un certain iie. Crt oiseau cbasse aux i